Le STJV lance un appel national à la grève dans le secteur du jeu vidéo ce jeudi 25 juin

Il ne vous aura pas échappé que l’industrie ne se porte pas particulièrement bien ces temps-ci (enfin, pas pour les petites mains), et cela est encore plus perceptible quand on s’intéresse à la situation du milieu français. Entre les déboires d’Ubisoft, les difficultés de Don’t Nod et les licenciements chez Quantic Dream, pour ne citer que les plus gros, le secteur apparaît être en crise pour nos artistes locaux. Face à cette situation, le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo appelle à une mobilisation générale cette semaine.

Spellcasters Chronicles du studio Quantic Dream

Summer Grève Fest

Le STJV souligne que l’industrie française du jeu vidéo est en crise, avec plus d’un millier d’emplois menacés, que ce soit par l’IA, par des conditions de travail dégradées ou par une sous-traitance de plus en plus généralisée. Le syndicat soulève la responsabilité des dirigeants et de leurs mauvaises décisions dans cette situation :

« Après des années d’alertes sur des conditions de travail particulièrement difficiles, après avoir fait condamner de nombreuses entreprises pour leurs agissements illégaux et leurs manquements, voilà que les fermetures de studios et les plans de licenciement se multiplient en France et à l’étranger. Il ne faudrait pas croire que ces éléments seraient sans lien. L’inconséquence de nos dirigeants à former et conserver une main-d’œuvre qualifiée, leurs abus répétés à l’encontre des travailleureuses, leur antisyndicalisme viscéral, leur incompétence à gérer des projets et leur incapacité à écouter les alertes levées ont directement mené à la situation actuelle. Cette crise était évitable, mais nos patron‧nes ont choisi de foncer dans le mur les yeux fermés. »

C’est pourquoi le STJV appelle à une mobilisation nationale ce jeudi 25 juin. Comme un symbole, cette grève débutera devant les locaux parisiens de Quantic Dream, un studio où 115 postes pourraient disparaitre d’ici peu, contre les 95 initialement annoncés :

« Quantic Dream subit actuellement le plus grand plan de licenciement du secteur depuis Blizzard en 2018, qui prévoit de supprimer 115 postes, soit un quart de ses effectifs en France. Il faut y ajouter plusieurs dizaines de licenciements déjà actés au studio de Montréal. Pendant ce temps-là, les conditions de travail continuent de se détériorer dans l’entreprise, les heures supplémentaires sont ouvertes, sans aucune prise de responsabilité des dirigeants. Nous ne pouvons l’accepter. Nous réaffirmons notre ambition de sauvegarder les studios en changeant profondément leurs fonctionnements arriérés. »

Cette grève fait suite à celle du 27 mai, qui appelait là encore toute l’industrie française à se mobiliser.