Rainbow Six Tactics : nous avons vu le jeu tactique d’Ubisoft et il nous a surpris
Lors de l’Opening Night Live, Ubisoft a quelque peu surpris avec une annonce autour de la licence Rainbow Six. Il ne s’agit ni d’un jeu multijoueur ni d’un jeu mobile, mais d’un véritable titre solo prenant la forme d’un jeu de stratégie tactique au tour par tour. Intitulé Rainbow Six Tactics, le soft est développé par Ubisoft Paris avec, au sein de l’équipe, des développeurs ayant notamment travaillé sur Mario + The Lapins Crétins, Ghost Recon ou encore Just Dance. Lors de la Gamescom 2026, nous avons assisté à une longue présentation ponctuée de quelques séquences de gameplay. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous sommes face à une proposition relativement prometteuse.
« Rainbow Six, Assemble »
Même si, à la vue du trailer, beaucoup ont immédiatement pensé à un Rainbow Six façon XCOM, Rainbow Six Tactics semble être bien plus que ça. Tout d’abord, les développeurs ont tenu à nous rassurer sur un point : nous sommes bien face à un jeu exclusivement solo, sans microtransactions ni mode multijoueur. Une clarification importante quand on sait que l’éditeur propose des boutiques jusque dans certains de ses jeux solo, Assassin’s Creed en tête.
Le studio nous a confié que son objectif premier était de connecter les différentes ères de la saga. Cela passe d’abord par un retour à un épisode davantage axé sur la narration, qui fait d’ailleurs le lien avec le dernier opus en date à avoir proposé ce type de formule. En effet, le personnage principal n’est autre que Paul Bishop, commandant en chef de l’organisation et protagoniste de Rainbow Six Vegas 2.
Néanmoins, le jeu compte bien capitaliser sur l’un des succès durables d’Ubisoft : Rainbow Six Siege. L’histoire se déroule ainsi entre l’Année 10 et l’Année 11 de l’opus multijoueur. Rainbow doit être reconstruit après les événements ayant frappé l’organisation, tandis qu’une nouvelle menace internationale fait son apparition.
Même si cela reste difficile à croire pour le moment, l’éditeur a toutefois indiqué qu’il ne serait pas indispensable de connaître Siege ou Vegas pour suivre l’aventure. Bien que l’histoire puisse être comprise indépendamment, on imagine qu’un minimum d’affinité avec la licence sera nécessaire pour apprécier pleinement cette nouvelle proposition. En tout cas, la narration semble assez ambitieuse avec un accent mis sur le quotidien des agents de l’organisation plutôt que sur les opérateurs.
15 opérateurs de Rainbow Six Siege

Rainbow Six Tactics – On constitue son équipe de 4 // Source : ActuGaming
Cependant, ces derniers seront au premier plan en ce qui concerne le gameplay. On sait d’ailleurs que la campagne comprendra 15 opérateurs issus de Siege. Ubisoft n’a pas encore communiqué la liste complète, mais plusieurs ont déjà été montrés :
- Ash
- Nøkk
- Glaz
- Montagne
- Doc
- Twitch
- Finka
- Sledge
Ubisoft Paris a tenu a retranscrire les compétences et les synergies déjà connus de Siege. Par exemple, Montagne peut créer une couverture mobile avec son bouclier, Glaz est particulièrement efficace à longue distance, Ash peut ouvrir les murs avec ses munitions explosives et Nøkk peut se rendre temporairement invisible. La composition du groupe devrait donc modifier assez fortement la manière d’aborder une mission.
En outre, on nous annonce pas moins de 45 lieux répartis à travers le monde. Les missions pourront notamment prendre la forme de sauvetages d’otages, de désamorçages de bombes ou d’éliminations de cibles. Les développeurs nous ont fait une petite démonstration en direct via une mission se déroulant dans un port de Lagos, au Nigeria. On a également eu un aperçu d’autres environnements variés comme une jungle, un aéroport, des zones urbaines ou encore un port vietnamien. On a également tenu à nous préciser que tous ces environnements sont pas générés de façon procédurale mais bien conçus à la main.
Rainbow SiXCOM ?

Rainbow Six Tactics – On passe à l’action // Source : ActuGaming
Concernant le déroulement d’une mission type, on retrouve effectivement beaucoup de XCOM. Que ce soient la vue isométrique, les déplacements au tour par tour, les couvertures, les points d’action ou les compétences individuelles, impossible de ne pas voir les influences. Néanmoins, il ne s’agit pas simplement d’un copier-coller avec un skin Rainbow Six. Il y a une véritable volonté de conserver les grands principes de la licence.
La reconnaissance tient ainsi une place importante. À l’extérieur, la carte peut être relativement lisible, tandis que certains intérieurs sont masqués par un brouillard de guerre. On peut alors utiliser les petits drones de Siege pour explorer un bâtiment et repérer les ennemis avant d’y entrer. Une fois la prise de renseignements effectuée, il est temps de préparer son assaut.
- Rainbow six tactics gamescom 01
- Rainbow six tactics gamescom 04
C’est là qu’intervient la mécanique la plus prometteuse de ce Rainbow Six Tactics : le système de Breach. Au lieu d’entrer simplement dans une pièce puis de poursuivre le combat au tour par tour, il est possible de préparer une attaque synchronisée. On choisit alors différents points d’entrée, on positionne ses opérateurs, on programme leurs déplacements et leurs actions, puis on déclenche l’ensemble du plan simultanément.
Durant la séquence observée, le développeur d’Ubisoft avait placé Glaz face à une fenêtre et Montagne devant une nouvelle ouverture, avant de faire exploser un mur avec Ash et d’ordonner à un autre opérateur de pénétrer dans le bâtiment derrière le bouclier de Montagne. Une fois le plan validé, tous ces pions agissent simultanément. On passe alors à une phase assez cinématographique mettant en scène les actions planifiées. Le résultat est assez spectaculaire et c’est clairement grâce à ce système de Breach que Rainbow Six Tactics parviendra à se démarquer. On attend tout de même d’en éprouver les limites par nous-même.
Un jeu tactique au trou par trou

Rainbow Six Tactics – « Des ptits trous des ptis trous… » // Source : ActuGaming
L’autre élément très Rainbow Six est évidemment la destruction. On peut ouvrir un mur afin de créer un nouvel accès, supprimer une couverture adverse ou simplement dégager une nouvelle ligne de tir. Certaines munitions peuvent également traverser des surfaces. Cela permet au level design d’évoluer au fil des parties et de laisser une certaine liberté créative au niveau de la gestion de son espace.
Les missions sont aussi amenées à évoluer au sein d’une même partie. Après l’assaut évoqué précédemment, nous sommes ainsi passés à une mission d’extraction avec un nombre limité de tours pour atteindre un bateau. On nous promet également que les ennemis ne seront pas de la simple chair à canon et qu’ils disposeront des mêmes outils que le joueur. À titre d’exemple, nous avons les « Order Points », qui peuvent être dépensés dans des Directives. Il s’agit essentiellement de bonus tactiques temporaires permettant notamment d’augmenter les déplacements, de se soigner, de récupérer des munitions ou encore d’obtenir des points d’action supplémentaires.
Entre deux opérations, on retourne au quartier général de Rainbow. Ubisoft confirme qu’il sera possible d’améliorer la base, d’entraîner les opérateurs et de développer leurs capacités. Toutefois, nous n’avons pas pu voir cette partie du jeu en action. Dernière précision : à l’instar d’un Fire Emblem, il y aura bien un mode « Mort permanente », même si celui-ci restera optionnel.
N’étant pas moi-même fan de la licence Rainbow Six, je n’attendais pas grand-chose de ce nouveau projet. Malgré tout, force est de reconnaître que ce premier aperçu m’a plutôt séduit. Le genre tactique au tour par tour paraît presque comme une évidence pour la franchise. Même s’il semble difficile de s’immerger pleinement dans cet univers militaire en tant que néophyte, le gameplay et les différentes mécaniques tactiques semblent apporter suffisamment de profondeur pour que l’on se laisse éventuellement tenter. De plus, Rainbow Six Tactics parvient à puiser suffisamment dans l’héritage de la licence pour ne pas simplement être un XCOM-like. On attend tout de même de voir ce que cela donnera manette en main, lorsque l’on pourra librement établir nos propres stratégies.

