Les boutiques réagissent à l’arrêt de production des jeux physique chez PlayStation
L’arrêt de production de jeux sur disque chez PlayStation n’a pas fait qu’agacer le public. Cette décision a presque signé l’arrêt de mort des boutiques spécialisées. S’il sera toujours possible de vendre des jeux en boîte avec un code à l’intérieur, ces enseignes risquent de perdre un bon nombre de clients à cause de cette mesure peu populaire. Certaines d’entre elles ont déjà pris la parole pour afficher leur sidération devant cette affaire.
La fin d’un business, et de la préservation
C’est par exemple le cas de la boutique spécialisée iam8bit, qui distribue des jeux physiques de nombreux éditeurs et studios indépendants, qui n’atterrissent pas forcément dans les grandes surfaces. Sur BlueSky (relayé par Eurogamer), la direction de la boutique a affiché sa tristesse suite à la décision de Sony :
« Nous sommes profondément déçus par la décision de Sony de suspendre la production de jeux physiques dès 2028. Les jeux physiques sont vitaux pour la préservation des jeux, pour la possession de ceux-ci, et pour les choix laissés aux consommateurs, des valeurs qui ont été celles de iam8bit depuis notre premier jeu physique sorti en 2016. Notre engagement envers ces valeurs demeure inchangé. Longue vie aux jeux physiques. »
Même son de cloche du côté de Red Art Games, qui déplore la situation :
« L’annonce de Sony concernant l’abandon progressif des supports physiques d’ici 2028 nous a profondément touchés ; pour nous, chez Red Art Games, il ne s’agit pas simplement d’une décision industrielle. C’est un choc qui nous atteint au plus profond de nous-mêmes, car notre amour pour le disque PlayStation est indissociable de notre identité. Pour nous, le jeu physique est bien plus qu’un simple format, c’est une question de propriété, de préservation et de passion. Nous restons engagés à mener à bien notre mission en vous proposant des éditions physiques de qualité pour les jeux que vous aimez. »
La Video Game History Foundation, qui se bat pour la préservation des jeux, a également pris la parole. Si elle s’indigne de la situation, elle rappelle cependant qu’elle n’est qu’un pas de plus vers quelque chose qui a été enclenché il y a longtemps, étant donné que même les jeux physiques aujourd’hui ne peuvent pas forcément être bien préservés, à cause de certaines connexions et patchs demandés. En revanche, l’organisme déplore le fait que personne dans l’industrie ne prenne des mesures pour la préservation :
« Ce qui continue d’être affligeant, c’est que l’industrie attend des institutions comme la nôtre de faire quelque chose à propos de cela. Si les producteurs de plateformes décident d’éliminer les jeux physiques et les boutiques sur les vieilles machines, alors nous aimerions voir des groupes importants comme l’Entertainment Software Association offrir des solutions pour les archives et les musées afin de préserver légalement le contenu numérique et le rendre accessible à la recherche. Tout le monde s’accorde à dire que c’est un problème, mais l’ESA s’est souvent opposée aux efforts des institutions pour repenser les lois autour de la protection numérique, ce qui aurait pu nous faciliter la tâche. Cette industrie a besoin de vraiment penser à ce problème, car demander à des musées de télécharger une copie de GTA 6 et espérer qu’elle va tourner dans 50 ans n’est pas une solution de préservation. »
Pas certain que toute cette grogne fasse vraiment bouger les lignes si Sony s’entête à penser sa PS6 comme une console entièrement tournée vers le numérique. D’ici là, ces boutiques vont devoir malgré elles repenser leur avenir, en espérant le moins de casse possible.