Avec Xbox Labs, Xbox veut explorer « de nouvelles technologies » et surtout se mettre à la page du vibe coding via IA

On pourrait croire qu’Asha Sharma lance une initiative par semaine chez Xbox ces derniers temps, histoire de bien imposer son style chez le constructeur et nous faire oublier l’ère Phil Spencer. Après la création de la division centrée sur les films et les produits dérivés, la nouvelle PDG veut désormais s’attaquer à une niche plus précise et émergente avec le Xbox Lab.

Le nouveau logo Xbox // Source : Xbox

Une réaction rapide à une tendance émergente

Et comment résumer le Xbox Labs en quelques mots, quand même la définition offerte par Asha Sharma est des plus vagues. Si l’on reprend ces mots, il s’agit là d’une petite équipe composée de développeurs, d’ingénieurs et de scientifiques chargée d’explorer de nouvelles idées liées aux progrès technologiques. Il faut en réalité y voir une réponse à la récente tendance des décompilations et de recompositions de jeux.

Une pratique mise en avant par quelques moddeurs sur PC qui utilisent ces techniques pour porter des jeux sur des plateformes qui n’étaient pas prévues à la base, comme ce qu’a montré un internaute il y a quelques jours avec Halo: Combat Evolved jouable sur navigateur. Au lieu de s’attaquer à ce projet qui pose forcément des questions de droits d’auteur et de piratage, Xbox a donc opté pour une autre solution en étudiant lui-même la technique (sans doute pour mieux la commercialiser légalement ensuite via des portages, remasters ou autre) :

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés et reconstruits pour tourner sur du hardware qui n’était pas prévu à l’origine. Des versions pour PC Windows ont été adaptées pour fonctionner sur Apple Silicon ou portées pour tourner dans un navigateur grâce à WebAssembly et WebGPU, ce dernier étant désormais pris en charge par près de 90 % des navigateurs dans le monde. Plus surprenant encore, certains des plus grands jeux de la planète ont été « remixés » pour s’intégrer au code source d’autres titres. »

Asha Sharma évoque aussi ici les mods qui ont récemment vu le jour via la notion de vibe coding, une pratique qui mise sur l’IA pour réécrire du code (l’avenir selon Tim Sweeney). Ce qui est amusant, c’est que Sharma fait tout son possible pour éviter complètement la notion d’IA générative dans sa déclaration, alors qu’il en est forcément question. Après tout, l’une de ses promesses de début de mandat était d’éviter « l’IA slop ».

La PDG effectue ici autant de pirouettes que nous devant Godrick et ses attaques mortelles. D’ailleurs, en parlant du boss d’Elden Ring (la transition est toute aussi habile), on a récemment vu un exemple de décompilation et de recompilation via l’intégration de Super Mario 64 dans le jeu de From Software, histoire de vous donner une idée de la tendance.

On ne pourra pas enlever à Asha Sharma qu’elle offre ici un moyen à Xbox de réagir rapidement à une pratique qui commence à faire un peu de buzz, tout en se l’appropriant pour mieux contrôler ce qui touchera à ses propres jeux. De là à savoir si c’était une priorité et ce qu’attendent les consommateurs Xbox, ça, c’est une autre question.