The Crew Motorfest : Notre avis sur la version Nintendo Switch 2 du jeu de course arcade en monde ouvert d’Ubisoft
A défaut d’être la franchise la plus populaire d’Ubisoft, The Crew est parvenu à trouver son public avec le temps. En effet, plus de 40 millions de personnes y avaient déjà joué au moins une fois fin septembre 2023 et, ces chiffres, elle le doit en grande partie au succès rencontré par The Crew Motorfest. Disponible depuis trois ans sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One et Xbox Series, le dernier opus en date de la saga a convaincu la critique, les joueurs et les joueuses dès sa commercialisation, au point de devenir rapidement le « meilleur lancement pour un épisode de la série » selon l’éditeur français.
Souhaitant logiquement capitaliser au maximum sur cet engouement, Ubisoft Ivory Tower, le studio lyonnais à l’origine du jeu de course arcade en monde ouvert, s’est alors attelé à fidéliser la communauté qui s’est créée autour de son titre par la suite, en déployant de nombreuses mises à jour diverses et variées. Dans le cadre de ce suivi post-lancement, les développeurs ont notamment sorti une version Nintendo Switch 2 de leur production le 8 octobre 2026. Tarifé à 49,99€, ce portage sur la console hybride japonaise vaut-il le coup qu’on s’y intéresse ? Voici notre réponse après l’avoir essayé pendant environ 7h, en mode TV et portable, par l’intermédiaire d’une édition numérique fournie par la firme tricolore.
Hawaï, un terrain de jeu encore plus vaste et généreux qu’en 2023
Après en avoir profité pendant une bonne vingtaine d’heures en 2023 sur PlayStation 5, nous sommes donc retournés sur The Crew Motorfest, le Forza Horizon-like français, par le biais de sa version Nintendo Switch 2. Nécessitant toujours un compte Ubisoft et une connexion internet permanente pour y jouer (même en solo !) en attendant l’arrivée de son mode hors-ligne, le titre d’Ivory Tower nous emmène à Hawaï, l’archipel paradisiaque américain localisé en plein océan Pacifique.
Sur place, nous sommes invités à arpenter librement la région en long et en large, tout en ayant la possibilité de participer aux multiples activités solo et multijoueur proposées dans le cadre d’un immense festival appelé « le Motorfest ». Playlists composées d’épreuves thématiques, défis annexes à relever, quêtes photos, collectibles à récupérer… cet événement se montrait déjà fort généreux en contenu il y a trois ans et il l’est encore davantage au moment d’écrire ces lignes.
Par exemple, en complément de l’extension progressive de son terrain de jeu aux îles connexes de l’archipel, le nombre total de playlists a augmenté. Parmi la quinzaine qui a été ajoutée, « Luxury Chronicles » se penche sur les histoires derrières plusieurs voitures de luxe internationales, « Red Bull Speed Clash » nous confronte à des disciplines et bolides lié(e)s à la marque autrichienne, et « Off-Roading Addict Vol. 2 » nous demande d’emprunter des tracés assez casse-cou au volant de véhicules tout-terrains. Deux autres sont aussi consacrées aux constructeurs Ferrari et BMW, une a été créée en partenariat avec le NASCAR, et une, intégrée au lancement de la Saison 11, s’amuse même à nous mettre dans la peau d’un véritable explorateur chargé de cartographier Kaua’i sans l’aide d’un GPS.
Côté roster, sans surprise, celui-ci reste majoritairement constitué de voitures. Cependant, ce sont désormais près de 870 véhicules différents qui peuvent être pilotés, alors qu’il y en avait environ 600 en 2023. De plus, le studio lyonnais a enfin implémenté un véritable éditeur d’épreuves pendant la Saison 9, par l’intermédiaire du mode « TrackForge ». Bien qu’il soit encore en bêta, ça ne l’empêche pas de nous proposer un catalogue d’outils suffisamment solide pour nous laisser imaginer et partager nos propres événements avec la communauté (rallye, course sur circuit, contre-la-montre, parcours de drift, etc.)
Un portage plus plaisant en mode TV que portable
Le tour du propriétaire étant terminé, que vaut réellement cette version Nintendo Switch 2 ? Tout d’abord, sachez qu’Ivory Tower n’a pas chômé pour nous offrir une jouabilité convaincante en utilisant les Joy-Con. Qu’elles soient attachées ou non à un support, la conduite avec ces manettes entre les mains nous procure des sensations presque comparables à celles que nous avions ressenties avec la DualSense en 2023. Le plaisir procuré par le gameplay arcade de The Crew Motorfest est donc intact, même si les contrôles peuvent parfois être moins précis par leur biais et que l’IA des bots adverses a mal vieillie en seulement trois ans.
Sur le plan technique, les développeurs ne se sont pas pris la tête et ont choisi de viser des performances identiques en mode TV et portable, à savoir du 1080p/30 fps. Dans le premier cas (voir images ci-dessus), le cahier des charges est globalement rempli. Le jeu de course tourne bien, les temps de chargement sont très courts et, surtout, l’immersion au sein d’Hawaï est au rendez-vous. Sincèrement, malgré la présence de plus ou moins d’aliasing et de clipping en fonction de la densité de la zone dans laquelle nous évoluons, nous arrivons à bien profiter de la beauté graphique et artistique de l’état américain.
En revanche, le résultat est plus mitigé en configuration portable (voir captures ci-dessous). Sans être catastrophique non plus, le rendu visuel affiché par la production est effectivement moins agréable à l’œil quand nous avons la console entre les mains. Aliasing et clipping plus prononcés, gros retards dans l’apparition de certaines textures, baisses de framerate dans les environnements les plus chargées… les concessions techniques opérées par le studio lyonnais sont clairement plus présentes et nombreuses ici, ce qui nui davantage au plaisir de jouer. C’est dommage car, si nous mettons ces défauts de côté, le titre tourne, là encore, plutôt bien, les temps de chargement sont courts, et nous estimons à environ deux heures l’autonomie de la batterie sur une Switch 2 neuve ou récente. Peut-être aurait-il fallu se contenter d’une résolution en 900p, voire en 720p pour que le jeu fasse meilleure figure ?
Pour finir, voici quelques informations supplémentaires intéressantes à retenir concernant ce portage. Tout d’abord, aucun DLC payant, ni Season Pass, n’est inclus directement dedans. La présence du contenu gratuit ajouté ces trois dernières années vient largement compenser leur absence mais certains et certaines risquent de grincer des dents en apprenant ça, d’autant plus que les achats in-game effectués sur d’autres plateformes ne sont pas transférables dans cette version. Autrement dit, si vous possédiez le Pass de l’Année 1 ailleurs par exemple, vous devez repasser à la caisse pour en profiter à nouveau, et ce malgré la prise en charge du cross-save. Un comble quand on sait que les différents packs coûtent parfois jusqu’à 29,99€ individuellement à l’achat !
En vrac, notez également que le cross-play n’est compatible qu’avec quatre activités spécifiques : les Grand Race, le Demolition Royale, et dans les classements du Summit Contest et des épreuves. Sans surprise, un abonnement actif au Nintendo Switch Online est requis pour accéder aux fonctionnalités multijoueur. Aucun essai gratuit, ni système de Friend Pass, n’est disponible pour ce portage. Quant à l’édition physique, pour rappel, elle ne contient pas de cartouche mais une simple game key card (ou « carte clé de jeu » en français) à l’intérieur. Un « détail » que ne risque pas d’oublier les personnes qui vont devoir télécharger 58,5 Go minimum sans avoir la fibre.
Que retenir de The Crew Motorfest sur Switch 2 ? Sincèrement, porter ce genre de titres sur la plateforme hybride japonaise n’est jamais simple à réaliser. Certes, le jeu de course en monde ouvert n’était pas un foudre de guerre technique en 2023, surtout comparé à Forza Horizon 5 et 6, mais faire en sorte qu’il tourne correctement sur la console de Nintendo était loin d’être facile et nous trouvons qu’Ivory Tower s’en est assez bien sorti dans cet exercice. En mode TV notamment, il y a un vrai intérêt à découvrir l’archipel d’Hawaï sous tous les angles, tout en profitant du gameplay arcade plaisant offert par les Joy-Con et du contenu riche dont l’expérience dispose trois ans après sa sortie.
Toutefois, plusieurs défauts sont aussi présents et, entre un mode portable perfectible et les choix critiquables liés au modèle économique, une partie du public sera logiquement rebutée à l’idée de se laisser tenter par cette version. Vous l’aurez donc compris, ce portage a surtout vocation à essayer de séduire les joueurs et joueuses ne possédant pas encore la production ET qui n’ont pas les moyens d’en profiter dans de bonnes conditions sur PC ou les machines les plus récentes de Sony et Microsoft.




























