Petit Planet : Notre avis après la bêta du jeu cosy façon Animal Crossing de HoYoverse (Genshin Impact)
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Rédigé par Quentin
Petit Planet marque un vrai tournant pour HoYoverse. Après avoir rencontré un immense succès dans le domaine des RPG free-to-play sur PC, consoles et mobiles avec Genshin Impact, Honkai: Star Rail et Zenless Zone Zero, l’entreprise chinoise s’attaque ici à un genre totalement différent, mais tout aussi populaire. Animal Crossing et plus récemment Pokémon Pokopia ont prouvé que les jeux cosy sont toujours aussi appréciés et lucratifs, tout en touchant un public extrêmement large. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que HoYoverse se lance dans des projets annexes, mais Petit Planet (ou « P’tite Planète » en français) ne lésine pas sur les moyens et propose déjà un titre très ambitieux. Nous avons pu y jouer plusieurs heures durant la bêta fermée, et il faut admettre qu’il impressionne avec une proposition déjà très riche et très aboutie.
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ToggleUn Petit Planet pour l’Homme. Un grand pas pour HoYoverse.
On commence par des précisions importantes en rappelant qu’il s’agissait d’une version bêta en cours de développement, on attendra donc la version complète (ou une bêta plus aboutie) pour pleinement se prononcer sur certains aspects qui pourront évoluer par la suite, notamment la monétisation. De plus, nous avons joué exclusivement sur la version Android, sur un Google Pixel 6.
Malgré une configuration moyenne sur notre smartphone, le titre affiche une esthétique très léchée et caractéristique des productions HoYoverse, notamment avec sa patte otaku et son style anime. On reconnaît immédiatement le trait, les interfaces ou encore les animations du studio, ici adaptées à une direction plus cosy et plus mignonne.
Pour autant, Petit Planet n’est pas comparable aux autres gros jeux de la firme. Oubliez les combats et les bannières avec des personnages à invoquer, le jeu embrasse clairement son orientation simulation de vie directement empruntée à Animal Crossing. Il ne cache pas du tout cette inspiration et se permet même une petite référence dans un choix de dialogue lorsque l’on obtient notre première maison (il demandait si l’on allait devoir rembourser un prêt). Après avoir personnalisé votre petit avatar, vous avez le choix entre plusieurs biomes pour créer votre planète (deux durant cette bêta).
Côté histoire, Petit Planet reste pour l’instant assez léger, mais pose des bases intéressantes. Le jeu mise surtout sur du « worldbuilding » plutôt que sur une grande narration centrale. La seule entité vraiment structurante à ce stade est Loomix Co., une organisation qui rappelle fortement Nook Inc. Vous interagissez principalement avec quelques PNJ clés comme Mobai, Esassani ou encore Glenn, tous liés à cette entreprise, qui encadrent votre progression et votre installation. En parallèle, les habitants que vous recrutez possèdent chacun leur propre histoire et leur petit lore, dans la pure tradition des jeux HoYoverse, même si tout reste encore assez discret à ce stade.
Le point de départ est simple mais efficace : vous êtes chargé de réhabiliter une planète inhabitable au cœur de la Mer Stellaire, un vaste espace rempli de mondes à la dérive. Pour l’instant, Petit Planet ne cherche clairement pas à raconter une grande épopée, mais plutôt à construire un univers de pure détente où votre histoire personnelle devient finalement la plus importante.
Un Animal Crossing dans l’espace
HoYoverse garde un talent certain pour créer des personnages attachants et très travaillés visuellement. Mobai est sans doute le PNJ le plus posé et détendu qu’il nous ait été donné de voir dans un jeu vidéo, et d’autres adoptent des designs assez audacieux. Il est tout de même un peu dommage que le titre ait choisi la solution de facilité en proposant des personnages anthropomorphes classiques afin de conserver cette proximité avec Animal Crossing, surtout lorsque l’on sait ce dont les artistes sont capables en matière de chara-design marquant.
L’une des meilleures qualités du jeu est son système de progression. Une fois arrivé sur votre planète, vous plantez une graine de Lucas en son centre. En accomplissant les objectifs principaux, vous obtenez des flacons de Lucas, une énergie servant à faire grandir cette pousse. Plus l’arbre grandit, plus votre monde se développe, ce qui se traduit par davantage de ressources, d’activités et de possibilités.
C’est simple, visuel et surtout assez satisfaisant. Le jeu évite ainsi de vous noyer sous une tonne de mécaniques dès le départ et privilégie une montée en puissance naturelle. Les habitués du genre ne seront pas perdus, puisque Petit Planet propose une boucle de gameplay simple mais efficace, avec un large éventail d’activités :
- La décoration de votre planète (extérieurs et intérieurs)
- L’agriculture
- La fabrication d’objets
- La cuisine
- La collecte de matériaux (bois, coquillages, plantes…)
- La capture de créatures (insectes, poissons, crustacés…)
Comme dans toute bonne simulation de vie, les habitants sont au cœur de l’expérience. Vous pouvez les rencontrer en exploration, les inviter sur votre planète et développer vos relations avec eux. Ils vous sont également utiles lorsque vous partez en expédition dans le cosmos pour récolter des matériaux, chacun ayant son domaine d’expertise, dans les petits îlots éparpillés au sein de cette mer stellaire.
Une routine pensée pour durer
Là où Petit Planet risque de diviser, c’est dans son rythme. Le jeu est clairement pensé pour être consommé par petites sessions quotidiennes. Les actions sont limitées, les ressources se renouvellent en temps réel, et même l’exploration est encadrée par un système d’énergie (avec un nombre limité de batteries à acheter chaque jour). La boutique propose également des objets différents quotidiennement. Enfin, un système d’annonces permet de relayer chaque jour anecdotes et événements marquants, ce qui suggère la mise en place d’événements réguliers. Avec tout cela, impossible de « rush » le jeu en une ou deux grosses sessions, car tout vous pousse constamment à revenir le lendemain.
Un choix de design logique qui permet d’éviter la lassitude, mais impose aussi une certaine discipline. Il ne plaira pas à tout le monde quand on sait que l’on peut parfois passer des nuits entières sur un Pokémon Pokopia par exemple. En bref, Petit Planet ne veut pas être un jeu auquel on passe des heures, mais un univers dans lequel on s’installe sur la durée.
Malgré tout, il y a largement de quoi faire pour ceux qui souhaitent y investir davantage de temps : découvrir de nouvelles recettes de cuisine, dénicher des vêtements pour votre avatar, ou encore obtenir des plans pour de nouveaux meubles et décorations… Le titre regorge de contenu incitant à personnaliser votre planète dans les moindres détails. L’arbre de Lucas possède même des emplacements de fruits qui influencent la décoration à grande échelle (constellations dans le ciel ou motifs au sol). En outre, la prise en main est très intuitive et on imagine que la Sérénithéière de Genshin Impact a permis de poser des bases solides.
Il y a donc de quoi laisser libre cours à son imagination et capturer de belles photos à partager avec la communauté. À ce sujet, Petit Planet est également un jeu très connecté. En levant les yeux depuis votre planète, il est possible d’apercevoir celles des autres joueurs dériver dans le ciel, une idée ingénieuse qui renforce le sentiment d’un univers vivant. Si l’un d’eux ouvre son monde aux visiteurs, vous pouvez vous y rendre librement, découvrir ses créations et, avec un peu de chance, croiser son propriétaire pour partager quelques moments.
Cette dimension sociale s’incarne aussi dans le Bazar Galactique, un hub où les joueurs peuvent se retrouver pour participer à différentes activités comme des sessions musicales improvisées, des mini-jeux ou simplement discuter. Même s’il est possible d’y obtenir des récompenses, l’approche du multijoueur reste légère et toujours fidèle à son ADN cozy.
Quid de la monétisation de Petit Planet pour le moment ?

Petit Planet
Encore une fois, il s’agit d’une version non définitive, donc nous restons prudents concernant la monétisation du jeu. Cependant, on en voit suffisamment ici pour établir une bonne vision d’ensemble. Tout d’abord, le jeu ne propose pas de système de gacha classique, du moins dans sa version actuelle. La grande majorité des objets peuvent être achetés directement avec une monnaie obtenue en jouant.
Concernant ce qui risque d’être payant, on devrait vraisemblablement rester dans le domaine des cosmétiques pour votre personnage, ainsi que des décorations inédites. On a aperçu un système de Battle Pass et plusieurs objets à acheter directement dans un coin du Bazar. Pour les joueurs de Genshin Impact, on retrouve sans doute l’équivalent des primo-gemmes et des cristaux primaires. Reste à voir si cela influencera le rythme du jeu (notamment pour jouer plus longtemps à certaines activités limitées par jour), mais cela semble assez honnête de notre point de vue.
Avec Petit Planet (P’tite Planète en français), HoYoverse réussit un virage inattendu vers la simulation de vie. Sans révolutionner la formule popularisée par Animal Crossing, le jeu propose une expérience déjà solide, accessible et pensée pour durer. Reste à voir comment évolueront la monétisation et le contenu sur le long terme, mais cette bêta laisse entrevoir un titre prometteur et capable de s’installer durablement dans le quotidien des amateurs d’expériences cozy.



