MindsEye : Des employés de Build a Rocket Boy engagent des poursuites pour « surveillance intrusive »
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Rédigé par Quentin
Les rebondissements autour du développement de MindsEye n’en finissent plus, toutefois nous sommes loin des frasques du PDG de Build a Rocket Boy pour jouer sur le Bad Buzz du jeu. Un groupe d’employés du studio a engagé des poursuites judiciaires contre la direction. En cause, l’installation présumée d’un logiciel de surveillance jugé « intrusif » et potentiellement contraire aux lois sur la protection des données.
Un logiciel espion installé sans transparence
Une quarantaine d’employés, soutenus par le syndicat IWGB Game Workers Union, accusent la direction d’avoir installé le logiciel Teramind sur leurs appareils professionnels (via Game Developer).
Ce logiciel, présenté comme une solution de surveillance des activités numériques en entreprise, permet notamment l’enregistrement de ce qui est tapé au clavier, la capture d’écran en continu ou encore l’accès aux transmissions audios via le microphone.
D’après les plaignants, l’installation aurait été effectuée sans information claire ni consentement explicite, ce qui soulève des questions au regard du droit à la vie privée et du RGPD (Règlement général sur la protection des données).
Le syndicat affirme que le logiciel a été retiré des appareils en mars à la suite d’un recours collectif interne signé par un groupe d’employés. Toutefois, plusieurs points restent contestés :
- la nature exacte des données collectées
- leur durée de conservation
- leur utilisation par l’entreprise
- les raisons initiales de cette surveillance
Selon les représentants des salariés, la direction refuserait pour l’instant de fournir ces informations. Dans un communiqué, IWGB Game Workers Union estime que ces pratiques dépassent largement le cadre légal du contrôle de l’activité professionnelle :
L’utilisation de ce logiciel violerait à la fois les lois sur la protection des données et la dignité des travailleurs, en enregistrant des individus à leur domicile sans leur consentement.
Toujours selon le syndicat, une réunion interne (dont des extraits auraient fuité) aurait permis aux dirigeants, dont Mark Gerhard et Leslie Benzies, de reconnaître que le logiciel avait bien été installé sans en informer les employés.
Un contexte déjà tendu depuis un bon moment
Cette nouvelle affaire intervient dans un climat déjà fragile. Il s’agit en effet de la deuxième action en justice engagée par le syndicat contre le studio. En octobre 2025, IWGB Game Workers Union accusait déjà l’entreprise de licenciements sans consultation préalable et de licenciement abusifs.
Entre 250 et 300 employés auraient été concernés au Royaume-Uni. Et tout ça, sans parler des conditions de travail difficiles rapportés par différents témoignages.
Entre le lancement calamiteux, la réception critique catastrophique et toutes ces affaires, difficile de retirer du positif dans tout ce projet.
En tout cas, le feuilleton est loin d’être fini si l’on en croit la récente interview de Mark Gerhard qui a affirmé que des éléments tangibles avaient été identifiés et transmis aux autorités britanniques et américaines.
Le dirigeant a également annoncé qu’une future mise à jour du jeu intégrerait une mission, intitulée « Blacklist », censée illustrer ces allégations. On vous avoue qu’une certaine curiosité morbide nous envahi pour voir de quoi il en retourne.