1001 Threads of Mizan : nous avons pris en main ce jeu d’action-aventure coopératif inspiré des Mille et Une Nuits
Dévoilé durant l’Opening Night Live de la Gamescom 2026, 1001 Threads of Mizan est le premier projet de MBC Game Studio, une structure née dans le cadre des investissements saoudiens destinés à développer l’industrie vidéoludique locale. Au-delà de ce contexte forcément observé de près, le titre entend surtout se faire remarquer par un univers encore assez rare dans les productions de cette ampleur, largement inspiré des Mille et Une Nuits et du folklore arabe. Quelques jours après son annonce, nous avons pu découvrir une version pré-alpha pendant une courte session de jeu accompagnée par un membre de l’équipe de développement. Une démonstration assez dirigée, mais qui nous a permi de mieux comprendre les ambitions du projet.
Les Mille et Une Nuits comme terrain de jeu
Plutôt que d’adapter directement l’un des récits des Mille et Une Nuits, MBC Game Studio cherche à construire son propre univers à partir de cette immense collection de contes et, plus largement, du folklore arabe. Le studio explique avoir imaginé un monde dans lequel ces différentes histoires auraient pu prendre place, ce qui lui permet de reprendre certaines figures connues tout en développant une intrigue originale.
L’histoire repose notamment sur une ancienne civilisation au sein de laquelle humains et djinns vivaient autrefois ensemble. Leur savoir combiné avait donné naissance au Mizancraft, une technologie associant l’ingéniosité humaine à la flamme des djinns et capable de produire des objets dont les propriétés semblent presque magiques. Une guerre a finalement conduit à la séparation des deux peuples et au bannissement des djinns dans leur propre royaume. Bien plus tard, la libération accidentelle de leur roi provoque une nouvelle menace pour l’humanité. Shahrazad, la célèbre conteuse, rassemble alors trois prisonniers, Yusra, Malik et Sufyan, afin de s’opposer à lui.
Cette volonté de puiser dans de nombreux récits a également une incidence sur la structure du jeu. Contrairement à ce que ses vastes panoramas pourraient laisser croire, 1001 Threads of Mizan ne sera pas un monde ouvert traditionnel. Le développeur présent durant notre session nous a décrit une organisation reposant sur un hub, depuis lequel on rejoindra différentes missions. La progression générale devrait ainsi rester relativement linéaire, tandis que les zones elles-mêmes proposeront davantage de liberté dans leur exploration et dans l’ordre de certains objectifs.
Une solution qui doit surtout permettre au studio de multiplier les environnements. L’aventure ne se cantonnera donc pas aux paysages désertiques aperçus durant cette première présentation. Nous devrions notamment pénétrer dans le royaume des djinns, décrit comme une sorte de monde invisible que les personnages ne pourront pas simplement rejoindre en se promenant. Des cités perdues et d’autres lieux plus fantastiques doivent également être au programme.
Notre démo ne donnait cependant qu’un aperçu très encadré de cette structure. L’équipe assume d’ailleurs ce choix puisque cette séquence d’une quinzaine de minutes avait été spécialement condensée pour la Gamescom. Le niveau présenté sera bien présent dans le jeu final, mais notre progression avait été largement « linéarisée » afin de montrer rapidement tout ce que le jeu propose (exploration, affrontement et combat de boss).
1001 Threads of Mizan ne se prend pas les pieds dans le tapis

1001 Threads of Mizan – On se la joue Aladin // Source : MBC Game Studio
Au sol, 1001 Threads of Mizan prend pour le moment la forme d’un jeu d’action à la troisième personne assez classique. Les trois protagonistes correspondent à des styles différents, avec notamment Yusra, qui peut combattre à distance avec son arc, Malik, davantage tourné vers la résistance et le corps-à-corps, et Sufyan, plus agile. Au niveau des commandes, on retrouve un kit très familier : attaques légères et puissantes, esquives, capacités spéciales. En dehors des rôles de chacun, il ne semble donc pas y avoir de synergie particulière au niveau du gameplay, ce qui est assez dommage.
Toutefois, ce qui le rend plutôt unique par rapport aux standards du genre, c’est l’utilisation du fameux tapis volant. Celui-ci peut être invoqué très rapidement et permet de passer presque instantanément des combats au sol aux manœuvres de voltige, et inversmeent. On peut prendre de la hauteur, accélérer, esquiver des projectiles ou replonger vers un ennemi, ce qui donne immédiatement plus de verticalité aux affrontements. Cette mécanique représente d’ailleurs l’un des piliers revendiqués par MBC Game Studio, qui veut rendre les phases de vol indissociables du reste de l’action.
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Nous l’avons surtout constaté avec Nazjush, un djinn gigantesque et boss de cette démo, autour duquel il fallait virevolter afin d’éviter ses attaques avant de profiter de différentes ouvertures. Une phase nous demandait par exemple de détruire successivement les yeux présents sur sa couronne dans un temps limité. Le résultat est parfois très chargé visuellement, mais cette confrontation illustrait bien le potentiel du tapis pour créer des combats de boss à la fois exigeant et spectaculaire.
Ainsi, le studio ne veut pas en faire un simple moyen de transport. Le développeur nous a expliqué que la version complète intègre davantage le tapis aux combats que ne le faisait cette démo simplifiée. Il pourra notamment servir à repousser ou entraver certains ennemis, avec différentes actions contextuelles. L’équipe le considère ainsi davantage comme un véritable « gadget » intégré à l’arsenal que comme un compagnon indépendant.
Jouable en coop et en solo

1001 Threads of Mizan – Tapis dans l’ombre // Source : MBC Game Studio
La progression devrait également donner davantage de profondeur à ces affrontements. Des arbres de compétences permettront de débloquer des capacités et d’améliorer son personnage, mais le studio ne semble pas vouloir multiplier les pièces d’équipement à récupérer. L’essentiel de la personnalisation passera plutôt par les armes issues du Mizancraft. Il sera par exemple possible d’investir davantage dans l’arc de Yusra afin d’en renforcer progressivement l’efficacité, ou au contraire de privilégier son arme de mêlée, tout en conservant une certaine souplesse pour passer de l’une à l’autre.
Même si le jeu semble mettre en avant la coopération à trois joueurs, nous avons demandé si le jeu était intégralement faisable en solo. On nous indique que oui, mais aucun partenaire contrôlé par l’IA dans ce cas précis. Les autres personnages restent au hub et il faudra d’ailleurs y revenir pour changer de héros. Le studio veut adapter certaines mécaniques afin d’exiger davantage de communication, de coordination et d’exécution lorsque plusieurs personnes participent.
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Pour le combat contre Nazjush, le développeur nous a indiqué que, contrairement à une prise en main en solitaire, l’affrontement était plus court et devait être accomplie en une seule tentative avec plusieurs joueurs. A cela s’ajoute le nombre de menaces présentes à l’écran qui augmentent. En d’autres termes, l’objectif est moins d’augmenter artificiellement les points de vie des ennemis que de modifier certaines contraintes de l’affrontement.
Du point de vue technique, il est encore difficile de se faire un avis assez prononcé étant donné que nous sommes sur un rendu Unreal Engine 5 assez standard pour le moment. On remarque évidemment une direction artistique marquée par des inspirations moyen-orientales et arabes qui devrait l’aider à se démarquer visuellement. On attendra néanmoins une version plus avancée pour se prononcer sur tout ça.
Il faudra évidemment attendre une session de jeu beaucoup moins balisée pour savoir jusqu’où iront toutes ces ambitions. Les combats terrestres reposent sur des bases assez conventionnelles et nous n’avons quasiment rien vu de l’exploration ou de la progression promises par le studio. En revanche, le mélange entre affrontements terrestres, manœuvres aériennes et énormes djinns à vaincre possède déjà quelque chose de séduisant. Le tapis volant est clairement la meilleure idée de 1001 Threads of Mizan à ce stade et tout l’enjeu sera désormais de voir si MBC Game Studio parvient à construire autour de lui une aventure suffisamment riche pour que son premier projet ne repose pas uniquement sur son cadre particulièrement dépaysant.



