L’étonnant Thank You Bus Driver sera le premier jeu de Double Fine suite à son divorce avec Xbox
Fraîchement séparé de Xbox suite à un divorce qui a permis de sauver le studio, Double Fine doit maintenant se montrer actif pour récolter des soutiens. On l’a vu lancer son Kickstarter pour sa prochaine game jam qui aboutira à la création d’un nouveau jeu, mais finalement, pas besoin d’attendre très longtemps pour découvrir le prochain titre issu du studio.
N’oubliez pas votre ticket
Entre deux projets massifs qui demandent du temps, Double Fine laisse ses équipes expérimenter. Après Keeper et Kiln, on le retrouve maintenant à la tête de Thank You Bus Driver, un projet à petite échelle dans lequel vous jouez le rôle d’un chauffeur de bus dans un monde en noir et blanc, avec une direction artistique cartoonesque.
Vous y croiserez des tas de passagers plus étranges les uns que les autres, et vous vous mettrez à leur niveau en décidant de ne pas respecter les règles et en empruntant tous les raccourcis possibles et imaginables pour arriver au prochain arrêt à temps.
Le titre n’a pas encore de date de sortie, mais il a déjà droit à une page Steam et une page GOG.
Tim Schafer évoque la rupture avec Xbox

Keeper // Source : Double Fine
Dans le même temps, Tim Schafer a accordé une interview à Jason Schreier sur Bloomberg pour évoquer la situation de Double Fine suite à la séparation avec Xbox. On comprend alors que le PDG du studio sentait que le destin de ce dernier était en péril suite au départ de Phil Spencer, remplacé par une Asha Sharma qui semble prioriser le retour des grosses marques Xbox, plutôt que de laisser de la place pour de plus petits jeux. Si, à l’époque, rien n’a changé immédiatement, il a senti le vent tourner au bout de quelques semaines, progressivement :
« Ça n’arrive pas tout d’un coup, à l’improviste. C’est plutôt du genre : « Tiens, cette personne n’a pas répondu à ma blague par message. » C’est un peu comme ça qu’on découvre ce genre de choses. Donc, je le savais avant même de le savoir vraiment. »
S’il s’en doutait, c’est parce que Double Fine n’était pas profitable, ce que Xbox savait très bien en rachetant un tel studio qui produit des projets plus atypiques que le reste de l’industrie. Pour Schafer, l’accord était plus ou moins explicite :
« Nous avions une mission mutuellement bénéfique, qui consistait simplement à proposer d’excellents jeux sur le Game Pass, puis leur mission a changé. Je n’imagine pas quel niveau de rentabilité aurait pu nous sauver, si ce n’est viser des chiffres tels que ceux de Minecraft dès cette année. »
Il prend également du recul face à cette situation, dans une industrie qu’il sait être terrible, mais qu’il ne peut pas changer :
« C’est comme si j’étais le capitaine d’un petit bateau de pêche. Et c’est comme si je m’inquiétais du fait que l’océan avec équité. Je ne peux pas y faire grand-chose. Il s’agit juste de garder ce petit bateau à flot, de continuer à essayer de voir au loin si c’est un récif ou un banc de poissons. »
Pas fataliste pour autant, il a tout fait pour empêcher la fermeture du studio :
« Personne ne fermera Double Fine, sauf moi. Ce n’est pas Asha qui va abattre mon chien. C’est moi qui vais le faire. Mais je ne vais pas l’abattre, car il va très bien s’en sortir. Beaucoup de gens veulent le promener. »
Reste à voir comment le studio se relèvera vraiment malgré un Kickstarter qui semble fonctionner. Schafer ne veut en tout cas pas abandonner sa vision et réfute l’idée que ses jeux ne pourraient pas parler à une large audience :
« Nous n’avons jamais cherché délibérément à créer un jeu qui, selon nous, allait perdre de l’argent. Je pense que les gens se disent : « Oh, Keeper a l’air d’un jeu d’auteur, un titre dont personne n’attend que ce soit un vrai succès. » Mais pour moi, c’est le genre de jeu qui plairait énormément à quelqu’un qui ne joue pas. Je suis convaincu que Keeper a un potentiel grand public. »
Si l’on voit ce qu’il veut dire, cette vision semble peut-être un poil idéaliste, mais après tout, dans cette industrie, on en a peut-être bien besoin.