Au Mexique, des membres du gouvernement s’attaquent à Sony suite à sa décision d’arrêter la production de disques PlayStation
Pendant que l’Union européenne clame qu’elle n’a pas le pouvoir d’empêcher Sony de revenir sur sa décision d’arrêter de produire des jeux sur disques, d’autres organismes étudient la situation de près pour mieux en comprendre les conséquences. Au Pays-Bas, une plainte a déjà été déposée par l’association Stichting Massaschade & Consument, qui explique que la fin du marché physique signifierait que Sony aurait un monopole absolu sur sa plateforme avec le PlayStation Store. C’est sur ce même axe que la commission anti-concurrentielle mexicaine s’attaque au dossier.
Le monopole du PlayStation Store en question
La commission antitrust du Mexique a été sollicitée dans cette affaire par Iraís Reyes et Luis Donaldo Colosio, respectivement membre du Parlement et sénateur du pays. Ces deux derniers demandent – en tant que citoyens, pas en tant que représentants du gouvernement – à l’organisme d’enquêter sur le monopole que pourrait se créer Sony, estimant que la fin des jeux physiques ferait du PlayStation Store le seul endroit pour acheter des jeux sur PlayStation, fermant la voie à la concurrence (propos rapportés par LevelUp) :
« Si les disques venaient à disparaître, tout possesseur de PlayStation ne pourrait plus choisir où acheter ses jeux et serait contraint de les acquérir exclusivement via la boutique de Sony. »
Sur ce point, on imagine que Sony a déjà préparé sa défense en prévoyant de continuer à vendre des jeux en physique, simplement sans disque, ce qui permettrait aux boutiques de survivre dans un premier temps tout en montrant qu’il existe d’autres moyens que le PlayStation Store pour se procurer des jeux. Ce qui serait techniquement vrai (et fourbe), même si, dans les faits, le marché du physique en prendrait un sacré coup quand même.
Au-delà de ce monopole, de la fin du marché de l’occasion et probablement de celle, à terme, des boutiques, Luis Donaldo Colosio exprime aussi ses doutes sur la question de propriété numérique, qui n’est pas encore assurée :
« Les consommateurs cesseraient de posséder véritablement leurs jeux vidéo. Avec la distribution numérique, on n’achète plus un jeu au sens traditionnel du terme, on achète une licence, ce qui signifie que l’accès au contenu dépend entièrement des conditions établies par l’entreprise. »
Les deux prennent pour exemple les films de StudioCanal qui ont été retirés de la bibliothèque PlayStation il y a peu. Ils précisent également que forcer le numérique va créer des inégalités auprès des consommateurs en forçant l’accès à un bon débit internet, chose qui n’est pas forcément courante au Mexique. Même les studios et éditeurs ne seraient pas gagnants dans cette affaire selon le duo, qui explique qu’ils seront trop dépendants de Sony et de ses conditions pour vendre leurs jeux. À voir si ces actions vont connaître une suite et si d’autres pays viendront s’attaquer au problème pour que Sony ne s’en inquiète qu’un tout petit peu.