Asha Sharma dévoile le contour des 100 prochains jours chez XBOX en parlant d’un « reset »

Asha Sharma peut déjà faire le bilan de ses 100 premiers jours passés à la tête de XBOX, mais le regard est déjà tourné vers les 100 suivants. La PDG avait déjà esquissé cette volonté d’effectuer un « reset » au sein de XBOX dans de récentes interviews, mais elle publie aujourd’hui une note complète envoyée à tous les employés et dévoilée au public via le XBOX Wire, qui tombe pile au moment où l’on apprend que l’entreprise va licencier. C’est ce que l’on appelle préparer le terrain.

Asha Sharma, PDG de XBOX

Tout va bien, mais…

Asha Sharma commence déjà par passer en revue ses victoires en rappelant que les revenus liés au Game Pass sont repartis à la hausse depuis la baisse de prix, tout en se félicitant d’avoir lancé le programme Player Voice, un forum qui permet de mettre en avant les souhaits les plus demandés de la part de la communauté. Elle célèbre le retour des exclusivités ainsi que les récents succès financiers comme celui de Forza Horizon 6 :

« Plus d’un milliard de joueurs choisissent XBOX et nos jeux chaque année, pour un total de 72 milliards d’heures cumulées sur consoles, PC, mobiles et streaming (hors Chine et quelques autres pays). Nos franchises figurent parmi les plus importantes et les plus appréciées au monde et battent désormais des records à la télévision et au cinéma. »

Tout va bien donc ? Capitalisme oblige, non. La PDG dit devoir faire face à la réalité des choses, et présente les 100 prochains jours de sa présidence en 5 points spécifiques.

Les 5 réalités de XBOX

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Asha Sharma et Matt Booty

Le premier, c’est de continuer la bataille de l’attention dans un monde où les formes de divertissement sont de plus en plus nombreuses. Le deuxième point abordé est celui de la rentabilité :

« Nous clôturerons cet exercice fiscal avec une marge d’environ 3 %, en baisse par rapport à l’année dernière. Hors Activision Blizzard King, nous avons investi plus de 20 milliards de dollars ces cinq dernières années dans nos contenus, notre plateforme et notre hardware, mais notre chiffre d’affaires annuel a diminué de près d’un demi-milliard de dollars durant cette période. Cette situation est intenable. »

3 % de marge, c’est effectivement assez catastrophique pour une entreprise pour XBOX qui a besoin de réaliser beaucoup plus à l’échelle de Microsoft. Un discours qui a clairement pour but de justifier les licenciements qui seront annoncés en juillet.

Cette baisse de revenus, XBOX la doit aussi à un marché des composants en crise. Le troisième point soulevé par Sharma évoque cela en indiquant que le coût de production du hardware XBOX a grimpé en flèche ces derniers mois, et qu’il est nécessaire de trouver des solutions rapidement :

« Lorsque j’ai pris mes fonctions de PDG en février, le prix des composants de stockage pour les consoles était plus du double de celui de l’automne dernier. Depuis, ces coûts ont de nouveau doublé. Et alors que nous préparons la période des fêtes de fin d’année 2027, nous anticipons une nouvelle hausse significative, qui nous amènera à plus de cinq fois les prix pratiqués il y a seulement deux ans. Le coût de la mémoire a suivi une trajectoire globalement similaire. Si l’ensemble du secteur est confronté à une pénurie de composants, nous pensons avoir été plus durement touchés que nos concurrents en raison des choix que nous avons faits au cours des cinq dernières années. Actuellement, nous ne sommes pas en mesure de produire autant de consoles que les joueurs souhaitent en acheter, et nous avons besoin d’un nouveau modèle économique et de partenariats pour le hardware, tout en se focalisant sur Helix. »

Quatrième point, retrouver un équilibre au sein des studios et redonner des finances à certaines licences qui n’ont pas été assez mises en avant, dans une entreprise qui possède trop de studios. Ce qui laisse aussi penser que les plus petits projets seront moins mis en avant que par le passé, et à l’heure où l’on sait que des licenciements vont avoir lieu, on peut craindre pour l’avenir des plus petites équipes.

Dernier point évoqué, celui d’une infrastructure « qui n’est pas adaptée aux défis à venir », alors que Asha Sharma veut augmenter la « réactivité » de XBOX. Elle termine sa lettre en reconnaissant que ce sont là des « vérités difficiles à entendre », ce qui est toujours plus facile à dire lorsque son emploi n’est pas menacé :

« Pour certains d’entre vous, ces réalités seront surprenantes, voire frustrantes. Nous ne réussirons pas en cachant les vérités difficiles à entendre, ni en persistant dans la même voie en espérant des résultats différents. Dans le même esprit de progression constante que celui des 100 premiers jours, nous mettrons tout en œuvre pour faire avancer ensemble le hardware, le contenu, l’expérience utilisateur et les services. »

Bref, tout un discours qui sert avant tout à mieux justifier les licenciements à venir, qui ne seront pas les derniers, qu’importe si XBOX parvient à remonter un tant soi peu la pente.