Hideki Kamiya refait un appel du pied à Xbox pour Scalebound et donne son point de vue sur la fin du physique

Parfois, les projets les plus inattendus finissent par aboutir. C’est le cas d’Okami 2, jeu dont personne n’aurait pu parier l’existence il y a encore quelques années. Clovers est cependant bien au travail sur cette suite, avec un Hideki Kamiya qui montre qu’il ne lâche pas le morceau lorsque quelque chose lui tient à coeur. Il en est de même pour Scalebound, même si Xbox ne veut toujours pas relancer la machine.

Scalebound
Scalebound // Source : Xbox

La porte est toujours grande ouverte

Au fil des années, Hideki Kamiya a lancé de nombreux appels du pied à Phil Spencer pour que le projet Scalebound puisse renaître de ses cendres. Ces suggestions ont été ignorées, mais désormais, c’est Asha Sharma qui dirige l’entreprise américaine. L’occasion pour Kamiya de relancer l’invitation (via une interview de VGC) auprès de la nouvelle venue. Lorsqu’on lui demande s’il a déjà parlé de cela avec la PDG, il déclare :

« Eh bien, non, mais c’est l’occasion pour moi de redire que s’ils veulent le faire, concrétisons ce projet ! [Kento] Koyama est partant lui aussi. Si tu pouvais inclure quelques images [de Scalebound] dans ton article pour Asha, ce serait utile. […] Il est évidemment très regrettable que le projet n’ait finalement pas pu voir le jour, et c’est quelque chose que je souhaite toujours faire si c’est possible, et je suis 100% sérieux en disant cela. Évidemment, nous ne sommes peut-être pas en mesure de le faire à l’instant même, mais je suis convaincu que lorsque l’on désire quelque chose suffisamment fort, on finit toujours par trouver le moyen de le réaliser. C’est le cas actuellement pour Okami, où même après toutes ces années, l’opportunité s’est de nouveau présentée, et j’espère qu’il en sera de même pour Scalebound à l’avenir. »

Puisque Asha Sharma semble vouloir se reconcentrer sur les grandes licences possédées par Xbox, on l’imagine mal valider un tel projet. Mais tant qu’au moins un des deux partenaires sur ce projet (ici, Kamiya) est d’accord avec le fait de reprendre le développement, tout espoir n’est pas perdu (mais n’y comptez pas trop non plus).

La préservation avant tout

Visuel okami hd

Okami HD // Source : Capcom

Dans cette même interview, Hideki Kamiya et Kento Koyama se sont aussi exprimés sur la décision de Sony d’arrêter de produire des jeux sur disques dès 2028. Les deux offrent un point de vue plus pragmatique que certains en indiquant que certains chiffres peuvent indiquer qu’il s’agit là d’un choix rationnel d’un point de vue business. Mais pour autant, même si eux non plus ne sont plus de grands consommateurs de jeux en physique, la nostalgie de l’objet reste suffisamment forte pour regretter ce changement. Koyama déclare :

« D’un point de vue business, c’est certainement une décision rationnelle. Pour ma part, j’achète de plus en plus de jeux en version numérique ces derniers temps. Mais lorsqu’il s’agit d’un jeu vraiment spécial que je veux conserver longtemps, je m’assure toujours d’en acheter une copie physique. Chez moi, j’ai une salle de jeux dédiée où sont rassemblées la quasi-totalité de mes anciennes consoles, comme la Xbox, la Dreamcast, etc., ainsi que des étagères remplies de jeux. En rentrant dans cette pièce, il m’arrive parfois de ressentir un petit pincement au cœur rien qu’en regardant les tranches des boîtiers, et je trouve qu’il y a quelque chose de triste à l’idée que tout cela puisse disparaître. »

Kamiya s’inquiète de son côté un peu plus de la question de la préservation :

« La chose la plus importante pour moi est de savoir si les détenteurs des droits vont assumer la responsabilité de garantir que tous ces jeux restent accessibles aux générations futures afin qu’elles puissent y jouer. Que ce soit sous format physique ou numérique est moins important pour moi, tant que ces jeux demeurent accessibles au public à l’avenir. Car, comme vous le savez, il y a plein de ces anciens classiques qui sont aujourd’hui totalement injouables sur les consoles modernes. J’espère que les détenteurs des droits en prendront conscience et continueront à rendre ces titres accessibles aux générations futures, pas juste pour le plaisir d’y rejouer, mais pour préserver la culture vidéoludique, afin de continuer à la développer. »

Ce qui rejoint les autres questionnements du moment sur la notion de propriété des jeux en format numérique, point sur lequel les entreprises ne veulent pas bouger dun iota pour le moment.