Xbox : L’ex-COO du groupe, Helen Chiang, règle ses comptes avec Asha Sharma et compagnie suite à son renvoi

L’annonce du renvoi de Helen Chiang a fait grand bruit chez Xbox puisqu’il s’agissait là de l’une des personnes les plus importantes au sein de la hiérarchie du groupe. De plus, les raisons invoquées pour ce licenciement ont ajouté un peu plus d’incompréhension puisque cette vétérane a été renvoyée pour avoir « enfreint la politique interne » de Xbox, sans que l’on sache vraiment de quelle manière. Ce n’est pas plus clair aujourd’hui, mais Helen Chiang a décidé de prendre la parole pour régler ses comptes.

Le nouveau logo Xbox // Source : Xbox

Chiang conteste les raisons de son licenciement

On imagine que l’ex-COO de Xbox (un poste spécialement créé pour elle par Asha Sharma) est encore restreinte par des contrats de non-divulgation qui l’empêchent de parler dans les détails de son renvoi, mais elle souhaite tout de même clarifier certaines choses qui ont pu égratigner son image. Dans un long post LinkedIn qui s’attaque aux rumeurs à propos de licenciement, Chiang n’hésite pas à contester les raisons de son départ tout en adressant des piques bien ciblées aux dirigeants de Xbox.

Il suffit de voir l’en-tête du message pour s’en rendre compte : « Clarity is Kindness » (« la transparence est de la bienveillance »). Un slogan qui renvoie à Asha Sharma, puisque cette dernière l’a beaucoup utilisé par le passé lors de la justification du « reset » de Xbox. Le ton est donné :

« Mon départ de Microsoft a donné lieu à diverses spéculations, notamment des affirmations selon lesquelles j’aurais été « licenciée pour violation de la politique interne ». C’est faux, et même si je ne souhaite pas entrer dans les détails, mon silence ne doit pas être interprété comme une forme de confirmation. Ce qui a été dit à propos de mon départ et ce qui a été passé sous silence a dressé un portrait de moi dans lequel je ne me reconnais pas. Mettre les choses au clair est important pour moi. »

Elle cite ensuite quatre rumeurs au sujet de son départ qui proviennent essentiellement d’hypothèses nées sur les réseaux sociaux. Chiang affirme dans un premier temps n’avoir fait fuiter aucune information confidentielle à la presse, même si l’on ignore de quoi elle parle précisément ici.

Elle n’a pas non plus quitté Xbox pour rejoindre un concurrent, indiquant qu’au contraire, elle souhaitait œuvrer chez Microsoft pendant tout le reste de sa carrière. Le troisième point est sans doute le point le plus important pour elle, puisqu’elle nie avoir « discriminé, intimidé, harcelé » quelqu’un, tout comme elle précise n’avoir jamais pratiqué une quelconque activité frauduleuse qui aurait pu mener à son renvoi.

Chiang continue en déclarant qu’elle n’a pas refusé un autre poste chez Xbox, allant toujours là où elle était demandée, comme en juillet dernier lorsqu’elle a été placée au poste de COO :

« Je crois en l’équité, la responsabilité et l’exigence que nous avons envers les autres. Ces exigences n’ont de sens que si elles sont appliquées de manière cohérente. Je suis profondément préoccupée par la façon dont elles ont été appliquées dans mon cas, et je crois que ces préoccupations méritent d’être prises au sérieux. Je partage ceci car je ne veux pas que mon départ soit réduit à une fausse histoire d’incompétence, d’ambition démesurée pour un poste prestigieux ou d’un scandale niveau Nelson. »

Pour ce dernier point, n’y voyez pas de référence à Major Nelson (Larry Hryb), figure emblématique du groupe. Il s’agit là d’une désignation en interne faisant référence à des vidéos censées apprendre des leçons sur le règlement chez Microsoft, qui mettent en scène un personnage nommé Nelson.

« C’est un véritable cirque »

L’histoire ne s’arrête pas là. En réponse à ce post LinkedIn, Shannon Loftis a elle aussi voulu s’attaquer à la direction de Xbox. Cette dernière a travaillé plus de deux décennies chez Microsoft et a quitté l’entreprise en 2022 alors qu’elle occupait la place de vice-présidente des Xbox Game Studios. Dans son message, elle apporte son soutien à Chiang tout en taclant au passage Asha Sharma et toute son équipe (sans doute Matt Booty au passage) :

« Cette « fuite » (d’informations erronées, dans quel but, au juste ? Amusons-nous à deviner qui a pris une telle décision) témoigne d’une perte de sens moral et d’un manque de « clarté » au sein de la direction de Xbox. Une véritable équipe de direction aurait traqué sans relâche l’auteur de cette fuite et pris les mesures qui s’imposent car les « questions confidentielles relatives au personnel » peuvent tout à fait servir de fondement à des poursuites pour diffamation. C’est un véritable cirque là-haut, et je plains sincèrement tous ceux qui doivent encore subir cette situation. »

Elle ne s’arrête pas là :

« On nous conseille de ne pas réagir aux rumeurs, sous prétexte que cela nous ferait paraître sur la défensive. Eh bien, voilà qui fait assurément les affaires de l’oppresseur. Comme je l’ai fait remarquer sous la publication d’Helen, une véritable direction chercherait activement à identifier l’auteur de la « fuite » initiale (peut-on encore parler de « fuite » lorsqu’il s’agit d’un mensonge ? Je pose la question pour un journaliste). Cette rumeur en particulier ne se contente pas de nuire à une femme brillante, dotée d’une intégrité profonde, elle jette également le discrédit sur un service des ressources humaines censé, en principe, protéger Microsoft contre des poursuites pour diffamation ou partialité. J’ignore ce qui se passe au sein de la direction de Xbox en ce moment, mais cela ne ressemble plus à l’entreprise que j’ai connue. L’avenir de Xbox s’annonce effectivement incertain. »

L’affaire ne fait donc probablement que commencer. Nul doute que des révélations autour du départ d’Helen Chiang seront au programme de ces prochaines semaines, lorsque les langues pourront se délier.