South of Midnight : Le directeur créatif du jeu indique qu’il ne l’aurait pas forcément financé s’il avait été à la place de Xbox

Compulsion Games œuvre à nouveau en solo maintenant que le studio a été racheté par ses dirigeants auprès de Xbox. Son directeur créatif, David Sears, a quant à lui quitté l’entreprise depuis l’an dernier et peut désormais revenir sur son expérience avec un peu plus de détachement. Au micro de MinnMax, il évoque par exemple le fait que South of Midnight était un pari financier que tout le monde n’aurait pas forcément pris, pas même lui.

South of Midnight // Source : Compulsion Games

« Ce n’était pas tenable »

Les propos de David Sears pourraient surprendre pris hors contexte, mais ce qu’il a à dire sur le financement de South of Midnight prend plus de sens lorsque l’on écoute l’interview un peu plus longuement. L’intéressé est revenu sur le fait que le jeu dont il a été le directeur créatif n’était pas spécialement destiné à connaître un succès commercial.

Il raconte qu’à l’époque, il a été étonné de voir que le projet a été financé par Xbox, car pour lui, les constructeurs et éditeurs n’étaient plus prêts à financer des jeux qu’il nomme comme étant « générationnels ». Il désigne par là des jeux qui vont résister à l’épreuve du temps, qui ont un message, et qui ne seront pas forcément rentables immédiatement. En voyant Phil Spencer laisser les Xbox Game Studios développer de nombreux jeux du genre, David Sears était évidemment ravi, mais a commencé à craindre le moment où tout allait s’arrêter brutalement. Un moment qui finirait forcément par arriver et qui ferait de gros dégâts.

Lorsqu’on lui demande s’il aurait limité les projets du genre s’il avait été à la place de Xbox, afin d’éviter cette situation, il répond à l’affirmative :

« Je voulais faire South of Midnight, pas de doute là-dessus. Et évidemment, nous l’avons fait. […] Mais avec le recul, cela semble évident que ce n’était pas tenable. Donc il y allait forcément avoir une conclusion choquante à tout cela. C’est facile de disséquer ça maintenant. Mais à l’époque, quand je parlais à d’autre directeurs créatifs, on se demandait pourquoi nous avions autant de chance. Est-ce que c’est une époque bénie ? Et je répondais que ça l’était, mais juste pour l’instant. Rome va forcément brûler un jour. J’ai toujours été inquiet à ce propos. »

En somme, il est reconnaissant à Xbox d’avoir financé ce type de projet, même si quelque part, il savait que cela allait forcément avoir des terribles conséquences un jour ou l’autre. Ce jour est arrivé sous la forme du « reset » de Xbox, avec une Asha Sharma qui veut désormais se focaliser sur les grosses licences avant tout, au lieu de parier sur des projets plus originaux comme South of Midnight.