Xbox enregistre une baisse de revenus du hardware, des contenus et des services au bouclage de la dernière année fiscale
Au 30 juin, beaucoup d’entreprises terminent un nouveau trimestre fiscal. Petit à petit, l’heure des bilans s’effectue donc aussi un peu partout au sein de l’industrie vidéoludique. Dans un rapport publié ce 29 juillet, Microsoft fait les comptes. Et tandis que le géant américain se noie dans des liasses de billets, Xbox, en restant dans des proportions folles, incarne le mouton noir parmi ses différentes divisions.
Des baisses attendues et confirmées pour Xbox
Si on vous parle trop régulièrement du « reset » de Xbox mené par Asha Sharma et ses coupes à la tronçonneuse, c’est précisément pour inverser la tendance confirmée par le dernier rapport officiel de Microsoft faisant état du quatrième trimestre de l’année fiscale 2025-2026 : la branche gaming de Microsoft ralentit. On parle évidemment toujours de très gros chiffres, mais rappelez-vous, la direction et les actionnaires regardent surtout le sens d’une courbe.
Prenons d’abord le chiffre d’affaires total de Xbox sur le quatrième trimestre. Il s’est élevé à 4,98 milliards de dollars pour le T4 2025-2026, en baisse par rapport aux 5,53 milliards de dollars du T4 2024-2025, mais également sur l’entièreté de l’exercice entre les deux dernières années fiscales : un recul de 7 % pour atteindre 21,79 milliards de dollars. Un résultat à compléter avec l’information d’un quatrième trimestre consécutif où Xbox enregistre un recul sur ses revenus globaux.
En se concentrant sur certains secteurs de Xbox, on ressort par exemple une baisse de 10% des revenus de contenus et services par rapport au même trimestre de l’année précédente (- 5% si on considère l’exercice entier), ainsi qu’une baisse de 13%, là encore d’une année à l’autre sur ce même trimestre, côté hardware.
Sur ce point, cette baisse était attendue, et pour cause : on rappelle la hausse du prix des consoles en mai 2025 un peu partout dans le monde, puis en octobre 2025 aux USA, et qu’une troisième hausse se prépare le 1ᵉʳ août. Difficile de renverser la vapeur dans ces conditions.
La croissance à tout prix pour 2027

Satya Nadella // Source : Microsoft
Rien de dramatique, évidemment, mais encore une fois, on n’aurait pas connu autant de licenciements, de projets annulés et de studios jetés par-dessus bord si cela ne revêtait pas une certaine forme d’alerte pour ceux d’en haut.
Parce que forcément, quand Microsoft Azure enregistre une croissance de 43% en dépassant les 100 milliards de revenus pour l’exercice précédent et que ceux de Microsoft Cloud ont atteint les 214 milliards, à côté, les 21 milliards de CA de Xbox sonnent comme des résultats de PME. Et on ne parle pas de la jutosité de l’IA dont 31 data centers sur les 88 possédés par Microsoft ont été ajoutés durant le dernier exercice, participant au fait de finir l’année fiscale en trombe pour le géant américain.
Si l’intérêt financier de se farcir Xbox pouvait sans doute faire débat en interne chez Microsoft, ce n’est donc pas à la vue de ces chiffres que ça pourrait s’arranger. Sauf que, on le répète, le « reset » a été entrepris pour retrouver une croissance, enfin une croissance qui puisse mieux faire que la fameuse marge bénéficiaire de « seulement » 3% évoquée depuis plusieurs semaines dans ce climat de restructuration.
Et Satya Nadella s’est exprimé dans le cadre de ce bilan trimestriel, appuyant cet objectif de croissance :
« Concernant Xbox, nous prenons les décisions nécessaires au niveau de notre portefeuille de contenus, de notre plateforme et de nos opérations afin de recomposer l’activité pour une croissance à long terme. Nous possédons les meilleures licences de l’industrie et des studios talentueux à travers le monde, et nous croyons que nous pouvons rassembler ces forces, et nous prévoyons un retour à la croissance de l’activité pour l’exercice 2027. »
On fera mine de ne pas avoir lu la dernière phrase vu la boucherie qu’ont subie certains de ces « studios talentueux », pour ceux encore sous la bannière Xbox (et tant pis pour d’autres comme Double Fine). Pour le reste, on verra bien ce que donneront les conséquences du « reset » pour cette fameuse et hypothétique croissance, mais ce n’est pas vraiment le plus important, en ce moment.