Suite à l’annulation de Spellcasters Chronicles, 95 emplois sont menacés chez Quantic Dream
Voir Spellcasters Chronicles ne pas aller au bout de son accès anticipé n’est pas une surprise en soi. Le jeu arrive au moment où le marché est saturé de ce genre de propositions, et où les jeux service ferment leurs portes les uns après les autres. Quantic Dream aurait sans doute pu le prévoir lui aussi, et c’est ce que lui reproche le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo, qui indique aujourd’hui que 95 emplois sont menacés.
Un projet condamné à l’avance
Dans une nouvelle lettre publiée par le STJV, on apprend donc que la restructuration annoncée par Quantic Dream pourrait menacer jusqu’à 95 emplois, ce qui représenterait un quart des effectifs de Quantic Dream sur le sol français.
On apprend aussi qu’il s’agit là d’un projet qui est en réflexion depuis 8 ans maintenant, tandis que le syndicat pointe du doigt des mauvaises décisions de la part des dirigeants, alors qu’ils auraient été prévenus à plusieurs reprises par les employés des risques d’un tel jeu :
« Cette décision, bien que justifiée officiellement par un marché difficile, est loin d’être le fruit du hasard. Ce projet démarré il y a 8 ans et dirigé par Guillaume de Fondaumière, David Cage et Grégorie Diaconu, était censé être un jeu de taille « raisonnable » devant sortir bien plus rapidement. Durant toutes ces années, la question du modèle économique et de la rentabilité du projet ne s’est jamais réellement posée. Fruit d’une gestion de projet calamiteuse, les nombreuses itérations ont épuisé l’équipe et ont mené la production droit dans le mur. Là où la direction de Quantic Dream pointe du doigt des facteurs externes, nous accusons ses décisions économiques, créatives et managériales ayant accouchées d’un projet au coût ubuesque, sur un marché extrêmement risqué, qui ne correspond aucunement aux demandes actuelles. Malheureusement, personne n’est surpris de ce résultat. Les instances représentatives du personnel ont alerté de nombreuses fois sur les risques colossaux de ce projet. »
Le syndicat avance que la direction était persuadée de la réussite du projet. Une confiance qui n’avait sans doute pas lieu d’être dans la mesure où Spellcasters Chronicles était le premier jeu multijoueur du studio, qui arrivait en plus dans un contexte économique difficile :
« Devant les employé‧es, la direction expliquait avec arrogance que la réussite de Spellcasters Chronicles était inéluctable, invoquant ses “30 ans d’expérience”. Devant le CSE, elle refusait d’imaginer toute autre hypothèse et de préparer un plan en ce sens. L’échec n’a jamais été envisagé, anticipé ou réfléchi : voilà où cette incompétence nous mène aujourd’hui. Les travailleureuses paient pour les errements de la direction. »
Le STJV précise aussi que NetEase, nouveau propriétaire de Quantic Dream, est tout aussi coupable, avec un plan marketing inexistant. Le syndicat mentionne aussi que plusieurs personnes ayant travaillé sur le jeu ne sont désormais même pas créditées dans l’accès anticipé de Spellcasters Chronicles. Et alors que Star Wars Eclipse avance lui aussi timidement, le STJV regrette de voir des licenciements survenir alors que ces équipes pourraient arriver en renfort sur ce projet.