Elden Ring : Tarnished Edition – Notre avis sur la version Switch 2 du GOTY 2022

On ne présente plus Elden Ring, avant dernier jeu du désormais célèbre studio From Software ayant gagné ses lettres de noblesse avec la série Dark Souls. Sacré jeu de l’année 2022 par… eh bien par à peu près tout le monde à vrai dire, cet open world faisait évoluer la formule des Souls, le tout en s’offrant le concours d’un certain George R. R. Martin à l’écriture de son histoire et la création de son univers. Comme beaucoup d’autres succès de ces dix dernières années, il fallait que Elden Ring finisse par trouver sa place sur la jeune Nintendo Switch 2 qui ne compte déjà plus les portages qu’elle a reçu au cours de ses premiers mois d’existence. Le hic : les premières informations sur cette version nomade ne mettaient guère en confiance.

Elden Ring Switch 2 // Source : Bandai Namco

Après un report jugé nécessaire par le développeur, surtout au vu des premiers retours mitigés sur la démo ayant tourné dans les salons en 2025, Elden Ring est enfin disponible sur Nintendo Switch 2, dans une version sous titrée Tarnished Edition. Au programme, le jeu de base bien entendu, avec tout le contenu colossal qu’on lui connaît, mais aussi son DLC Shadow of the Erdtree et quelques petites nouveautés, principalement deux classes supplémentaires et une poignée d’armes. Une promesse plutôt alléchante, bien que le titre soit tout de même vendu près de 80 euros sur l’eShop, surtout si l’année supplémentaire ayant été allouée au développement a pu se révéler salvatrice. Voyons cela ensemble !

Conditions de test : Nous avons passé un peu moins de quinze heures sur cette version Switch 2, avec un temps de jeu équitablement réparti entre TV et mode portable. Cet article est garanti sans spoiler.

Une sortie attendue

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Elden Ring Switch 2 // Source : Bandai Namco

Il faut dire ce qui est, Elden Ring a mis tout le monde d’accord à sa sortie en 2022. open world empruntant à droite et à gauche pour se forger une identité singulière, il poursuivait la quête de From Software visant à constamment améliorer la recette d’un Dark Souls, le tout en se parant de fonctionnalités inédites. Monde extrêmement vaste et riche, bestiaire excessivement varié, armes et builds nombreuses, monture, et même zones cachées… il y avait de quoi faire dans ce titre qui peut se targuer d’un rutilant 96 sur metacritic, ou d’une note quasi parfaite dans nos colonnes. Et la planète jeu vidéo ne s’y est pas trompé : le succès critique comme commercial a été au rendez-vous, propulsant From Software encore plus haut, lui qui partait pourtant d’une place de choix depuis les sorties respectives de Dark Souls III et Sekiro, particulièrement appréciés.

Pourtant, il est vrai qu’à première vue, on évolue en terrain connu. Comme à son habitude, From Software a repris beaucoup des assets de ses précédentes productions pour façonner celle-ci, avec de nombreuses animations qui font leur retour, mais aussi des patterns d’attaques de boss. Et bien sûr, tout ce qui touche au gameplay ne sort pas de nulle part : si vous avez touché à un Souls avant cela, Elden Ring ne chamboulera guère votre manière de jouer. Attaque légère, lourde, parade, parade parfaite, contre-attaque, roulade, utilisation de sorts ou de fioles… la plus grande nouveauté finalement, aussi étrange que cela puisse sembler, c’est bien la possibilité de sauter, permettant d’explorer au mieux ce monde d’autant plus vertical que de coutume. Mais aussi, parfois, d’esquiver des coups ennemis, bien entendu.

Outre une map véritablement saisissante de beauté, rivalisant de bonnes idées dans sa conception, et ne lésinant pas sur les esthétiques léchées pour se forger une identité inimitable, on peut dire que Elden Ring ne manque pas de qualités artistiques. D’aucun dirait que son histoire est certainement la moins cryptique des jeux From Software de ces quinze dernières années, dans la mesure où l’on nous déroule une bonne partie des tenants et aboutissants, tout en mettant en scène des boss qui n’hésitent pas à nous en dire plus. Ce qui n’empêche pas une grosse partie des informations sur l’univers d’être dissimulées derrière des descriptions d’objets à dénicher, l’environnement, ou dans une certaine mesure le bestiaire. La bande sonore est quant à elle excellente, ce qu’on remarque dès le menu principal, avec un morceau qui prend aux tripes.

Malgré toute cette beauté, le titre n’est pas un foudre de guerre en matière de technique, et il ne lésine pas sur le recyclage pour ériger son monde extrêmement vaste. Ce qu’il est difficile de prendre pour des défauts, dans la mesure où il s’agissait finalement de pré-requis pour permettre à l’aventure d’être aussi bien optimisée, même sur PlayStation 4 et Xbox One, et à ses combats de boss d’être aussi fluides. On rapprochera évidemment cette démarche de celle d’un Nintendo pour son The Legend of Zelda : Breath of the Wild, ayant permis à cet Open World particulièrement ambitieux de tourner comme un charme sur une Switch pourtant peu puissante en comparaison de ses concurrentes directes. Et puis, de cette manière, From Software s’assurait aussi que ses intentions de gigantisme soient réalisables.

Quid de cette version Switch 2 ?

Malgré le fait que Elden Ring tournait fort bien sur PlayStation 4 et Xbox One, il ne semblait pas couler de source que ce portage sur Switch 2 se ferait sans encombre. Et effectivement, les premiers retours, en 2025, annonçaient une version nettement en deçà de la concurrence. Ce qui ne surprend guère : la dernière née de Big N ne vise pas la puissance, comme sa grande sœur, et les expériences ambitieuses qu’on lui connaît, notamment Donkey Kong Bananza, font des choix radicaux pour pouvoir y tourner convenablement, en l’occurrence un découpage en niveaux. Porter un open world aussi ambitieux sur cette petite machine a dû poser quelques problèmes à From Software, pas habitué par ailleurs à travailler sur les consoles de Nintendo.

Pourtant, quand on sort d’un Digimon Story : Time Stranger, expérience incommensurablement moins ambitieuse, dont le portage chez Nintendo est plutôt décevant sur le plan technique, on ne peut qu’être surpris, dans le bon sens du terme, par le premier regard porté sur cette version de Elden Ring. Le début de l’aventure, cloisonné, tourne bien, et le rendu visuel ne semble pas tant avoir été revu à la baisse depuis les version PS4 et One. Ce qui tend à se confirmer une fois que l’on entre officiellement dans le monde ouvert. L’esthétique du jeu n’a pas pris une ride, cela semble plutôt évident, et on serait bien mal avisé de vous dire que cette version Switch 2 est moins jolie que ses homologue tant le travail réalisé sur l’aspect graphique semble convaincant. Notez que sur les images présentes au dessus et en dessous de ce paragraphe, le screenshot de gauche représente le rendu en portable, et à droite sur TV.

Alors bien sûr, cela va tout de même avec quelques abaissements en matière de qualité, notamment au niveau de la végétation ou de la gestion des ombres. Des sacrifices ont dû être réalisés pour faire tourner Elden Ring sur cette console nomade, et s’ils ne sautent pas aux yeux dans les premiers instants, on les remarquera inévitablement dès que l’on se penchera sur le détail des textures, ou les quelques effets lumineux. On remarquera aussi que, bien que le résultat demeure très convaincant, la distance d’affichage a été revue quelque peu à la baisse, ce qui est d’autant plus visible lorsque l’on joue en mode portable. Notez que, dans cette configuration, le jeu semble toutefois un brin plus beau, notamment parce qu’il place la végétation et les textures au sol à bonne distance. Autre bon point, les temps de chargement en cas de mort ou de téléportation sont très corrects.

Nonobstant, il ne va pas être possible d’éviter plus longtemps le gros problème de cette version : la fluidité n’est pas au rendez-vous. Ou du moins, si le jeu tourne convenablement dans les zones fermées, ou lorsque les ennemis sont assez éloignés, c’est une autre histoire dès que l’on se retrouve bien entouré, dans des espaces ouverts. Le framerate, déjà pas bien impressionnant les premiers instants (mais on aurait pu faire avec), finit inévitablement par toussoter dès que le jeu devient un peu plus gourmand en ressources. Ce qui inclut, vous vous en doutez certainement, tous les combats de boss, du moins ceux auxquels on s’est essayé. Un détail d’autant plus problématique quand il met notre lecture de l’action à rude épreuve, et donc accélère notre trépas.

En mode portable, le jeu est plus fluide, et nous avons eu la sensation d’un framerate plus constant. Le grand écran de la Switch 2 permet par ailleurs une lisibilité très appréciable en combat. Cela étant, comme on a souvent pu le dire sur sa grande sœur, les Joy-Con ne sont pas ce qui se fait de mieux pour jouer à un jeu d’action, d’autant plus lorsqu’il est aussi demandant et nerveux que Elden Ring. Les joysticks n’offrent pas la meilleure des précisions, et la prise en mains dans sa globalité n’est pas idéale. On finit néanmoins par s’y faire, bien sûr, mais il nous semblait important de souligner ce point spécifique, dans la mesure où la portabilité est finalement le plus grand atout de cette Tarnished Edition (et peut-être bien le seul d’ailleurs). Notez pour finir que les ventilateurs de la Switch 2 nous ont semblé rapidement en souffrance dans cette configuration.

La promesse d’une version intégrale d’Elden Ring sur une console pouvant être emmenée partout avec soi est particulièrement alléchante, malheureusement le contrat n’est pas complètement rempli. Oui, le jeu demeure beau, immense, et il ne perd rien des qualités qu’on lui connaît dans cette édition Switch 2. Cela étant, il demeure difficile de ne pas lui reprocher son framerate toussotant, sa fluidité instable, mettant le joueur à l’épreuve, sur TV, dès que le jeu devient un peu gourmand. Ce qui veut dire, dès que plusieurs ennemis sont à l’écran, ou pendant les combats de boss… un comble, pour un titre de From Software se vendant, comme toujours, beaucoup sur ses adversaires les plus difficiles à démettre. La meilleure façon de jouer, finalement, c’est en portable, le jeu se révélant plus stable et fluide ainsi. Dommage que cela s’accompagne d’une maniabilité perfectible, inhérente à la console de Big N et ses Joy-Con qui manquent d’un petit quelque chose pour une prise en mains optimale.