Ce que Sony nous dit à demi-mot sur la PS6 avec l’arrêt du support physique chez PlayStation
En annonçant l’arrêt des jeux imprimés sur disque sur ses consoles PlayStation, Sony a également livré de manière indirecte des détails sur ce que pourrait être la PS6. Une nouvelle génération de consoles qui commence à se préciser de plus en plus, même si de nombreux challenges sont sur sa route, la crise du marché de la mémoire en tête de liste. Voici en tout ce que l’on peut supposer sur cette PS6 suite aux récentes annonces de Sony, même si tout n’est que conjoncture pour le moment.
La PS6 sera probablement uniquement tournée vers le dématérialisé
Puisque Sony vient d’annoncer l’arrêt de production de jeux sur disque après janvier 2028, il est facile de comprendre que la PS6 sera entièrement consacrée au format numérique des jeux. C’est là quelque chose qui nous pendait au nez depuis des années, et qui avait déjà été poussé par Microsoft et Sony ces derniers temps, comme pour mieux nous préparer à la chose. Le marché français est encore friand du jeu physique, mais il faut bien reconnaître que c’est moins le cas dans le reste du monde, où 85 % des ventes de jeux passent par le numérique selon l’analyste Daniel Ahmad.
Un détail qui soulève beaucoup d’inquiétudes. Avec cela, c’est la fin du marché de l’occasion, et donc potentiellement celle des boutiques spécialisées. Certes, des boîtes avec codes seront encore vendues, mais les boutiques indépendantes auront bien du mal à attirer les collectionneurs avec une telle version physique.
Au-delà du marché de l’occasion qui vit ses dernières heures, des inquiétudes pèsent aussi sur la pratique de tarification dynamique qui semble avoir été testée par PlayStation dans plusieurs pays ces derniers mois. Pour résumer, cela consiste à afficher un prix différent pour chaque utilisateur selon ses habitudes de consommation, pour un même jeu sur une même plateforme. Si le tout numérique devient la norme, et que Sony décide d’implémenter cela sur son PlayStation Store qui n’aura donc pas de concurrence sur sa PS6 (car on doute que l’architecture de la console soit ouverte à d’autres boutiques), il pourra le faire sans sourciller.
Tout comme il pourra décider de faire disparaitre du jour au lendemain certains jeux. On en a la preuve avec l’arrêt du support du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita. Dans 20, 30 ans, on imagine cette situation se répéter pour la PS6, sans alternative pour préserver ces jeux, étant donné qu’ils n’ont pas eu droit à une sortie sur disque.
La PS6 ne sera sans doute pas rétrocompatible avec vos disques PS4 et PS5
Qui dit console tournée vers le numérique, dit également console qui n’aura pas de lecteur. Par conséquent, la PS6 pourrait faire l’impasse sur la rétrocompatibilité avec les disques PS4 et PS5. On imagine que la rétrocompatibilité numérique sera au moins assurée, même si à ce stade, on ne s’étonnera pas d’avoir des mauvaises surprises à ce sujet.
Bien entendu, Sony pourrait opter pour la même stratégie qu’avec la PS5 Pro, c’est-à-dire proposer une console avec lecteur détachable. Mais dans la mesure où plus aucun disque PlayStation ne sera produit après 2028, cette théorie tombe forcément à l’eau.
Et, ce n’est peut-être qu’un détail pour certains, mais il faut aussi se dire que cela indique que votre PS6 ne pourra plus vous servir de Blu-ray, si cela vient à se vérifier. Une annonce qui doit donc aussi causer beaucoup d’inquiétude chez les cinéphiles.
La PS6 pourrait bien sortir fin 2027
Puisque Sony nous prévient qu’il mettait fin à la production de jeux physiques sur disque pour ses PlayStation dès janvier 2028, tout porte à croire que ce changement arrivera à l’aube du lancement de la PS6, celui-ci pouvant viser la fin d’année 2027.
Comme le précédent cycle de consoles avait duré 7 ans, on supposait depuis pas mal d’années que l’ère PS5/Xbox Series allait se conclure en 2027. Beaucoup d’indices commençaient à s’accumuler à ce sujet, notamment chez Microsoft qui semble vouloir vite tourner la page de la Xbox Series pour se concentrer sur Project Helix. L’urgence est bien moindre pour PlayStation, qui est leader de cette génération et qui dispose d’une PS5 qui s’apprête à dépasser la barre des 100 millions de ventes (94 millions en mai dernier). Pourquoi se presser pour sortir la PS6 en 2027 dans ce cas, surtout à l’heure où Xbox n’apparaît plus comme un grand concurrent ?
La question se pose, surtout dans le contexte économique qui est celui que l’on connaît aujourd’hui. La crise entourant certains composants met à mal le secteur des consoles, avec des coûts de production qui ne cessent d’augmenter. Sony – à l’instar de Microsoft et Nintendo – est l’un des premiers à payer pour cela, et le fait payer en retour aux consommateurs qui doivent désormais faire face à des prix qui vont à la hausse, plutôt qu’à la baisse. On voit avec Valve que produire une machine à moindre coût est difficilement réalisable aujourd’hui.
De nombreux éléments incertains qui laisseraient donc penser que Sony pourrait repousser la sortie de sa machine à 2028 ou à 2029, comme Bloomberg l’avait annoncé un peu plus tôt cette année. Mais en voyant le constructeur mettre déjà à mort le marché du physique dès janvier 2028, deux solutions subsistent : soit Sony a pris les devants pour mieux préparer le terrain sur plusieurs mois à la sortie d’une PS6 uniquement tournée vers le numérique, soit Sony sortira sa PS6 en même temps que ce marché rendra l’âme. Derrière toutes ces suppositions, force est de constater que les choses autour de la nouvelle génération commencent à se préciser, ce qui veut dire qu’elle n’est plus très loin de nous.


