The Legend of Zelda: Ocarina of Time – On y a joué, une légende qui n’a rien perdu de son charme ?

Nintendo n’en n’est pas à son premier remake, toutefois avec The Legend of Zelda: Ocarina of Time, la firme s’attaque à un monument qui a posé les fondations du jeu d’action-aventure moderne. Après une première refonte sur Nintendo 3DS en 2011, ce classique revient cette fois dans un remake intégral pour la Nintendo Switch 2. Nouveaux graphismes, maniabilité modernisée, caméra retravaillée, bande-son réorchestré : les ambitions sont bien au delà de tout ce qu’à pu faire Nintendo en matière de remake auparavant. Reste à savoir si ces améliorations permettront à une aventure vieille de près de trente ans de conserver toute sa pertinence aujourd’hui. Pour avoir un premier éclairage sur la question, nous avons pu jouer au titre durant un évènement organisé par Nintendo.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time // Source : Nintendo

Durant cette session, nous avons pu prendre en main différents stades du jeu grâce à plusieurs sauvegardes préparées à l’avance. Nous avons ainsi pu explorer le village Kokiri avec le jeune Link, puis la plaine d’Hyrule et Bourg d’Hyrule. Enfin, nous avons pu compléter le temple de la forêt avec Link Adulte. Nous avons également pu jouer avec les voix françaises.

Un Hyrule familier, mais entièrement reconstruit

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The Legend of Zelda: Ocarina of Time – Bourg d’Hyrule // Source : Nintendo

Revenir sur The Legend of Zelda: Ocarina of Time après tant d’années n’est pas chose aisée. Pour avoir terminé l’aventure une première fois sur GameCube, grâce à l’édition spéciale de The Wind Waker, puis une seconde fois sur Nintendo 3DS, difficile de faire abstraction des souvenirs qui nous y rattachent et du statut presque légendaire acquis par le jeu au fil des années. Si ce remake permettra évidemment à une nouvelle génération de découvrir ce grand classique, il représente aussi un risque pour les fans de la première heure de bousculer les souvenirs d’une œuvre qui occupe une place particulière dans leur culture vidéoludique.

Sans parler de son importance dans l’histoire de Nintendo, il s’agit avant tout du premier véritable Zelda en trois dimensions. Cet épisode avait notamment imposé le verrouillage de cible et un système d’actions contextuelles permettant de retranscrire les principes de la série dans des environnements beaucoup plus complexes. L’exploration d’Hyrule, les donjons construits autour d’objets spécifiques ou encore l’alternance entre Link enfant et adulte formaient une aventure particulièrement ambitieuse pour l’époque. Et si plusieurs épisodes ont depuis profondément fait évoluer la formule, notamment Breath of the Wild, Ocarina of Time conserve une approche bien différente qui repose avant tout sur une progression structurée et un enchaînement de donjons soigneusement conçus.

C’est ce que l’on retrouve ici puisque Nintendo privilégie une reconstruction très fidèle de l’aventure. On retrouve ainsi le jeune Link, élevé au sein de la forêt Kokiri, dont le destin bascule lorsqu’il est appelé à quitter son foyer pour affronter la menace que représente Ganondorf. Un récit qui conserve son principe d’une aventure se déroulant sur deux époques, avec la possibilité de découvrir comment le royaume et ses habitants évoluent au fil du temps.

La transformation la plus immédiatement visible concerne évidemment la réalisation. La version Nintendo 3DS avait déjà considérablement amélioré les modèles et les textures du jeu d’origine, mais cette nouvelle adaptation va beaucoup plus loin. Les environnements ont été entièrement retravaillés, avec une végétation plus dense, des matériaux plus détaillés et un éclairage modernisé. Les personnages profitent eux aussi de nouveaux designs, sans oublier les animations et la mise en scène qui bénéficient d’un petit rehaussement.

Cette nouvelle direction artistique a clairement divisé la communauté, et notre ressenti reste lui aussi assez partagé. D’un côté, le parti pris plus réaliste de certains environnements, à commencer par la plaine d’Hyrule, détonne quelque peu avec l’identité visuelle que l’on associe à cet épisode et avec le matériau d’origine. De l’autre, le travail réalisé sur les villes et les donjons se révèle particulièrement séduisant avec des décors qui gagnent considérablement en richesse et en atmosphère.

Le Temple de la Forêt nous a notamment amenés à revoir notre jugement, tant cette nouvelle représentation renforce l’ambiance sombre et inquiétante qui caractérisait déjà les lieux. Même constat en demi-teinte concernant les personnages. Si les nouveaux visages de Link enfant et de Zelda nous paraissent assez disgracieux, Link adulte et Ganondorf profitent, à l’inverse, d’une refonte visuelle nettement plus convaincante.

Une maniabilité modernisée et donc plus facile ?

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The Legend of Zelda: Ocarina of Time – Droit au but // Source : Nintendo

Au-delà de la partie graphique, d’importants changements ont également été apportés à la maniabilité. Il faut rappeler qu’Ocarina of Time a été conçu à une époque où les codes du jeu d’action-aventure en 3D étaient encore en pleine construction. Sa caméra, son système d’interactions et certaines contraintes de déplacement répondaient autant aux ambitions de Nintendo qu’aux limitations techniques de la Nintendo 64. Des solutions ingénieuses en 1998, mais qui ne correspondent plus toujours aux standards actuels.

La nouveauté la plus symbolique est sans aucun doute l’arrivée d’un saut manuel. Auparavant, Link sautait automatiquement lorsqu’il arrivait au bord de certaines plateformes. Une commande dédiée permet désormais de déclencher cette action à volonté, ce qui offre davantage de liberté dans les déplacements sans pour autant bouleverser le level design. L’ancien système aurait probablement encore fait l’affaire, mais ce changement anodin traduit bien la volonté de Nintendo de moderniser l’expérience afin d’éviter ces petites frustrations.

Nintendo a également ajouté la possibilité de courir, notamment en prolongeant une roulade, afin d’éviter de spammer le mouvement. Pour les nostalgiques, il est néanmoins toujours possible de se déplacer à l’ancienne. L’amélioration la plus importante à nos yeux concerne toutefois la caméra. Le remake permet désormais de l’orienter librement avec le stick droit, une évidence aujourd’hui, mais une possibilité absente de l’expérience originale. Ce changement facilite considérablement l’exploration, l’observation des environnements et certains déplacements délicats. Un ajout qui paraît presque banal sur le papier, mais qui fait une réelle différence manette en main.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time n’a jamais été particulièrement réputé pour sa difficulté. Pourtant, ce remake nous a semblé sensiblement plus facile que dans nos souvenirs. Sans nécessairement modifier le level design, Nintendo est parvenu à rendre l’expérience moins contraignante et, par conséquent, à atténuer certains défis de l’original. Nous en avons notamment fait le constat lors de l’affrontement contre Phantom Ganon, le boss du Temple de la Forêt. Renvoyer ses projectiles d’énergie ou suivre ses déplacements à travers les différents tableaux ne représente désormais plus vraiment une difficulté.

Un plaisir de jeu conservé ?

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The Legend of Zelda: Ocarina of Time – Ping Pong entre Link et Ganon // Source : Nintendo

Malgré ces réserves qui constitueront sans doute autant de points de friction pour certains, force est de reconnaître que nous avons pris un réel plaisir à redécouvrir Ocarina of Time sous cette forme. Les éloges qui ont forgé sa réputation au fil des années sont loin d’être usurpés, tant le jeu démontre qu’il n’a rien perdu de ses qualités, près de trente ans après sa sortie.

Si Breath of the Wild n’avait pas autant révolutionné l’approche du monde ouvert, on en regretterait presque de ne plus avoir de Zelda de ce calibre. Une aventure certes linéaire, mais soigneusement façonnée, tout en conservant cet esprit d’aventure. Même si, à titre personnel, A Link to the Past reste encore la référence absolue dans ce domaine.

Des énigmes ingénieusement conçues, une progression gratifiante et des combats simples, mais efficaces : la formule conserve la puissance de sa Triforce. Le remake améliore d’ailleurs les sensations lors des affrontements avec des impacts nettement plus crédibles, notamment lorsque Link assène un coup d’épée. On retrouve également cette atmosphère féérique si particulière, portée par une bande-son déjà magistrale à l’époque et magnifiquement retravaillée pour l’occasion. Le doublage français participe également à ce bel habillage sonore. Même s’il est encore difficile de s’habituer à entendre Navi s’exclamer « Écoute ! » ou « Regarde ! », le doublage se montre plus discret, mais très convaincant pour le moment. On retrouve notamment Frédéric Souterelle dans le rôle de Ganondorf, qui livre une nouvelle prestation de grande qualité.

Les options de confort sont également les bienvenues avec plusieurs paramètres permettant d’adapter la prise en main à ses préférences. Il est ainsi possible d’activer ou de désactiver la visée gyroscopique, de choisir entre un ciblage maintenu ou activé d’une simple pression, ou encore d’opter pour une interface épurée, voire totalement masquée.

Difficile de ne pas ressortir de cette première prise en main avec des étoiles dans les yeux. Malgré une direction artistique qui ne fera pas l’unanimité et une maniabilité modernisée qui semble faciliter une aventure déjà peu exigeante, The Legend of Zelda: Ocarina of Time n’a visiblement rien perdu de son charme. Nintendo a fait le choix de rester très fidèle au matériau d’origine, tout en apportant suffisamment d’améliorations pour rendre l’expérience plus agréable aujourd’hui. Un équilibre qui nous paraît plutôt convaincant pour le moment, même s’il faudra parcourir l’intégralité du jeu pour juger de la pertinence de certains changements. Reste aussi à voir si ce remake saura autant séduire une nouvelle génération que les joueurs ayant grandi avec l’original. En tout cas, l’aventure propose toujours de solides arguments malgré son grand âge.