On a pu prendre en mains Fable, avec une démo qui nous laisse avec plus de questions que de réponses

Playground Games ne s’est pas attaqué à une tâche aisée en prenant en charge la série Fable. Pas seulement parce qu’il s’aventure sur un terrain dont il ne sait rien (celui de l’action-RPG), mais parce qu’il ressuscite une série qui cristallise beaucoup d’attentes. Des espoirs qui ne pourront pas être comblés dans la mesure où Lionhead n’est plus, ce qui nécessite un petit changement d’identité pour la licence afin qu’elle corresponde à la vision qu’en a Playground Games. Afin d’en voir ce qu’en a fait le studio, nous avons pu y jouer pendant 40 minutes à la Gamescom, le temps d’une courte démo recommencée deux fois.

Fable // Source : Xbox

En parlant de choix

Avant toute chose, reconnaissons que l’on ressort sans grande réponse suite à ce premier contact avec Fable. Non pas que nous n’ayons rien à vous dire ici, mais Playground Games a fait le choix des plus curieux d’axer cette démo sur le combat, ce qui n’est pas forcément le premier aspect qui nous vient en tête en pensant à Fable. À leur crédit, produire une démo aussi courte pour un tel salon est un véritable casse-tête pour un jeu comme celui-ci, qui a besoin d’un peu plus de temps pour respirer. Alors on prend ce que l’on a, même si le jeu ne se montre peut-être pas sous son meilleur jour.

Playground Games a au moins voulu jouer franc jeu avec cette démo (retranscrite sur le Xbox Wire), qui nous a été présentée sur un PC avec une configuration recommandée, avec des paramètres en médium. Cela n’a l’air de rien, mais c’est particulièrement rare lors de salons comme la Gamescom, où les machines suréquipées jouent les radiateurs vers vos jambes. C’est sans doute car le studio est particulièrement confiant sur l’aspect technique de son jeu, qui tournait comme un charme. Il nous a peut-être bernés en nous plongeant au milieu d’un niveau très brumeux, mais force est de constater qu’à défaut d’être un foudre de guerre, Fable devrait tourner convenablement même si vous n’avez pas dépensé votre budget vacances des cinq prochaines années dans votre carte graphique.

Pas besoin d’huile de coude, mais…

Trêve de préambule : Fable, ça vaut quoi ? Eh bien, on ne sait pas ce qu’il en est de la narration, des choix, des dialogues, du système de moralité ou de l’exploration, mais on peut au moins vous dire ce que l’on pense du gameplay. La démo qui nous était proposée se déroulait à peu près au milieu de l’aventure, lorsque notre protagoniste va rejoindre son collègue héros Humphry pour trouver Isabela, qui devrait être l’antagoniste de cet épisode. Le duo devait alors s’aventurer dans des cavernes infestées d’esprits qui réanimaient des squelettes, avant d’aboutir dans une forêt où la brume cachait une créature plus redoutable.

Playground Games a donc voulu nous montrer à quel point le système de combat répondait bien, et à propos de cela, on n’en est pas tout à fait certain. Fable dispose d’un système on ne peut plus classique avec des attaques légères et puissantes, une arme à distance et quatre sorts qui peuvent être réutilisés après un cooldown. On ne s’attendait pas réellement à plus de complexité, du moins pas pour une série comme Fable.

Sans être désagréable, le gameplay paraît cependant un tantinet lent. Là encore, avec Fable, on est habitué à la chose, et allez savoir si le choix de nous donner une massue comme arme unique n’était pas une erreur, mais on peut ressentir une certaine lourdeur qui ne plaira pas à tout le monde. Sans doute car le jeu va réellement au bout de ses animations. Tous les mouvements paraissent naturels à l’écran, et le jeu nous laisse même savourer les esquives avec un ralenti. En résultent des joutes « réalistes » et réactives qui ne sont pas saccadées, mais qui manquent peut-être de rythme.

Allez savoir si c’est aussi pour cela que les sorts paraissent si standards (pour ce qui est des effets visuels), loin de vous donner un sentiment de surpuissance. Fable vous donne l’occasion d’incarner un Héros dans un monde qui en besoin, la série n’abandonne pas pour autant son aspect terre-à-terre. Même si on peut transformer les ennemis en poulet, parce que la licence a besoin de cette touche d’humour.

Une question de cran

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Fable // Source : Xbox

Cette impression de « lenteur » s’est un peu estompée lors de notre deuxième session, sur le même segment mais avec un personnage mieux équipé et avec un mode de difficulté un peu plus corsé. On comprend rapidement que le mode « Normal » est une promenade de santé et qu’il vous faudra toucher à quelques réglages si vous souhaitez un peu plus de défis. Au moins, sur ce point, Playground Games a fait un sans-faute avec plusieurs modes que vous pouvez changer à la volée, et des tas de paramètres pour mieux personnaliser l’agressivité et l’intensité des combats. Avec une arbalète dans les mains, des sorts plus offensifs et des ennemis prenant davantage d’initiative, Fable montre un meilleur visage.

Même constat du côté de l’ambiance, qui est au rendez-vous même si la séquence présentée manquait de légèreté. Si l’on regrette vraiment l’absence d’un doublage anglais, force est de constater que la série a énormément de charme lorsque l’accent british est de la partie. Mais sans choix à faire ni de conséquence à assumer, cette démo était trop linéaire pour que l’on en retire davantage. Les cadres de Playground Games présents sur place nous ont au moins assurés qu’il était possible d’entretenir une mauvaise relation avec Humphry (au lieu de la politesse qui régnait ici), de quoi changer quelques lignes de dialogues dans cette séquence très dirigiste. Car Fable ne possédera pas réellement de système d’alignement moral, mais chaque PNJ – important ou mineur – aura une forte opinion de vous selon vos actions.

Dire que l’on est ressorti de cette démo en étant circonspect est un faible mot. Au-delà du choix de cette présentation, il apparait évidemment qu’en dépit d’un système correct, bien animé et sans problème majeur, Fable ne brillera pas dans le feu de l’action, sauf si les outils proposés dans le jeu final nous autorisent un peu plus de fantaisie. On reste confiant sur le reste, mais prudent.