Alien: Isolation 2 : nous avons joué à cette suite et elle nous a collé les Xénomiquettes
Douze ans après sa sortie, Alien: Isolation a largement eu le temps de laisser une trace dans le paysage du survival horror. Le titre de Creative Assembly n’avait pas fait l’unanimité en 2014, mais son approche radicale de la vulnérabilité et surtout son Xénomorphe imprévisible lui ont permis de progressivement acquérir une réputation assez particulière dans le milieu. Le défi d‘Alien Isolation 2 sera sans doute de retrouver cette tension, mais sans se contenter de replacer la même créature dans une nouvelle succession de couloirs. Durant la Gamescom 2026, nous avons pu jouer à la première demi-heure de ce nouveau cauchemar et autant dire qu’il nous a fait sursauter plus d’une fois.
La peur change de décor
L’histoire débute quelques mois après Alien: Isolation et abandonne Amanda Ripley comme protagoniste principale au profit de Blake, une employée de Weyland-Yutani. Creative Assembly garde encore une bonne partie du scénario secrète, mais les premières minutes placent notre nouvelle héroïne au sein d’une équipe envoyée sur une planète-colonie reculée. Une expédition rapidement perturbée par un vaisseau abandonné qui pousse le groupe à s’aventurer sous une violente tempête.
Ce passage constitue probablement le changement le plus immédiatement visible par rapport au premier jeu. Alien: Isolation reposait énormément sur le sentiment d’enfermement provoqué par Sevastopol, là où sa suite veut désormais alterner entre des espaces confinés et des extérieurs beaucoup plus exposés. Malheureusement, l’introduction relativement dirigiste ne nous a pas permis d’appréhender cette nouvelle directions plus ouverte.
- Alien isolation 2 preview 01
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Nous avons tout de même eu l’occasion d’explorer un peu les environs en se rendant sur le site du crash, le tout sous une pluie battante avec du vent, des éclairs et une visibilité réduite. Cela nous a permis d’admirer l’exploitation de l’Unreal Engine 5 par Creative Assembly qui semble plutôt bien maîtrisé pour le moment et nous place directement dans une ambiance pesante. On sait que cela va dégénérer et on sait ce qui va finir par se pointer, mais cette résignation constitue déjà la première source d’angoisse.
Après cette courte excursion, Blake rejoint une installation accidentée et Alien: Isolation 2 redevient immédiatement beaucoup plus familier. On retrouve les écrans analogiques, les gros interrupteurs, les éclairages défaillants et tout le rétrofuturisme industriel hérité du film de Ridley Scott, qui reste la référence principale du studio. Il faut alors récupérer différents composants afin de remettre plusieurs installations électriques en fonctionnement et progresser à travers les lieux. Les interactions restent volontairement très lourdes, avec cette impression de manipuler une technologie vieillissante qui nous fait perdre un temps fou. C’est aussi dans cette partie qu’un Android charcuté fait son apparition, une autre référence bienvenue au film de 1979, mais aussi à Alien Romulus.
Un Xénomorphe qui doit apprendre au grand air

Alien isolation 2 preview 03 // Source : The Creative Assembly
On peut déjà affirmer sans trembler que l’introduction d’Alien Isolation est bien amenée et n’est pas du tout poussive. Il prend le temps qu’il faut pour générer une tension sans trop tirer sur la corde pour introduire la menace que l’on redoute tous : le Xénomorphe. Dès qu’il entre en scène à l’intérieur du vaisseau abandonné, on retrouve immédiatement les sensations du premier jeu, comme si Creative Assembly voulait faire la passerelle entre les deux.
Se déplacer accroupi, surveiller les ouvertures, se glisser sous une table, utiliser les conduits ou lancer un objet pour faire diversion restent des réflexes essentiels. Rien ne sert de courir ou de paniquer, l’Alien ne nous laisse aucune chance et nous gratifie de morts particulièrement horribles et spectaculaires.
La vulnérabilité semble donc rester au centre de l’expérience, mais on attend de voir ce que le studio va apporter comme évolutions. Il promet néanmoins davantage d’autonomie. Un objectif pourra être relativement simple, comme traverser quelques pièces, mais plusieurs moyens devraient permettre de provoquer une ouverture ou modifier la situation.

Alien isolation 2 preview 04 // Source : The Creative Assembly
Reste évidemment le cas de l’intelligence artificielle. Creative Assembly affirme que le Xénomorphe a été retravaillé pour évoluer efficacement aussi bien en intérieur qu’en extérieur, avec des comportements adaptés à ces espaces plus vastes et davantage de variables capables d’influencer ses recherches. Le studio parle également d’une créature capable d’ajuster ses réactions selon les stratégies que l’on emploie.
Nous avons effectivement constaté une créature assez agressive, attentive au bruit et capable de fouiller les environs, mais une trentaine de minutes ne suffisent évidemment pas à démontrer qu’elle est fondamentalement plus intelligente. C’est probablement la plus grande frustration de cette première prise en main. Creative Assembly nous explique comment son prédateur va exploiter les espaces extérieurs, la météo et les nouvelles possibilités offertes par le level design, mais ne nous laisse pas encore réellement observer cette nouvelle chasse en conditions réelles.
Après douze ans d’attente, il est clair que Creative Assembly n’a pas cherché à transformer Alien: Isolation en quelque chose qu’il n’était pas. Le Xénomorphe reste une menace qu’il faut comprendre plutôt que combattre, chaque déplacement doit être pesé et le sound-design constitue toujours une variable majeure (en plus d’être excellente) que ce que l’on voit à l’écran. L’idée d’étendre cette logique aux tempêtes, à des environnements extérieurs et à une IA devant gérer davantage de variables est particulièrement intéressante. Mais ce sont précisément ces éléments que cette première démo nous empêche encore d’expérimenter. Alien: Isolation 2 nous montre tout de même qu’il a retrouvé sans difficulté l’identité de son prédécesseur. Reste maintenant à voir si son nouveau terrain de chasse lui permettra réellement de faire évoluer la formule plutôt que de simplement la reproduire à plus grande échelle.

