GTA 6 : Rockstar explique pourquoi le jeu ne fera pas trop de références directes aux événements politiques actuels
En 2018, Dan Houser s’estimait heureux de ne pas devoir sortir GTA 6 immédiatement, afin d’éviter de publier le jeu durant le premier mandat de Donald Trump. S’il pensait cela, c’était parce qu’il pensait que la satire d’un tel gouvernement devenait difficile, tant la réalité dépassait rapidement la fiction (The Boys l’a prouvé). En 2026, Rockstar va pourtant devoir sortir son GTA 6 dans une Amérique qui est encore gouvernée par le même président orange, et c’est en partie pour cela que le studio se passera bien de références trop directes aux problèmes sociétaux du moment.
Politiquement correct
C’est ce qu’a expliqué Rupert Humphries, vice-président en charge de la division narration chez Rockstar, auprès du magazine Love (relayé par Eurogamer). GTA 6 ne devrait pas être trop direct dans ses références à la société actuelle, car selon Humphries, il fallait faire en sorte que le jeu soit pertinent sur la durée pendant des années : « Si une tendance explose pendant six mois, vous devez la voir pour ce qu’elle est sans vous précipiter pour la pourchasser ».
Pour se justifier, il déclare que même les précédents jeux GTA ont évité de trop s’appuyer sur des éléments politiques (ah bon ?), en faisant exception de GTA IV qui arrivait dans un contexte post-11 septembre, après la mise en place de la loi antiterroriste Patriot Act :
« Si l’on regarde les précédents GTA, la politique nationale n’a jamais vraiment été au cœur du sujet. L’essor du département de la Sécurité intérieure et le Patriot Act occupaient une place importante dans GTA 4, mais c’était surtout parce que le New York post-11 septembre était vraiment central pour tous ces problèmes. Nous cherchons à créer des jeux qui semblent parfaitement ancrés dans leur époque de sortie, sans pour autant refléter fidèlement le monde dans lequel nous vivons, sans être trop précis à propos d’une personne, d’un événement ou d’un mouvement en particulier. »
Puisque le jeu se situe en Floride, état largement acquis à la cause de Trump, on aurait pu croire que Rockstar s’autorise une satire un peu plus précise. Humphries reconnaît que cette région donne beaucoup de matière, même si GTA 6 évitera les références trop marquées :
« Créer un jeu en Floride offre beaucoup de matière et nous avons vraiment essayé de construire notre monde en y plaçant des personnages et des guerres culturelles qui lui donnent vie. Et il existe plusieurs façons de raconter ces histoires sans forcément rencontrer les personnages en question. Vous pouvez apercevoir une affiche électorale, recevoir un appel automatisé de campagne ou entendre une publicité à la radio. Nous avons aussi inclus d’excellentes émissions de débat politique à la radio où tous ces sujets sont abordés […] Ici, l’objectif n’est pas simplement de tendre un miroir vers la réalité, mais de tout traiter sous un angle satirique, en exagérant les traits pour rendre le tout plus grand que nature, plus grotesque. Sinon, autant sortir et vivre dans le monde réel ! Nous essayons de capter le cœur du sujet qui nous intéresse, puis de l’exagérer jusqu’à ce que l’absurdité devienne évidente, et j’espère, drôle. »
Peut-être que l’on en revient au point de Dan Houser, qui pensait que la satire trop précise devenait caduque dans un monde où il se passe tant de choses qui sembleraient folles dans un monde fictionnel. Ou peut-être que Rockstar n’a pas forcément envie de fâcher une partie du public, ni un président belliqueux qui n’hésite pas à taxer tout et n’importe quoi. Ou peut-être tout ça à la fois.