On a joué à Tides of Annihilation, qui veut rivaliser avec les grands cadors des jeux d’action

Derrière le classicisme qui se dégageait de la première présentation de Tides of Annihilation se cache peut-être un jeu plus intéressant qu’espéré. C’est le sentiment principal qui se dégage suite à notre première prise en main du jeu dans les allées de la Gamescom, où nous avons pu jouer pendant un peu moins d’une heure au titre d’Eclipse Glow Games, qui a eu de quoi nous impressionner, à défaut de nous étonner.

Tides of Annihilation // Source : Eclipse Glow Games

Il est pas beau mon Graal ?

Car oui, si vous avez joué aux grands jeux d’action de l’ère PS2 et même à ceux qui ont suivi, Tides of Annihilation vous met un peu dans des chaussons. Avec sa structure à la Devil May Cry, c’est-à-dire des suites de couloirs remplis d’ennemis à tabasser avec style, on ne peut pas réellement dire que Tides of Annihilation sort des sentiers battus. C’est pour ça qu’il mise sur le grand spectacle pour nous faire oublier cette sensation de déjà-vu, et de l’action, le titre en a à revendre.

La démo qui nous a été proposée nous plaçait dans les bottes de Gwendolyn alors qu’elle s’aventure avec son amie polymorphe dans un musée au centre d’une ville de Londres qui a connu de meilleurs jours. On comprend très vite que l’aventure va être dirigiste malgré quelques écarts (avec des arènes contenant des défis annexes) et des puzzles (très simplistes), mais qu’importe. Tides of Annihilation veut nous en mettre plein la vue dès le départ, et le défi est relevé.

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Surtout si l’on arrive à bien comprendre comment utiliser les chevaliers, qui sont les alliés de notre protagoniste. Le jeu vous propose un gameplay typé beat’em all en apparence des plus classiques, jusqu’à vous demander d’utiliser ces chevaliers, qui sont attitrés à certaines touches de la manette. Gwendolyn va donc devoir apprendre à effectuer des combos avec eux, et 30 minutes suffisaient pour comprendre que les amateurs de styles et de combos SSS seront ici aux anges devant les possibilités proposées, même s’il est tout à fait possible de se limiter à du martelage en règle en cherchant avant tout à briser la jauge d’étourdissement de vos ennemis pour les affaiblir avec un coup spécial. Gwendolyn a également un autre atout dans sa manche avec des « limites » propres à chaque chevalier et une attaque ultime à déclencher au bon moment.

Pour résumer de manière imagée, ces chevaliers agissent en quelque sorte de la même manière que les Primordiaux de Final Fantasy XVI. Chacun a son rôle (le brute qui brise les défenses, le chevalier qui attaque en permanence et rapidement…) et il est possible de switcher à la volée, sachant que vous contrôlez une paire de chevaliers à la fois. Les premiers qui nous étaient montrés ne transpiraient pas d’originalité, mais leur utilisation très fluide et visuellement impressionnante donnait un sacré charme aux joutes. On prend le pari que certains chevaliers tireront leurs épingles, comme celui qui peut ralentir un ennemi avant de le faire « exploser ».

Si la comparaison avec le gameplay du dernier jeu de Square Enix est plus qu’évidente, impossible non plus pour nous de nous dire que personne chez Eclipse Glow Games n’a joué à Chaos Legion, jeu PS2 méconnu mais qui repose aussi sur ce principe, avec des troupes/chevaliers à invoquer au milieu de combos.

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Tides of Annihilation // Source : Eclipse Glow Games

À ceci près que Tides of Annihilation se veut évidemment plus dynamique, et moins bourrin qu’il n’en a l’air. On le comprend rapidement face aux boss impressionnants auxquels on a fait face, à commencer par un autre chevalier qui semblait être lié à l’Égypte antique et dont le moveset se montrait particulièrement intimidant. Il faut rapidement prendre le pli pour les esquives, avec des attaques à éviter en sautant et celles qui demandent de « parer » au bon moment pour effectuer une contre-attaque (aucune parade normale n’est proposée en jeu).

Le tout aboutit à un système simple à prendre en main, et d’un dynamisme à toute épreuve. Le plus beau, c’est peut-être que le jeu reste lisible malgré toute la grandiloquence de vos attaques et de celles de vos adversaires, et on sait à quel point cela peut être un problème pour d’autres jeux du genre. La caméra n’est jamais venue nous gêner, ce qui, là aussi, est un soulagement. Reste à voir si la fluidité ne sera pas un problème sur consoles, étant donné que la démo proposée tournait – vous vous en doutez – sur un PC parfaitement équipé qui n’avait aucun mal à enchaîner les (somptueuses) animations.

Des cases à cocher

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Tides of Annihilation // Source : Eclipse Glow Games

Car derrière ces premières impressions enjouées, on craint d’avance certains écueils inhérents au genre. Gwendolyn s’est avérée être particulièrement flottante lors des sauts, et on ne peut que croiser les doigts pour que des phases de plateformes trop poussées viennent s’inviter à la fête.

On voit en tout cas l’envie de proposer des puzzles environnementaux où l’on utilise nos chevaliers pour autre chose que pour trancher du démon. Outre celui qui nous permet de tirer à l’arc, on remarque que l’un d’entre eux peut lever des portes ou des objets lourds. Ce qui est tout à fait accessoire, à part renforcer l’impression que vos chevaliers et vous ne faites qu’un. Accessoire comme le fait de proposer, on l’imagine, moult costumes (pour les fashionistas et rien que pour eux, évidemment), dissociés de votre équipement principal – car oui, le jeu verse dans le light RPG avec des +5% d’attaque et +0,3% d’étourdissement machin chose, parce que c’est visiblement un prérequis en 2026.

On ne peut pas non plus juger de ce que l’on nous raconte, même si les dialogues auxquels on a pu assister se révélaient assez creux. La nouvelle voix de Gwendolyn (Angela Sant’Albano) est très proche de celle de Jennifer English pour que l’on ne perde pas trop au change. Mais bref, après tout, on est là pour la castagne, et pas pour tailler le bout de gra(al)s. Il nous reste donc à voir si le jeu trouve son équilibre et si la progression du personnage permettra d’éviter qu’une certaine routine ne s’installe trop rapidement.

Vous l’aurez peut-être compris, Tides of Annihilation est un jeu d’action « à l’ancienne » qui ne dépayse pas, mais qui a de quoi nous en mettre plein la vue. Si l’on ressort plus qu’enjoué de cette première démo, il nous tarde surtout de voir si ce n’est pas un énième cas de jeu qui s’essouffle après 4 ou 5 boss spectaculaires, la faute à une structure qui aura du mal à nous étonner. Tant qu’il maîtrise son gameplay, et ça va dans la bonne direction, ce sera déjà ça.