Deux jeux Far Cry, plusieurs Assassin’s Creed… Yves Guillemot fait le point sur l’avenir du portfolio d’Ubisoft
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Rédigé par Jordan
Alors que sa position est plus contestée que jamais, Yves Guillemot doit tant bien que mal essayer de faire bonne figure (c’est loupé) pour que les finances de son entreprise remontent (c’est encore loupé). C’est dans cet état d’esprit qu’il a bien voulu accorder une interview au média Variety afin de dérouler tout son plan concernant l’avenir d’Ubisoft, de plus en plus flou.
Vantage Studios au cœur de la stratégie d’Ubisoft
Avec plein de projets annulés, difficile de savoir à quoi va ressembler le line-up d’Ubisoft dans les prochaines années. Enfin, presque, puisque l’on s’attend évidemment à ce que les licences Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six soient omniprésentes. Des licences aujourd’hui gérées par Vantage Studios, première filiale, ou « Creative House » du groupe, dont Yves Guillemot évoque les plans dans cette interview.
Le PDG déclare donc que deux jeux Far Cry sont actuellement en développement, ce que l’on savait déjà plus ou moins grâce à quelques fuites. En toute logique, il s’agirait d’un côté de Far Cry 7, et de l’autre d’un Far Cry orienté multijoueur. Yves Guillemot indique aussi que plusieurs jeux Assassin’s Creed sont en développement, malgré un récent annulé. Là encore, il promet à la fois des jeux solo et du multijoueur.
Dans le même temps, il évoque aussi le cas de Rayman, récemment revenu sur le devant de la scène avec Rayman: 30th Anniversary Edition :
« Quant à l’avenir de « Rayman », nous cherchons constamment à faire évoluer et à réinventer nos licences emblématiques pour toutes les générations de joueurs. Nous ne pouvons pas encore dévoiler de détails, mais nous avons hâte de vous en dire plus prochainement. »
Là encore, on sait déjà plus ou moins ce qui se trame étant donné qu’Ubisoft Montpellier et Ubisoft Milan travaillent sur un vrai nouvel épisode pour la saga. L’important pour Yves Guillemot semble d’être présent sur le plus de marchés possibles, avec le plus de genres couverts. C’est pour cela qu’Ubisoft a récemment fait l’acquisition du MOBA March of Giants, en le récupérant des mains d’Amazon :
« L’acquisition de March of Giants s’est présentée comme une opportunité évidente et s’est faite de manière très naturelle. L’équipe de March of Giants souhaitait qu’Ubisoft soit considéré parmi les acheteurs potentiels, ce qui témoigne de la confiance et du respect mutuel qui nous unissent, d’autant plus que plusieurs membres de l’équipe sont d’anciens développeurs de Rainbow Six. Nous ne sommes pas encore présents sur le marché des MOBA et l’entrée dans ce genre exige une expertise de niveau international. Cette équipe apporte une solide expérience du multijoueur compétitif et une culture de la performance qui correspond parfaitement à la nôtre. »
Un discours trop lisse sur les problèmes que rencontre Ubisoft

Yves Guillemot ne s’est pas contenté de répondre à des questions concernant son portfolio, puisque l’actualité d’Ubisoft est aujourd’hui bousculée par plusieurs polémiques. Concernant les récents licenciements, le PDG n’a rien dit d’autre de ce que l’on attendait de lui, c’est-à-dire le même discours froid qu’il a adressé aux actionnaires :
« Après la période post-Covid, le secteur a connu une croissance fulgurante, anticipant une demande soutenue qui ne s’est pas pleinement concrétisée. De notre côté, cela a engendré une multiplication des projets et une complexité accrue. Notre priorité aujourd’hui est de bâtir une entreprise plus ciblée et agile, avec des équipes plus performantes, alliant l’expertise des seniors et les jeunes talents, et capables de proposer des jeux de la plus haute qualité. Avant tout, notre responsabilité est de gérer cette transition avec la plus grande réflexion et le plus grand professionnalisme, dans le respect et le soutien de nos équipes, tout en veillant à ce qu’Ubisoft demeure une entreprise forte, résiliente et prête pour l’avenir. »
Concernant le récent mouvement de grève qui a eu lieu en France et dans d’autres pays et ce qu’il pense des syndicats, il ajoute :
« Je comprends parfaitement les préoccupations légitimes de nos équipes en France et dans le monde entier. Ubisoft traverse une phase de transformation majeure qui impacte notre organisation, nos opérations et notre culture. Des changements de cette ampleur soulèvent naturellement des questions et créent des tensions, surtout lorsqu’ils perturbent le quotidien, et j’en suis conscient. Mon engagement est d’être à l’écoute, à diriger de manière responsable et à maintenir l’engagement de nos équipes. En même temps, nous ne pouvons ignorer que nous évoluons dans une industrie plus concurrentielle et exigeante que jamais. Offrir le niveau de qualité et d’ambition que nos joueurs attendent requiert une forte cohésion, une grande réactivité et une collaboration étroite. Les décisions que nous prenons sont guidées par cette réalité. Mes priorités actuelles sont notre transformation, la garantie de la sécurité financière d’Ubisoft et la création des meilleurs jeux. Pour conclure, concernant votre question sur les syndicats, je pense qu’une plus grande transparence et un dialogue ouvert avec nos équipes, sous toutes ses formes et particulièrement en période de changements importants, sont essentiels. »
Variety n’a pas non plus hésité à lui poser le sujet concernant la nomination de Charlie Guillemot en tant que co-leader de Vantage Studios, qui a soulevé des critiques de népotisme, ce à quoi Yves Guillemot répond qu’Ubisoft a toujours été une entreprise familiale, tout en ajoutant la couche de langue de bois qu’il faut bien pour aborder cette question.
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