Onimusha: Way of the Sword – Nos impressions après deux heures de jeu sur PS5
Grâce à l’avancement de sa date de sortie, Onimusha: Way of the Sword parvient à éviter, au moins en partie, l’embouteillage du mois de septembre, où de nombreuses sorties ont été repositionnées afin de ne pas se retrouver face à Grand Theft Auto VI. Après une année déjà marquée par les succès de Resident Evil Requiem et Pragmata, Capcom compte désormais réussir le grand retour de l’une de ses licences historiques. Après de premières impressions encourageantes grâce à la démo gratuite, nous avons eu l’occasion de jouer pendant près de deux heures à une version plus avancée du jeu. De quoi nous faire une idée plus précise de son potentiel et vous dire s’il mérite réellement de figurer parmi les titres les plus attendus de cette fin d’année.
Capcom ne prend pas de « gantelets »
Onimusha: Way of the Sword se veut avant tout une réintroduction de la licence de Capcom, qui n’avait plus connu de nouvel épisode depuis Onimusha: Dawn of Dreams en 2006. Afin de séduire un nouveau public, le studio fait le choix d’une aventure entièrement inédite, tout en conservant les piliers historiques de la série, comme les Genma, l’Issen ou encore le Gantelet Oni capable d’absorber les âmes.
Ce jeu d’action-aventure à la troisième personne nous plonge dans un Kyoto du début de l’époque d’Edo. L’ancienne capitale japonaise est déformée par une énergie malveillante et envahie par les Genma. Dans ce chaos, nous incarnons une version fictive du jeune Miyamoto Musashi, dont les traits sont inspirés de l’acteur japonais Toshirō Mifune. Après avoir reçu contre son gré le Gantelet Oni, Musashi cherche un moyen de s’en débarrasser. Pour y parvenir, il devra toutefois apprendre à maîtriser sa puissance tout en affrontant les Genma.
Au cours de ces deux heures de jeu sur PS5, nous avons notamment pu découvrir plus en détail la narration et plusieurs personnages importants. Fidèle à l’identité de Capcom, et plus particulièrement à celle de la série Onimusha, le jeu mêle un cadre historique traité avec beaucoup de sérieux à des affrontements contre des démons extravagants et à un héros constamment tiraillé entre ses convictions et le pouvoir qui lui a été imposé.
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Loin d’être un défaut, ce mélange confère au jeu une identité assez singulière. Par moments, on a autant l’impression d’assister à un drame historique qu’à un film de sabre fantastique, et avec un soupçon de Power Rangers (notamment au niveau des méchants). Cela n’empêche pas le scénario d’aborder quelques thèmes intéressants, notamment l’opposition entre la force acquise par ses propres efforts et celle obtenue grâce à un pouvoir extérieur. Musashi aspire à devenir le plus grand bretteur par son seul mérite, mais il dépend malgré lui du Gantelet Oni pour survivre et vaincre les Genma. Cette contradiction donne lieu à plusieurs situations tantôt sérieuses, tantôt plus légères malgré les enjeux élevés.
Tout porte à croire que le scénario ne constituera pas le principal atout du jeu. En revanche, il va sans doute se suivre avec le même plaisir qu’une bonne série B. On précise d’ailleurs que nous avons pu jouer avec les voix françaises. Capcom signe encore une fois un doublage de qualité avec des comédiens français que vous entendez
Musashi ne fait pas de quartier, il les explore

Onimusha: Way of the Sword – Un quartier de Kyoto // Source : Capcom
Bien que les développeurs aient précisé ne pas rechercher une fidélité historique absolue afin de ne pas complexifier le récit, la direction artistique s’inspire largement de cette période de l’histoire japonaise. On évolue ainsi dans un Kyoto visuellement crédible et sublimé par une esthétique dark fantasy qui offre un rendu particulièrement flatteur.
Grâce aux pouvoirs du Gantelet Oni, certains portails permettent d’accéder à des espaces altérés où le réel laisse place au fantastique. On y découvre des environnements oniriques composés de bâtiments flottants, de paysages déformés et de zones secrètes à révéler.
Malgré une représentation de Kyoto assombrie par l’invasion des Genma, l’ensemble conserve une palette relativement lumineuse qui met en valeur la végétation et les décors naturels, à l’inverse d’un Nioh par exemple. Nous le répétons à chaque nouvelle production de Capcom, mais le RE Engine continue d’impressionner par sa polyvalence et sa longévité. Même s’il peut parfois montrer quelques limites techniques selon les projets, Onimusha: Way of the Sword ne souffre, pour l’instant, d’aucune faiblesse de ce type sur PS5.
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Il faut dire que le jeu adopte une structure en zones semi-ouvertes avec une progression qui semble relativement linéaire. Kyoto est entourée d’une mystérieuse brume mortelle qui empêche toute sortie des limites de la carte. Au fil du scénario, de nouveaux quartiers se débloquent et peuvent être explorés plus librement afin d’accomplir des quêtes annexes ou de récupérer diverses ressources. Les affrontements sont également ponctués de quelques énigmes environnementales, mais on attendra d’en voir un peu plus pour se prononcer là-dessus.
En définitive, ce nouvel Onimusha cherche avant tout à placer le joueur au cœur de l’action dans des décors particulièrement soignés. La licence ne part pas ainsi dans des ambitions démesurées en suivant les tendances de l’industrie. Il reste néanmoins difficile de décrocher de cette formule dynamique qui nous procure de bonnes sensations et nous donne envie d’en voir le bout.
Du Genma à la découpe

Onimusha: Way of the Sword – Il lui a fendu le cœur // Source : Capcom
Ce qu’Onimusha: Way of the Sword réussit le mieux, selon nous, c’est l’exécution de son système de combat. Bien qu’il reste très accessible et soit loin d’un souls-like malgré les apparences, le jeu met avant tout l’accent sur la maîtrise de la défense et sur des frappes chirugicales placées au moment opportun.
Musashi dispose ainsi d’un large éventail d’actions défensives : parades, déviations, redirections (comme renvoyer des flèches sur leurs tireurs) ou encore esquives parfaites. Chacune d’elles ouvre une fenêtre permettant de placer un coup décisif, notamment l’Issen, une technique capable d’éliminer rapidement un ennemi lorsqu’elle est déclenchée juste avant que son attaque ne touche. À cela s’ajoute le Break Issen, un coup de grâce qui peut être exécuté une fois la jauge d’endurance adverse entièrement vidée.
Pris individuellement, les ennemis ordinaires représentent rarement une menace. En revanche, leur supériorité numérique oblige à constamment lire leurs attaques afin d’éliminer rapidement les cibles les plus dangereuses. Cela nous évite ainsi d’être trop statique et de, paradoxalement, rester offensif.
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Il faut d’ailleurs une nouvelle fois saluer le RE Engine et l’équipe de développement pour le système de découpe particulièrement spectaculaire et réaliste. Le jeu nous encourage également à tirer parti de l’environnement. Il est par exemple possible d’utiliser un arc pour faire tomber des rochers sur un groupe d’archers ou encore de projeter un tatami d’un coup de pied afin de déséquilibrer plusieurs assaillants.
Toutefois, ce sont surtout les combats de boss qui nous ont le plus marqués durant cette prise en main. Ils exigent une lecture encore plus rigoureuse des attaques adverses et exploitent davantage les différentes mécaniques de gameplay. Nous avons notamment affronté un puissant Genma ayant pris possession d’un temple et exauçant les vœux des habitants d’une manière particulièrement macabre. (vous avez de l’arthrite au genoux ? Solution : on coupe le genoux). Ce combat demandait non seulement d’enchaîner esquives et parades avec précision, mais aussi d’empêcher le Genma de se renforcer en détruisant des liens d’énergie ou encore d’interrompre certaines de ses attaques mortelles à l’aide de l’arc.
Un gantelet honnit

Onimusha: Way of the Sword – Il va pleuvoir des cailloux // Source : Capcom
Dernier rouage essentiel du gameplay : le Gantelet Oni. Celui-ci permet avant tout d’absorber les âmes laissées par les ennemis vaincus :
- Les âmes rouges servent de monnaie pour acheter ou débloquer différentes améliorations.
- Les âmes jaunes restaurent une partie de votre santé.
- Les âmes bleues remplissent la jauge nécessaire à l’utilisation des armes Oni.
Sachant qu’elles doivent être absorbées en maintenant une touche, le processus impose une petite dimension tactique. On peut ainsi choisir de récupérer les orbes pour regagner de la vie ou de frapper fort, plus vite, au risque de se retrouver vulnérable aux attaques. Le choix est d’autant plus important que certains boss sont capables d’absorber eux-mêmes les âmes que vous laissez au sol afin de renforcer leur puissance.
Le Break Issen ajoute lui aussi une couche stratégique lors des combats de boss. Une fois l’adversaire étourdi, il est possible de choisir entre frapper une partie précise de son corps pour infliger davantage de dégâts ou viser une autre zone afin de récupérer un plus grand nombre d’âmes.
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Les armes Oni constituent un autre élément clé de la progression. Durant cette session, nous avons notamment pu essayer des dagues capables de générer des âmes de soin à chaque coup porté, ainsi qu’une arme spécialisée dans les attaques de zone. Il y’en aura plusieurs à dénicher et il sera possible de changer d’arme à la volée via un raccourci pour vous adapter en temps réel aux différentes situations.
Enfin, les matériaux et les âmes récoltés joueront un rôle essentiel dans la progression de Musashi. Il sera possible d’améliorer son équipement (vêtements, katana et Gantelet Oni) afin d’augmenter ses statistiques. Le jeu proposera également plusieurs arbres de compétences dédiés aux techniques de Musashi ainsi qu’aux pouvoirs du Gantelet Oni. La capacité de renvoyer les projectiles est d’ailleurs celle que vous débloquez via le tutoriel. En effet, la démo gratuite nous mettait aux commandes d’un Musashi déjà légèrement plus puissant alors qu’elle se situe au tout début de l’aventure.
Après près de deux heures de jeu, Onimusha: Way of the Sword confirme les bonnes impressions laissées par sa démo. Sans chercher à révolutionner le genre, Capcom propose un jeu d’action accessible, spectaculaire et suffisamment technique grâce à ses parades, ses Issen et ses combats de boss exigeants. Porté par une direction artistique soignée et une identité mêlant drame historique et série B fantastique, ce retour d’Onimusha paraît déjà convaincant. Il reste désormais à voir si l’exploration, la progression et la variété des affrontements tiendront sur la durée, mais le potentiel est clairement au rendez-vous.







