Accusé d’avoir remplacé une scénariste par une IA, le PDG de Saber s’enfonce avec un commentaire des plus puérils

Peu de monde avait entendu parler de Rideshare Stimulator avant hier, mais les choses ont changé depuis que l’on assiste à un festival de bêtises autour de ce projet. Ce qui n’est pas la faute de l’équipe du jeu, qui n’a rien à voir là-dedans, mais celle du PDG de Saber Interactive, qui édite le titre. Après avoir fait en sorte qu’une bande-annonce du jeu fasse une référence explicite à Randy Pitchford dans le but de tacler ce dernier, le jeu s’est retrouvé au cœur d’une polémique lorsque Stella Sacco ex-scénariste sur le projet, a affirmé avoir été virée pour être remplacée par ChatGPT. Saber a démenti la chose via un porte-parole, mais le PDG du groupe, Matt Karch, a eu envie d’en rajouter une couche.

Rideshare Stimulator // Source : Saber

L’IA aurait bien été utilisée pour remplacer l’artiste, durant un temps

L’utilisation de l’IA dans Rideshare Stimulator a été à moitié confirmée par un représentant de Saber, même si l’entreprise nie tout de même avoir remplacé des artistes expressément pour utiliser cet outil à la place. À ce sujet, Stella Sacco affirme qu’elle ne ment pas, même si elle émet la possibilité que les choses aient changé entre-temps (elle a quitté son poste en 2024) :

« Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, j’étais là, j’en avais même parlé sur Facebook à l’époque et je l’ai mentionné à plusieurs reprises sur Bluesky sans citer le titre du jeu. Ils m’ont évincée du projet pour utiliser ChatGPT afin de rédiger la suite du texte, y compris les mises à jour prévues. S’ils ont changé leurs plans entre-temps, tant mieux, mais je le répète, j’étais là, c’était mon travail d’écrire le jeu, jusqu’au moment où Matt Karch a décidé qu’utiliser ChatGPT serait une excellente publicité pour le titre. »

Elle en profite pour ajouter qu’elle n’a aucune animosité envers l’équipe UNIGINE, qui développe le jeu et qui se retrouve embarquée dans cette histoire bien malgré elle.

Karch tout chafouin

Rideshare stimulator key art 1

Rideshare Stimulator // Source : Saber Interactive

Sans doute peu ravi que l’on invoque son nom dans l’affaire, Matt Karch n’a alors pas hésité à répondre à This Week in VideoGames. Et mouillez-vous la nuque, puisque la réponse est lunaire :

« Stella qui ? J’ai dû poser la question à Claude [un outil IA], car je ne lui ai jamais parlé et je ne l’ai jamais vue. Nous avons déjà indiqué que nous utilisons l’IA pour certaines parties du jeu et nous mettrons à jour la page Steam une fois que nous aurons finalisé l’ensemble des fonctionnalités. »

Il précise que le scénario du jeu a bien été écrit par des humains, et que Stella Sacco a enfreint ses accords de confidentialité. Il va ensuite même jusqu’à dire que c’est parce que l’IA est un « plus » pour les consommateurs, presque en sous-entendant que c’est aussi grâce à cela que le jeu est proposé à un tarif réduit : « Nous considérons l’utilisation de l’IA dans ce jeu en particulier — qui sera proposé à un prix réduit — comme un avantage pour les consommateurs. »

On en a vu des arguments marketing étranges autour de l’IA, mais celui-ci est collector. Et comme Matt Karch n’avait pas envie de s’arrêter là, il s’en prend à Stella Sacco qu’il aurait été content d’avoir virée pour la remplacer par une IA (alors qu’il clame pourtant que ça ne s’est pas passé) :

« Quant à Stella, elle a été remplacée par une personne plus talentueuse et licenciée pour diverses raisons quelques mois plus tard. D’après ce que je comprends, elle aime la controverse encore plus que moi. Avec le recul, j’aurais franchement préféré la remplacer par une IA. Au moins, nous aurions eu affaire à quelqu’un programmé pour être honnête. »

De quoi rester sans voix devant un commentaire qui vient, on le rappelle, du PDG d’un éditeur très important de l’industrie (d’un adulte tout court, ce qui est déjà fou en soi). Stella Sacco a évidemment vu passer cette réponse, et ajoute à son tour de manière bien plus mature :

« J’ai pris connaissance de la déclaration de Matt Karch, le PDG de Saber Entertainment, ainsi que de tous les propos absolument odieux qu’il a tenus à mon sujet. Il devrait sauter aux yeux de quiconque lit ce texte qu’il s’emporte ainsi parce qu’il ne voulait pas que l’on sache que de l’IA avait été utilisée dans le jeu. Tout ce que j’ai dit était vrai. Voici une autre vérité : cette déclaration est d’une médiocrité affligeante pour le PDG d’une entreprise, et combinée à l’utilisation de l’IA, elle portera bien plus préjudice à la réputation de Saber qu’à la mienne. Pour beaucoup de gens, cette déclaration constituera leur premier contact avec la marque Saber. »

C’est effectivement une drôle de publicité pour Rideshare Stimulator, avec une équipe qui ne doit pas savoir où se mettre durant cette semaine somme toute étrange.