Manette en mains, Exodus ressemble plus que jamais à Mass Effect, et on l’aime déjà pour ça

Archetype Entertainment en a peut-être ras la casquette de voir son Exodus être systématiquement comparé à Mass Effect, mais la comparaison est loin d’être galvaudée. Ne serait-ce que parce que le projet est piloté par d’anciens de Bioware, et parce qu’il a peu de chances de se mesurer à une série qui porte en elle tant d’amour du public. Mais les points communs des deux licences ne se limitent pas qu’à cela. On a pu le constater lors d’une démo de 45 minutes à la Gamescom, où la ressemblance susnommée était criante – mais pas gênante.

Exodus // Source : Archetype Entertainment

Une galaxie pas franchement accueillante

Si jamais il est nécessaire de le présenter une nouvelle fois, sache qu’Exodus est un action-RPG de science-fiction dans lequel on incarne Jun, un personnage qui possède en lui des traces de l’ADN d’une civilisation très ancienne et mystérieuse au sein de la galaxie, et qui peut ainsi utiliser des artefacts spéciaux pour tenter de sauver sa planète. Le hic, c’est qu’ici, les voyages spatiaux très éloignés ne vous coûtent pas que de l’argent, mais du temps.

Chaque voyage important ne durera que quelques heures pour Jun et son équipe, mais des années peuvent s’écouler ailleurs, ce qui aura des conséquences sur l’évolution des personnages qui vous entourent. Vous avez regardé Stargate et Interstellar ? Alors vous avez compris le pitch.

La démo qui nous était présentée nous demandait de venir en aide à un peuple pour le moins spécial, puisqu’il s’agissait de grenouilles bien bavardes. Au détour des ruines dans l’espace, notre groupe était confronté à un envahisseur dont la cheffe était accompagnée d’un ours peu commode, qui a servi de boss final à cette prise en main.

Trois quarts d’heure plus tard, il apparait clair qu’Exodus est un Mass Effect dans l’âme, mais aussi dans la forme. À ceci près que l’univers du jeu se veut légèrement (et on insiste sur le légèrement) plus froid, ce qui va de pair avec une interface qui mise sur la sobriété avant tout. Disons plutôt que le jeu semble moins exotique que la saga de BioWare.

Jeu d’acteur stellaire

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Exodus // Source : Archetype Entertainment

Si cela lui permet de trouver sa propre voie, tant mieux, d’autant plus que ce premier essai nous a permis de voir à quel point Archetype voulait soigner l’immersion, notamment via l’écriture. Certains PNJ n’auront pas manqué de nous faire décrocher un sourire, comme un robot qui détient une information et qui souhaite qu’on le traite comme une personne, plutôt qu’une machine. On apprécie aussi le pragmatisme de l’un des compagnons, Suliman, particulièrement mis en avant ici et qui agit de manière rationnelle, sans être trop robotique.

La démo a aussi été l’occasion de passer en revue le système de choix, où toutes les décisions ne seront pas forcément orientées vers un côté de la balance (celle du parangon de vertu, ou du salopard de l’espace, en somme). D’autant plus que choisir les options les plus « sympatiques » n’aboutira pas forcément à une bonne conclusion : alors que l’on s’acharnait à convaincre le boss de rendre les armes, Suliman avait moins de temps à perdre et l’a refroidi sans prévenir.

Un premier échantillon prometteur, même si l’écriture n’évite pas quelques clichés un peu faciles, comme celui du soldat adverse blessé que vous avez le choix de secourir ou non, et qui vous jure qu’il a compris que son méchant supérieur le prenait uniquement comme de la chair à canon. Le doublage n’a peut-être pas aidé sur cette séquence, alors qu’il est de très bonne facture ailleurs.

On reste tout de même assez captivé par ce qui se raconte à l’écran grâce à une motion capture assez bluffante. Les mimiques du visage sont parfaitement reproduites afin de saisir toutes les nuances, sans être trop exagérées (ce qui est souvent le piège). Le reste de la partie technique était cependant moins éblouissant, avec une démo bloquée à 30 fps, certains bugs de collision, ou encore des problèmes de visibilité quand tout pétait à l’écran.

On a déjà joué à ça

Ce qui arrive souvent, même si Exodus vous laisse parfois le loisir d’être discret en éliminant vos ennemis de manière silencieuse. Ce que vous ne ferez pas souvent, tant l’infiltration n’est pas réellement satisfaisante ici. On se contentera de tirer le premier, jusqu’à s’apercevoir que, bordel, c’est vraiment Mass Effect. Si l’on devait décrire ce qu’est le gameplay de Mass Effect 3 de tête en utilisant nos souvenirs, on vous réciterait toutes les bases d’Exodus.

Ce n’est pas tellement un mal dans la mesure où le jeu d’Archetype a le mérite de ne pas être une mauvaise copie, mais une évolution logique. On retrouve l’omni… pardon, le gantelet qui sert au corps-à-corps et à lancer des grenades (enfin, des pouvoirs) de toutes sortes, mais aussi une roue d’action pour donner des ordres à nos coéquipiers, chacun ayant deux capacités à enclencher. On retrouve le même feeling que sur la saga de BioWare, si ce n’est que le combat de boss nous a montré quelque chose de plus original en nous demandant de monter sur des cuves avec notre grappin pour éviter les charges de l’ours.

Le souci, lorsque l’on s’inspire à reprendre une même formule, c’est d’en copier aussi les écueils. Sur ce point, Exodus se retrouve avec des phases de shoots peu intéressantes, durant lesquelles certains ennemis protégés par des boucliers sont pénibles à combattre (on en vient à patienter jusqu’à ce que le cooldown des compétences alliées se termine).

Un tour dans l’arbre de compétences nous montre aussi que l’on effleure peut-être que la surface du gameplay, même si Jun ne devrait pas être aussi volatile qu’un Shepard (malgré plusieurs arbres de compétences façon Skyrim). L’arsenal ne nous a pas non plus impressionnés par sa diversité pour le moment, mais ce court temps de jeu ne nous a peut-être pas permis de saisir toutes les subtilités.

Il y a cependant de quoi être charmé par la proposition, à condition de ne pas attendre qu’Exodus réinvente la roue de l’action-RPG typé Mass Effect. On l’attend particulièrement au tournant sur ses embranchements narratifs et sur l’épopée qu’il va nous conter, moins que sur son gameplay, mais si celui-ci sait être assez solide (il a un bon exemple) sur la durée, alors peut-être qu’Archetype a entre ses mains un action-RPG plus séduisant qu’il n’en a l’air.