The 9th Dragon : On a mis des beignes dans une cité de Kowloon enivrante

Développé par le jeune studio espagnol FrameOver, The 9th Dragon nous fait la promesse de nous plonger dans une cité de Kowloon fantasmée des années 1980, rongée par les gangs et la corruption. Nous avons pu poser les mains sur une démo d’une vingtaine de minutes correspondant au chapitre d’introduction, une séquence pensée pour poser le décor plutôt que pour dévoiler l’ampleur du titre. Malgré quelques réticences, la production laisse entrevoir un peu plus qu’un simple jeu d’action.

The 9th Dragon // Source : FrameOver

Une introduction qui mise sur l’ambiance de Kowloon

Imaginez-vous, grelotant, ankylosé, allongé dans une baignoire, couvert de bandages. Vous pensiez que la fin était venue pour vous suite à une mission qui a mal tourné ; mais vous avez finalement été recueilli par une vieille femme installée dans la citadelle. Le réveil a beau être douloureux, vous êtes encore dans ce monde, vous, Rookie, le nouveau membre d’une unité de commando de police d’élite envoyée à Kowloon.

Malheureusement, cela semble s’être mal passé pour votre escouade dirigée par une certaine Mei, une officière qui connait bien le monde criminel. Et comme vous n’êtes pas vraiment certain de la survie de votre supérieure, votre première envie est d’en savoir plus sur ce qu’elle est devenue : direction cette ville dominée par les gangs, la corruption et les loyautés changeantes.

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Découvrir Kowloon est enivrant – The 9th Dragon // Source : ActuGaming

Pour dépeindre cette cité, le titre adopte un style teinté de voxel, une direction artistique que le studio revendique comme l’un des points distinctifs du projet. La première mission consistait à retrouver le chat de la vieille dame. Certes, vous l’avez retrouvé, mais ce n’était pas le bon minou. Mémé est tout de même contente, donc elle vous octroie votre première arme de poing. Idéal pour introduire les premières commandes.

Le district suivant a occupé l’essentiel de la session. Il s’agissait de récolter des informations sur notre coéquipière auprès d’un vieil homme, ce qui a nécessité plusieurs allers-retours à travers les différents étages de Kowloon. La citadelle reprend fidèlement les caractéristiques du lieu qui l’a inspirée : verticalité prononcée, échelles, passages étroits et architecture labyrinthique.

Ce parti pris fonctionne visuellement et pas qu’un peu : la ville affiche une identité forte et certains plans se révèlent particulièrement réussis. En revanche, sur cette portion de jeu, la structure des objectifs a donné lieu à des trajets répétés entre les mêmes points, sans réelle surprise en chemin. Il suffisait alors de grimper dans ce dédale, distribuer quelques mandales, et revenir au point de départ.

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Le lieu des fameux allers et retours – The 9th Dragon // Source : ActuGaming

Puis rebelotte, en poussant le voyage à deux ou trois étages supplémentaires, pour repasser aux mêmes endroits. Seule la dernière portion a eu l’intelligence d’ajouter des ennemis supplémentaires sur le chemin pour dynamiser l’aller-retour. On imagine que ce sentiment de redite n’est pas représentatif de l’expérience complète, la démo se limitant à un segment très resserré du jeu ; mais Kowloon a beau être magnifique et hypnotisante, elle n’en reste pas moins limitée par sa structure labyrinthique d’appartements ridicules qui se chevauchent. Certes, il était parfois possible de dénicher quelques chemins cachés ou de débloquer des raccourcis, mais Kowloon pourrait à la fois être la plus grande force du titre par sa charpente mais aussi sa plus grande faiblesse en créant un fort sentiment de redondance.

Cela ne l’empêche pas de briller artistiquement. Comme évoqué, la citadelle impressionne et il est vrai que le style voxel fonctionne bien, avec des couleurs qui en font ressortir le meilleur. On peut tout de même noter que certains éléments se détachent mal de l’arrière-plan, en atteste la première cinématique que l’on n’a pas trouvée mémorable, avec des modèles de personnages qui se confondaient avec le reste. Notons aussi que l’on a trouvé notre personnage étrangement grand par rapport aux PNJ secondaires, ce qui tranchait parfois avec le reste du décor.

Un système de combat abouti, un alignement moral encore à l’épreuve

The 9th Dragon se définit comme un jeu d’action narratif. C’est en toute logique que les mandales y prennent une place importante. Le système de combat repose sur des enchaînements de coups de poing et de pied, avec la possibilité de bloquer ou d’esquiver en roulade pour éviter intégralement les dégâts. La parade parfaite, déclenchée juste avant l’impact d’un coup adverse, permet d’infliger une riposte particulièrement puissante, capable de mettre K.O. un ennemi en un seul échange. Cette mécanique est sans doute l’une des plus grandes réussites des joutes, qui partent globalement dans la bonne direction.

Le jeu introduit également un système d’alignement héros ou anti-héros, activé par des choix moraux ponctuels. Durant la démo, il a par exemple été possible de restituer intégralement une mallette d’argent récupérée en mission ou d’en garder une partie avant de la remettre. Évidemment, sur une session aussi courte, il reste impossible d’évaluer l’impact réel de ces décisions sur la suite de l’aventure ou sur la réputation du personnage, présenté par le studio comme lié aux forces de l’ordre.

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The 9th Dragon est parfois (très) brutal // Source : ActuGaming

Difficile donc de jauger réellement l’intérêt narratif du titre, même si les grandes lignes donnent envie d’en savoir plus. Tout porte à croire que la narration partira sur des sujets importants liés à la corruption, la place de la police dans les rues de Kowloon et ce qui gangrène cette cité. Le studio nous confirme d’ailleurs une histoire qui devrait tenir en une dizaine d’heures.

Le jeu propose aussi de la collecte de pièces servant probablement de monnaie, ainsi que des armes à récupérer : une arme de poing basique était disponible durant la démo, tandis que les menus laissaient entrevoir toute une palanquée de joujoux supplémentaires comme un lance-flammes. C’est sans doute sur une session plus longue que l’on pourra véritablement tâter la brutalité du titre. Des consommables, notamment de la nourriture permettant de restaurer la santé, sont également disséminés sur le chemin.

Il serait faux de dire que cette session était captivante, mais elle était suffisante pour nous donner envie d’en voir plus. Il faut dire que ce prologue ne faisait qu’effleurer toutes les bonnes qualités que l’on imagine découvrir sur la longueur et elle pose les bases d’une Kowloon aussi enivrante que mystérieuse. Le système de moralité est l’un des points d’interrogation pour la suite de la narration, et on espère que cette cité fascinante réservera encore quelques surprises. Quoi qu’il en soit, elle est déjà suffisamment intrigante. The 9th Dragon est prévu pour 2027 sur PC, PS5, Xbox Series et Switch.