Metro 2039 – On a joué à ce nouvel épisode qui promet d’être encore plus sombre

Annoncé pour la toute première fois durant le Summer Game Fest, Metro 2039 s’est montré à nouveau lors de l’Opening Night Live de Geoff la nuit dernière. Cela fait plus de sept ans que l’on n’avait pas eu un nouveau jeu Metro, et l’annonce d’un nouvel épisode de la franchise sonne toujours comme une petite excitation, tant les titres sont autant de qualité que les livres de Dmitry Glukhovsky. Bien évidemment, le FPS est toujours développé par 4A Games qui travaille d’arrache-pied pour sortir le titre en février prochain, et le soft a pu enfin se laisser approcher pour la première fois durant une assez longue session de jeu pour le moins confortable. Sommes-nous devant l’épisode le plus sombre, immersif et donc abouti sur cette première prise en main ? Premier élément de réponse dans notre article impression sur le FPS des Ukrainiens de 4A Games.

Le nouveau jeu Metro 2039 // Source : 4A Games

Retour à Moscou pour le pire

Si vous entendiez poursuivre les péripéties d’Artyom dans Metro 2039, sachez que ce ne sera plus le cas. Et finalement ce n’est pas plus mal, dans la mesure où à notre sens, l’arc narratif d’Artyom se termine réellement à la fin de Metro Exodus. Du coup, le titre va nous envoyer logiquement en 2039 et une nouvelle fois à Moscou.

4A Games a la volonté de proposer ici une continuation de ce qu’il s’est passé dans la ville après qu’Artyom et les Spartans se soient enfuis vers d’autres horizons. Du coup, nous allons donc incarner l’étranger, soit un personnage encore mystérieux. Ce dernier aura pour objectif de traquer un certain Hunter, qui n’est autre qu’un dictateur semant la terreur dans les métros moscovites, et désormais le leader du Novoreich.

Globalement, c’est tout ce que nous pouvons savoir sur l’intrigue du jeu pour le moment, et même la build que nous avons testée a coupé quelques cinématiques spécifiques pour éviter tout spoil. Toutefois s’il y a une chose qui nous rassure, c’est que Dmity Gloukhovski est de nouveau à l’écriture. Nous pourrons ainsi profiter à nouveau de son écriture déjà réussie dans les précédents opus, tout en gardant une certaine cohérence dans l’univers de Metro, vu qu’il est l’auteur des bouquins éponymes.Pour le moment, Metro 2039 reste en tout cas bien mystérieux du peu que nous avons pu en voir sur cette session. L’écriture semble tout du moins largement au niveau d’un Metro Exodus avec des personnages paraissant intéressants, et il est toujours aussi plaisant de vadrouiller dans les métros poisseux et inquiétants de Moscou.

Une chose est sûre, les sombres auront encore leur importance dans ce nouvel opus au même titre que Hunter et son côté propagandiste et dictatorial qui semble cacher une raison plus profonde que ça. D’ailleurs, sachez que nous ne savons toujours pas s’il y aura des choix à faire comme les précédents volets, soit une chose qui sera à vérifier à sa sortie en février prochain.

Metro 2033 qui fait le poutou à Metro Exodus

Si nous faisons d’abord référence à Metro 2033, c’est parce que 4A Games veut ici proposer une narration aussi forte que le premier opus de la licence. Cette session a pu nous emmener justement à Sevastopolskaya, une station de métro qui déborde de vie. Metro 2039 reprend ainsi les forces de ses prédécesseurs, tout en restant dans une ambiance des plus sombres où l’espoir n’a plus sa place.

Il faudra effectivement s’attendre à une mise en scène qui va embrasser très clairement le surnaturel avec notamment un passage dérangeant dans une école élémentaire. Une chose est sûre : 4A Games veut nous plonger dans cette ambiance oppressante et anxiogène qui a toujours fait la sève des jeux Metro. Et franchement, l’ensemble a l’air vachement maîtrisé rien que sur la preview que nous avons testée.

Metro 2039 se la joue également Metro Exodus, avec ce côté semi-ouvert qui nous avait beaucoup plu sur le précédent volet, même s’il y a encore beaucoup de questionnements à ce sujet. Concrètement, la preview nous a donné la possibilité, après avoir quitté Sevastopolskaya, d’aller en vadrouille à la surface d’une Moscou ultra radioactive et dévastée.

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Moscou toujours aussi abimée // Metro 2039 // Source : ActuGaming

On pouvait de nouveau jeter un œil sur la map via notre mythique bloc-notes, et ainsi choisir d’aller dans les bâtiments qui s’offraient à nous, que ce soit une pharmacie, un garage délabré et hautement radioactif ou encore un hôtel grouillant de goules voire un bâtiment militaire jonché de sbires de ce bon vieux Kaban que nous devions retrouver. Le tout pour mettre la main sur Hunter, voici ce que l’on pouvait globalement faire.

Ici, vous pouviez aller dans le bâtiment que vous vouliez, avec justement un aspect exploration qui vous récompense grassement. Il n’était pas rare de tomber sur des portes à codes, et ainsi lire quelques notes afin de finalement mettre la main sur le code, et accéder à la pièce remplie de ressources, munitions ou des plans pour votre arsenal (nous y reviendrons plus tard).

Cet aspect est vachement gratifiant, bien que nous avions grandement l’impression que cette sensation de liberté nous a semblée parfois assez dirigiste. Quand un Metro Exodus proposait des niveaux vraiment ouverts, celui-ci vous propose d’aller dans divers bâtiments, mais avec une finalité dirigiste vous forçant à aller obligatoirement dans des endroits dédiés, afin de revenir à votre point de départ. Cela fait tiquer, et on se demande encore comment sera agencée l’intégralité du jeu à sa sortie, même si les passages plus narratifs sont clairement plaisants, avec ces séquences plutôt stressantes dans les métros de Moscou qui font leur petit effet.

De la survie à la Exodus, c’est un grand oui ?

La survie est de retour dans Metro 2039, et elle fait clairement plaisir. On retrouve ici le masque à gaz à base de filtre à mettre pour éviter de suffoquer, tout en devant faire attention à ne pas trop s’approcher d’objets métalliques. Tout ceci combiné à la radioactivité de la surface, vous pourrez être rapidement exposé et ainsi voir le niveau de filtre fondre à vitesse grand v. Il sera donc primordial de vous éloigner rapidement de cette radioactivité, et ainsi bichonner vos précieuses minutes de filtre qui restent cruciales pour votre survie.

Cette mécanique est bougrement grisante, d’autant que le titre est encore plus immersif avec les quelques nouveautés à souligner, comme les lampes à UV voire la vision nocturne. La première va vous permettre de repérer plus facilement les goules endormies pour moins vous faire surprendre, ainsi que repérer les moindres fluides corporels et trouver des indices importants. Quant à la vision nocturne, celle-ci va vous donner la faculté de voir à travers des endroits brumeux par exemple.

Ces deux éléments apportent de la complémentarité au gameplay, au même titre que le Shatun. Bien que cette pétoire à base de rechargement pneumatique a déjà été aperçue dans Metro Exodus, ce nouveau joujou peut tirer des fléchettes létales au premier coup. Ils couteront des ressources importantes, et sachez que vous pourrez même les récupérer sur les cadavres après les avoir lancé sur eux, tout en faisant attention à bien recharger l’arme en la pompant afin de conserver une puissance de feu optimale.

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L’architecture typique de la série // Metro 2039 // Source : ActuGaming

Cette arme reste cependant jubilatoire, et notez que l’établi fera aussi son retour. Via des planques que l’on a pu trouver en progressant (permettant aussi de sauvegarder la progression), vous pourrez personnaliser vos armes au niveau de la crosse, la visée, la bouche de l’arme et j’en passe. Il est même possible de crafter de nouveaux éléments pour la pétoire à condition de trouver les plans d’équipement que nous avons cité plus haut, et ainsi améliorer ses statistiques.

Qui plus est, vous pourrez y fabriquer des munitions, consommables voire de changer d’armes ou de tenues. On notera par ailleurs que récupérer des armes que vous n’avez pas encore sur les ennemis donne la possibilité par la suite de les équiper quand vous voulez, à condition de trouver un établi.

Globalement, l’aspect crafting déjà amorcé dans Metro Exodus reste presque inchangé dans le principe, si ce n’est que l’interface est franchement plus intuitive et facile d’utilisation. Au passage, notez que vous pouvez aussi utiliser votre sac hors établi, mais vos possibilités seront plus limitées qu’autre chose, comme chez son prédécesseur.

On pourra à la rigueur noter quelques éléments qui permettent de personnaliser hautement votre héros de manière un poil plus détaillé, et encore. 4A Games a en réalité peaufiné ce système d’établi sans vraiment le bousculer, même si on retrouve quand même cet aspect préparation qui sera primordial avant de se frotter à des combats rudes, dont contre les mutants. En effet, foncer tête baissée dans les rues de Moscou n’est pas une bonne idée, des mutants rôdant dans les alentours et pouvant vite vous prendre en chasse.

Des gunfights convaincants, avec une infiltration encore bancale ?

Sur le côté affrontement, 4A Games n’a pas fait les choses à moitié. Globalement, on retrouve un feeling assez réaliste dans le comportement des armes qui claquent bien et avec un bon impact. Cela donne lieu à des gunfights pour le moins nerveux, et avec un certain peps mine de rien. En tout cas sur cette version preview qui a duré un peu plus de deux heures et demi dans son contenu, il faut dire que les combats ont pu donner lieu à une difficulté parfois tarabiscotée en normal, notamment du côté des mutants.

Dans tous les cas, l’approche ne sera pas la même face à des humains et des mutants. Car au niveau du bestiaire, Metro 2039 a conservé les bestioles des précédents jeux Metro, tout en nous offrant des créatures toujours plus impressionnantes, et surtout plus robustes. Et si vous avez détesté les crevettes mutantes dans Metro Exodus, vous ne serez absolument pas ravis de les retrouver dans Metro 2039, ces dernières donnant eux aussi du fil à retordre.

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Des créatures toujours aussi immondes // Metro 2039 // Source : ActuGaming

Vous l’aurez compris, 4A Games semble avoir réussi pour le moment les gunfights qui sont transcendants, variés dans l’approche, et avec une IA qui nous a paru cohérente surtout sur les mutants. Effectivement sur les ennemis humains, l’infiltration, c’est toujours compliqué. Si tout repose encore sur le bruit ou le fait de rester dans l’ombre, il est pratiquement impossible de ne pas se faire voir trop rapidement, vous obligeant à faire parler la poudre directement.

C’est un aspect dommageable, et même la dernière partie de la preview vous force à foncer dans le tas… Cependant rassurez-vous vous pouvez vous la jouer fine dans les rues de Moscou, ce qui peut vous faire économiser mine de rien pas mal de munitions face aux mutants. Il n’y a ainsi pas que du mauvais à retirer mais oui, on aurait aimé une infiltration mieux fignolée, à moins que cela ne soit mieux sur le reste du jeu. On pourra peut-être aussi pester sur certains éléments de sélection des armes, sûrement encore en développement, et qui ne marchaient pas forcément bien.

Technique et direction artistique maitrisées ?

S’il y a bien une chose que l’on ne pourra pas enlever à Metro 2039, ce sera forcément son moteur graphique. Avec le 4A Engine qu’utilise le studio depuis pas moins de 20 ans, autant dire que le moteur ne cesse d’impressionner d’épisodes en épisodes. Concrètement, Metro 2039 s’annonce franchement clinquant visuellement, avec des effets impressionnants qui embellissent les décors, et des effets visuels qui font clairement leur effet.

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Il faut partir bien équipé // Metro 2039 // Source : ActuGaming

En plus, le titre que nous avons testé via Geforce Now et dans une configuration doté d’une RTX 5080 notamment en cloud, faisait largement le boulot et avec une optimisation remarquable. Il y aura certainement des couacs avec une modélisation visuelle des visages pas super convaincante certes, mais le titre sera d’une beauté sans nom, c’est certain.

Enfin, sa direction artistique sur cette version testée, promet justement des panoramas toujours plus dingues. En dehors des métros glauques et pas forcément très propres, nous avons là une Moscou post-apo désolée qui fait encore une fois son effet. Le design des mutants et des goules est toujours terrifiant et il n’y a pas de doute : Metro 2039 va encore une fois frapper fort par ses décors saisissants. En tout cas après cet aperçu, on veut en voir plus !

Metro 2039 nous a laissé une très bonne impression avec cette première prise en main. Si l’on déplore les défauts qui sont le péché mignon de la licence, le studio ukrainien 4A Games maitrise bien son sujet. Le retour à Moscou est une bonne idée, l’intrigue semble intéressante sur le papier, et le gameplay reste efficace en reprenant des éléments de gameplay de Metro Exodus qui fonctionnaient déjà très bien. Si nous pouvons pinailler sur un manque de prise de risque dans le système de jeu global, le titre semble s’être amélioré par petites touches dans le bon sens, et on espère que le soft nous réserve encore des surprises dans le jeu final. On est excité de replonger dans cette Moscou post-apo, rendez-vous en février prochain pour sa sortie sur PC, PS5 et Xbox Series.