Ace Combat 8: Wings of Theve – Le compte rendu de notre premier vol dans la série à la Gamescom 2026

Annoncé lors des derniers Game Awards, Ace Combat 8: Wings of Theve marquera cette année le retour de la principale série de combat aérien de Bandai Namco, sept ans après Ace Combat 7: Skies Unknown. Une attente particulièrement longue pour une licence qui, sans forcément toucher le plus grand public, continue de fédérer une communauté très fidèle depuis plus de 30 ans. Lors de la Gamescom 2026, nous avons pu prendre en main une démo jouable du titre durant une trentaine de minutes. On vous l’avoue, il s’agit de notre premier contact avec la licence, mais c’est néanmoins une bonne occasion de voir si la série peut aussi séduire un public néophyte qui souhaiterait prendre son envol le mois prochain.

Ace Combat 8: Wings of Theve // Source : Bandai Namco

Une guerre d’Endurance

Le septième épisode a largement contribué à élargir l’audience de la série avec plus de 7 millions d’exemplaires vendus, portant l’ensemble de la franchise au-delà des 21 millions d’unités écoulées.

Il faut dire qu’Ace Combat occupe toujours une place assez particulière. Là où Microsoft Flight Simulator ou un Digital Combat Simulator cherchent avant tout à reproduire les contraintes de l’aviation, la série de Project Aces assume depuis longtemps son orientation arcade avec des commandes accessibles, des affrontements spectaculaires, des escadrons d’élite et des super-armes parfois complètement démesurées. Wings of Theve ne compte pas changer cette recette mais veut manifestement lui donner une nouvelle dimension, aussi bien dans sa narration que grâce au passage à l’Unreal Engine 5 et à de nouvelles technologies maison.

Pour observer tout ça en direct, nous avons pu prendre en main le jeu sur PS5 avec la quatrième mission intitulée « The Fall of the Numbered Fleets ». Pour rappel, l’histoire se déroule en 2029, environ dix ans après les événements d’Ace Combat 7. La Fédération d’Usea centrale (FCU) vient de subir une invasion éclair menée par la République de Sotoa. Une grande partie du territoire est occupée, les forces armées sont dispersées et la marine quasiment anéantie. Parmi ses derniers vestiges se trouve l’Endurance, un vieux porte-avions transportant aussi des réfugiés et devenu l’une des dernières bases depuis lesquelles organiser la résistance.

C’est ici que notre personnage va devoir endosser l’identité de Wings of Theve, un pilote légendaire transformé en véritable symbole de propagande pour maintenir le moral de la population. Le concept est d’autant plus intéressant que cette légende repose en grande partie sur un mensonge. Le véritable « Wings » n’était finalement pas l’as invincible présenté au public et, après sa disparition, le protagoniste va devoir reprendre son nom afin d’entretenir l’illusion. Une idée qui permet à Project Aces de placer la notion d’héritage et le poids du symbole au centre de son récit.

Par rapport au dernier opus, Ace Combat 8 semble abandonner une partie de sa narration habituelle pour proposer des séquences entièrement vécues en vue subjective. Sur le pont de l’Endurance, les scènes doivent ainsi nous placer directement dans la peau du pilote afin de mieux ressentir la pression qui l’entoure et développer les relations avec son équipage. Project Aces parle d’ailleurs de sa campagne comme de la plus cinématographique jamais proposée par la série.

Entre simulation et arcade : un équilibre fragile mais payant

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Ace Combat 8: Wings of Theve – Missile, feu ! // Source : ActuGaming

Pour avoir testé les Microsoft Flight Simulator d’Asobo, ce Ace Combat 8: Wings of Theve correspond à un entre-deux pour le moins intéressant, même s’il penche plus du côté arcade. Pas besoin d’y passer des heures pour saisir le principe, néanmoins on entrevoit rapidement les subtilités qui permettent de maîtriser le gameplay en profondeur.

Les fondamentaux sont plutôt simples à comprendre. Il faut réduire la distance avec sa cible, la placer dans son viseur, gérer sa vitesse et son positionnement, puis lâcher ses missiles au meilleur moment. Toutefois, les manœuvres les plus risquées demandent un minimum d’apprentissage. Il y a eu de nombreux crashs de notre côté, mais les sensations procurées nous poussaient constamment à tenter de nouvelles choses, quitte à rester sur la corde raide.

Dans la mission que nous avons pu effectuer, il était question de lancer une attaque surprise contre deux flottes stationnées autour de Newfield Island, tout en affrontant les Sharks, une escadrille comprenant d’anciens pilotes de la FCU. Quatre appareils doivent donc composer avec deux flottes, les défenses antiaériennes au sol et plusieurs chasseurs ennemis.

Nous étions tout de même un peu perdus, car le jeu ne dicte pas l’ordre dans lequel éliminer ces menaces. En effet, c’est à nous d’établir nos priorités et notre stratégie en évaluant quelles menaces doivent être éliminées en priorité ou, au contraire, temporairement mises de côté. En outre, nos trois coéquipiers ne sont pas uniquement là pour faire acte de présence. Il est possible de leur donner des ordres pour attaquer une cible ou venir nous couvrir.

Ce qui demandera sans doute davantage de connaissances, c’est la personnalisation de l’appareil avant le décollage. On retrouvera évidemment différents avions réels sous licence ainsi que les appareils fictifs emblématiques de la franchise. Ils pourront être équipés de plusieurs armements adaptés aux combats air-air ou air-sol. Les missiles, le canon et les contre-mesures restent au cœur des affrontements, mais on vous avoue que, dans le cadre d’une preview à la Gamescom, il était difficile de digérer autant d’informations d’un coup ou même de passer énormément de temps dans ces menus.

On est sur un nuage

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Ace Combat 8: Wings of Theve – Du coton pour les yeux // Source : ActuGaming

C’est toutefois sur le plan technique qu’Ace Combat 8: Wings of Theve veut principalement marquer la différence. Il s’agit du premier épisode principal conçu sous Unreal Engine 5, associé à Cloudly, une technologie développée en interne pour gérer les nuages et les phénomènes atmosphériques. Les cartes de combat peuvent désormais couvrir environ 10 000 km² et avec une représentation pensée à l’échelle 1:1.

Cloudly n’a cependant pas été développé uniquement pour afficher de jolis nuages. Kazutoki Kono (le producteur du jeu) explique vouloir que les évolutions visuelles aient également une fonction ludique. Les traînées de condensation peuvent permettre de repérer un avion, les nuages servent réellement à masquer certaines unités et les reflets ou réactions de la verrière peuvent donner différentes informations.

Nous avons justement remarqué ces petits détails lors de cette prise en main où les nuages nous ont bien aidés à ne pas se prendre des missiles plus que de raison. On peut ainsi monter au-dessus des nuages, les utiliser pour disparaître momentanément ou suivre les traces laissées par d’autres avions. Grâce à son terrain de jeu particulier et assez unique dans l’industrie, on évite ainsi le rendu classiques des productions sous Unreal Engine 5. Plus que de proposer un beau jeu, les éléments visuels semblent savoir une véritable utilité dans le gameplay.

On salue également un sound design particulièrement immersif, sans oublier les transmissions radios avec nos coéquipiers qui nous donnent des informations pertinentes en temps réel, en plus de participer grandement à l’ambiance des joutes aériennes. Ces ambitions techniques ont cependant nécessité quelques sacrifices. Contrairement à Ace Combat 7, ce huitième épisode ne proposera pas de mode VR. Project Aces explique que son expérience sur le précédent opus lui a montré qu’une excellente expérience en réalité virtuelle demandait pratiquement de concevoir un autre jeu, aussi bien techniquement qu’au niveau du level design et de la narration. Le studio a donc choisi de concentrer ses ressources sur la version traditionnelle.

On attend également d’en voir plus concernant le multijoueur, que nous n’avons pas pu prendre en main durant cette démo Gamescom. Bandai Namco a justement sorti un trailer dédié le 1er septembre dernier (voir ci-dessus). On sait donc que « Ace Combat Online » disposera de sa propre progression et d’un hub social pouvant réunir jusqu’à 100 joueurs, avec du cross-play entre les différentes plateformes. Plusieurs activités seront proposées, dont un mode coopératif opposant deux escadrilles de quatre pilotes à des ennemis contrôlés par l’IA, ainsi qu’un mode PvPvE où deux équipes de quatre joueurs devront s’affronter tout en gérant de nombreuses unités terrestres, aériennes et navales. Des missions spéciales jusqu’à huit joueurs permettront également d’affronter certains boss emblématiques de la série, sans oublier des événements PvP temporaires qui compléteront l’ensemble.

Après sept années d’absence, Ace Combat 8: Wings of Theve donne donc l’impression de vouloir faire évoluer la série sans remettre en cause ce qui lui a permis de trouver son public. Même de notre point de vue de débutant, les dogfights sont immédiatement accessibles et spectaculaires. De plus, la réalisation est particulièrement réussie pour le moment et on attend de voir ce qu’il en sera au niveau de la narration et du multijoueur. Rendez-vous le 2 octobre 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S pour savoir si Wings of Theve parviendra réellement à faire décoller la licence encore un peu plus haut.