« S’attaquer à ce défi maintenant serait trop risqué » : Le président de SEGA justifie son choix d’abandonner son projet de jeu service
Bon nombre de jeux service se mangent un mur aujourd’hui, de quoi rendre les entreprises nettement plus prudentes. Pour certaines, le jeu en vaut la chandelle, pour d’autres, il est trop important. SEGA se place dans la deuxième catégorie, avec l’annulation de son projet « Super Game » qui devait aboutir à plusieurs jeux service. Shuji Utsumi, président du groupe, a expliqué auprès de Nikkei (propos traduits par VGC) pourquoi il avait pris cette décision.
SEGA joue la prudence
Il ne suffit que d’un grand succès dans le monde des jeux service pour oublier la plupart des échecs et toucher un gros pactole. C’est ce qui motive tous les grands éditeurs à s’engouffrer dans le marché malgré les risques. Cependant, le climat est aujourd’hui bien plus tendu qu’il y a 5 ans, lorsque le projet « Super Game » de SEGA avait été officialisé.
C’est pourquoi le timing ne joue pas en la faveur de l’éditeur, qui a préféré ne pas tenter le diable et attendre un moment plus opportun. Il explique que ce marché ne peut être ignoré, mais qu’à l’heure actuelle, il est trop volatile :
« Dans l’industrie du jeu vidéo, le modèle de jeu service est un domaine que nous ne pouvons tout simplement pas ignorer. Si nous parvenions à lancer une licence qui toucherait un public à grande échelle, les retombées seraient considérables. Nous avions estimé que nous disposions de la technologie nécessaire et nous avons tenté de concrétiser ce projet. Mais au fur et à mesure de nos analyses, nous avons réalisé que l’ampleur des investissements devait augmenter de manière considérable pour correspondre à l’envergure du service, et nous avons commencé à voir tous les défis que cela impliquait. Par conséquent, compte tenu du contexte, nous avons jugé que s’attaquer à ce défi maintenant serait trop risqué. C’est pourquoi nous avons mis un terme au développement du projet « Super Game ». Néanmoins, je reste convaincu qu’il existe une opportunité commerciale dans ce domaine, et nous poursuivrons nos efforts en ce sens. »
Mieux valait arrêter les frais dès maintenant pour Shuji Utsumi, qui a bien senti le vent tourner. Il précise que SEGA possède déjà des jeux services qui fonctionnent à l’image de Phantasy Star Online 2 ou Hatsune Miku: Colorful Stage, mais on parle ici de projets bien plus mineurs, qui ne demandent pas énormément d’investissements (et donc de risques).