Ghost of Yōtei Complete Edition – Notre avis sur le DLC narratif et le mode Ennemi public
Presque un an jour pour jour après le lancement de Ghost of Yōtei, Sucker Punch nous invite à ressortir le katana avec une Complete Edition pour ceux qui auraient manqué le train en marche et une mise à niveau payante pour ceux l’ayant déjà terminé. D’un côté, nous avons Echoes of Sekigahara, un DLC narratif qui prolonge la campagne avec une nouvelle région et une histoire tournée vers le passé de notre héroïne. De l’autre, « Ennemi Public », qui exploite l’excellent système de combat dans un mode roguelite. Après avoir bien dosé ces deux ajouts, on vous dit si cela vaut le coup de repartir dans les contrées de Yōtei.
Conditions de test : Nous avons terminé l’histoire du DLC dans son intégralité ainsi que la majeure partie du contenu annexe. Nous avons également passé plusieurs heures dans le mode roguelite : Ennemi Public.
Un nouveau chapitre qui renforce l’écriture du personnage
Malgré un monde ouvert encore trop scolaire, Ghost of Yōtei représente une excellente suite pour ceux ayant apprécié Ghost of Tsushima. Nous ne reviendrons pas sur le titre étant donné qu’un test du jeu est déjà disponible sur le site. Cependant, les joueurs qui profiteront de la Complete Edition seront récompensés pour leur patience avec une aventure plus riche et plus complète grâce aux nombreuses mises à jour qui ont suivi son lancement.
Cela est d’autant plus vrai concernant le DLC narratif, qui sera bien plus impactant si vous n’avez pas terminé la dernière partie du jeu. Pour les autres, malheureusement, il conservera un caractère assez prévisible. En effet, le premier point à retenir concernant Echoes of Sekigahara est qu’il ne constitue pas un épilogue. L’aventure prend place au cours des événements du jeu principal (et peut se débloquer rapidement après avoir terminé certaines quêtes clés du scénario), lorsqu’une nouvelle prime remet Atsu sur la piste de Nagato, une figure importante de son passé.
Sa traque conduit notre protagoniste jusqu’aux collines d’Ashoro, une région contrôlée par les Vipères, d’anciens partisans du Serpent. De quoi rouvrir quelques blessures, puisque le récit utilise cette rencontre pour revenir ponctuellement sur les années qu’Atsu a passées sur la grande île et, plus particulièrement, sur la bataille de Sekigahara.
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Contrairement à ce que pouvait suggérer une partie des trailers, il ne faut toutefois pas s’attendre à passer la moitié de l’aventure sur le célèbre champ de bataille. L’essentiel du DLC se déroule bel et bien dans le présent. Les passages à Sekigahara servent avant tout à éclairer la relation entre Atsu et Nagato, ainsi qu’une période encore largement inconnue de la vie de l’héroïne. À Ashoro, les Vipères chassent avec cruauté et sans retenue afin d’amasser des vivres pour le compte de Saito.
Atsu va évidemment leur mettre des bâtons dans les roues afin d’aider les habitants, tout en œuvrant pour sa vengeance. Sur le plan scénaristique, ce DLC se suit agréablement et apporte une petite touche émotionnelle bienvenue, au sens romantique du terme, tout en introduisant un personnage particulièrement attachant. Leur relation est assez touchante, mais racontée avec retenue et pudeur. Atsu éprouve des sentiments ambivalents à son égard, mais leur alchimie fonctionne très bien. Cela nous permet d’en apprendre davantage sur le passé de la protagoniste, souvent évoqué en surface dans le jeu. En outre, nous en apprenons également beaucoup sur le Serpent, l’un des Six de Yōtei rapidement éclipsé après le prologue.
Une nouvelle région qui met en avant le lien avec les animaux

Ghost of Yōtei Complete Edition – Quand il y a un loup… // Source : ActuGaming
Chaque région de Ghost of Yōtei possède sa propre poésie, tout en montrant différentes facettes de la nature. Echoes of Sekigahara met en avant le lien de l’Homme avec la faune. D’ailleurs, le thème en profite pour mettre en valeur la louve qui accompagne Atsu durant ses aventures, entre autres. La direction artistique illustre particulièrement bien cette relation assez ambivalente avec des scènes d’horreur jonchées de carcasses d’animaux qui contrastent avec des paysages magnifiques.
Sur le plan de la construction, Echoes of Sekigahara reste très proche du Ghost of Yōtei que l’on connaissait. Ashoro possède ses quêtes, ses primes et ses différents points d’intérêt. Malgré tout, quelques nouveautés viennent agrémenter les affrontements. Les plus visibles sont les armes massives, de lourds instruments de destruction récupérés directement sur le terrain et capables de mettre à mal les adversaires les mieux protégés.
Elles ne rejoignent toutefois pas définitivement l’arsenal d’Atsu puisqu’elles se brisent après un certain nombre d’utilisations. Certaines quêtes proposent également de nouvelles armures disposant de pouvoirs inédits lorsqu’elles sont équipées, ainsi qu’un nouveau défi Ultime à la hauteur de l’Inégalé combattu sur le mont Yōtei. Comptez une dizaine d’heures environ pour boucler le scénario, et davantage si vous souhaitez compléter le contenu annexe.
Jin Sakai de retour pour du Roguelite

Ghost of Yōtei Complete Edition – Jin Sakai is back // Source : ActuGaming
Il est désormais assez commun que les gros AAA de l’industrie adoptent un mode roguelite, mais la proposition est surtout alléchante lorsque le titre en question profite d’un système de combat aux petits oignons. Ghost of Yōtei tient la dragée haute de ce côté-là et, ainsi, le mode Ennemi Public représente une addition particulièrement prenante. Accessible séparément de l’aventure principale depuis le menu, le mode prend la forme d’une succession de combats organisés en runs.
Chaque prime nous demande de survivre à différentes vagues, de récupérer des avantages temporaires et d’affronter progressivement les membres des Six de Yōtei. L’argent obtenu permet ensuite d’acheter des améliorations permanentes (arbres de compétences, objets, dégâts des armes, charmes…). En dépensant un certain montant, vous débloquez petit à petit de nouveaux personnages jouables rejoignant Atsu : Oyuki, Nagato et surtout Jin Sakai, de retour avec les quatre postures qui caractérisaient son style dans Ghost of Tsushima.
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Que vous soyez victorieux ou non, chaque run est assez rapide et offre des possibilités de builds plutôt satisfaisantes pour les différents personnages. On peut diversifier ses améliorations, qui sont souvent liées à un type d’arme ou d’objet utilisable en combat, ou bien tout concentrer sur une seule arme, au risque de ne plus profiter de ces avantages lorsque l’on en change. Par exemple, avec Oyuki, nous avons basé un build principalement sur les kunai. En accumulant les améliorations, nous sommes parvenus à frapper plusieurs ennemis à la fois en déclenchant régulièrement des frappes de foudre, tout en rechargeant très facilement notre stock.
Grâce aux charmes, qui s’améliorent en réalisant différents défis dans le mode, et aux capacités uniques de chaque personnage, il est possible de varier les plaisirs assez facilement. Chacun d’eux possède une capacité d’esprit (L1 + R1) et un ultime différents, à l’image du Hurlement de l’Onryō pour Atsu (L3 + R3). On reste tout de même sur un mode annexe qui n’a pas la même profondeur qu’un jeu complet. Néanmoins, il est possible d’y laisser un paquet d’heures compte tenu du challenge assez corsé qu’il propose.
Cette Complete Edition ne transforme pas Ghost of Yōtei, mais elle lui apporte de quoi donner envie d’y replonger. Echoes of Sekigahara ne bouleverse pas la structure du monde ouvert ou les mécaniques du jeu, mais son histoire plus intime enrichit intelligemment Atsu tout en offrant une nouvelle région aussi belle que cohérente avec les thématiques de l’aventure. De son côté, Ennemi Public exploite avec efficacité l’une des plus grandes qualités du titre : son système de combat. Sans atteindre la profondeur des meilleurs roguelites du genre, le mode se montre suffisamment généreux, exigeant et varié pour prolonger sensiblement l’expérience. Pour les nouveaux venus, cette Complete Edition représente logiquement la meilleure porte d’entrée dans l’aventure. Pour ceux ayant déjà terminé Ghost of Yōtei, l’intérêt dépendra davantage de votre envie de retrouver Atsu, puisque l’extension narrative reste assez familière dans sa construction. Mais entre un chapitre supplémentaire réussi, un personnage qui gagne encore en épaisseur et un mode roguelite particulièrement accrocheur, on vous conseille chaudement la mise à niveau. D’autant que celle-ci est proposée à un prix plus que raisonnable (14,99€) compte tenu des apports.





