Le rachat d’EA par l’Arabie saoudite était le « dernier clou dans le cercueil » de BioWare selon le cofondateur du studio

La fermeture de BioWare n’est pas liée qu’à un seul facteur, si ce n’est l’incompétence d’Electronic Arts à gérer comme il faut ce studio iconique. Pour beaucoup, le rachat de l’éditeur par un consortium mené par le PIF, c’est-à-dire le fonds d’investissement géré par le gouvernement d’Arabie saoudite, est la principale raison derrière tous ces licenciements. C’est forcément un peu plus complexe que cela, mais pour Greg Zeschuk, qui a cofondé BioWare, nul doute que cette acquisition a accéléré les choses.

Mass Effect Universe // Source : BioWare

Les jeux de sports avant tout pour le nouveau propriétaire

S’il a quitté BioWare et l’industrie d’une manière plus large en 2012, Greg Zeschuk avait forcément un commentaire à faire à propos de la fermeture du studio qu’il a cofondé. Interrogé à ce sujet par 80LV, il affirme que le rachat d’Electronic Arts a en quelque sorte été le « dernier clou dans le cercueil » de BioWare, car le nouveau propriétaire cherche des paris plus sûrs, notamment les jeux de sport et peut-être quelques épisodes de Battlefield :

« Tout le reste est, à mon avis, assez accessoire. BioWare crée des jeux atypiques, complexes et longs à développer, donc il est plus simple de sortir des jeux de sport tous les ans, pour qui cela représente un meilleur modèle économique. »

Difficile de le contredire ici, même s’il reste le jeu Iron Man chez EA Motive et la saga Star Wars Jedi chez Respawn, qui sont pour l’instant à l’abri des coupes budgétaires. S’il veut laisser toute colère de côté étant donné que son passé chez Bioware est loin derrière lui, il reconnaît que les dirigeants ont perdu de vue comment il est possible de créer des grands jeux. Cela passe selon lui par des équipes expérimentées qui passent des années à affiner leurs compétences, ce qui n’est plus possible lorsque les équipes sont démantelées. C’est encore moins possible avec de l’IA :

« Il existe cette étrange croyance selon laquelle on pourrait recréer d’excellents jeux avec des personnes au hasard et de l’IA. Ça ne fonctionne pas. »

Il en rajoute une couche sur les cadres en précisant que ceux qui prennent les décisions sont trop souvent ceux qui n’ont jamais participé à l’élaboration d’un jeu, illustrant ainsi leur ignorance aux dépens des équipes qui mettent la main à la pâte. Sans doute un mot pour Andrew Wilson, actuel PDG d’EA.