Aperçu : Deck of Ashes – Des cartes et du procédural

Sorti en avril en accès anticipé, Deck of Ashes mêle malédictions, tour par tour et deck-building. Nous faisons le point sur cette réalisation de AYGames dans cet aperçu.

Deck of Ashes est un jeu tactique, intégrant aventures, rogue-like et combats de cartes, au tour par tour. Le joueur est plongé dans un monde de dark fantasy, dans lequel il incarne une équipe d’antihéros en quête de rédemption. Le titre nous invite à explorer ce sombre univers en traquant les cartes les plus puissantes afin de composer un deck de combat unique.

Au début de l’aventure, vous incarnez Lucia (un deuxième personnage sera prochainement ajouté), une hors-la-loi qui a attiré sur le monde une terrible malédiction par soif de pouvoir. Elle est aussi la seule à pouvoir la dissiper. Deck of Ashes est né de la rencontre entre Darkest Dungeon et Sly the Spire. En tout cas, c’est en puisant leur inspiration dans les deux titres que les développeurs de AYGames ont conçu ce projet. Reprenant à l’un, les graphismes et les combats, et à l’autre, son principe de deck-building, Deck of Ashes est un jeu hybride.

Lucia, la Flamme éternelle

Deck of Ashes

Durant les campagnes, Lucia se déplace sur une carte générée aléatoirement. Il faut alors explorer cette map afin de se procurer des ressources et des cartes avant de rencontrer le boss des lieux. Puis recommencer. Au gré de ses déplacements, Lucia peut rencontrer cinq types de cases : des cases libres, qui abritent parfois des ennemis, des cases “coffres”, des portails (qui permettent de se téléporter à un autre endroit de la carte), des cases inconnues (qui déclenchent des événements, souvent négatifs pour le joueur) et des cases “batailles” qui déclenchent automatiquement des combats.

Embuscades, cataclysmes et événements aléatoires vous guettent à chaque pas.

La construction et la gestion d’un deck constitue la base du gameplay. Améliorer son deck est essentiel et vital car celui de base est peu puissant. D’après les développeurs, il y a plus de 100 cartes pour chaque personnage. Voilà qui assure au titre une bonne durée de vie car composer un deck puissant prend du temps. Pour créer une nouvelle carte, il faut d’abord trouver sa recette puis collecter les ressources nécessaires. On obtient ces recettes en combattant, en ouvrant des coffres ou grâce à des événements. Les cartes sont de plusieurs types : certaines permettent de frapper directement les adversaires, d’autres n’ont d’effet que si elles sont dans la pile de défausse. D’autres encore n’infligent pas directement des dégâts mais provoquent une altération d’état, comme le saignement ou la brûlure. Cette diversité permet de créer des combos. Néanmoins, ces derniers sont, pour l’instant, un peu faiblards.

Les combats se déroulent donc au tour par tour. Au début de chaque tour, le joueur pioche une ou plusieurs cartes afin d’en avoir cinq en main. L’utilisation des cartes a un coût en mana, qui varie d’une carte à l’autre. Lucia a 5 points de mana par tour, c’est au joueur de faire les bons choix. Toute carte qui est utilisée se désintègre et va rejoindre la défausse. Le problème, c’est que le deck s’épuise très rapidement. Le joueur est alors contraint d’utiliser un sort de régénération de cartes coûtant un nombre important de points de vie. En plus, ce sort choisit aléatoirement les cinq cartes qui sont replacées dans le deck, pourissant ainsi votre main. En effet, les chances de repiocher des cartes dont vous avez effectivement besoin sont faibles, pour peu que vous ayez un deck varié. Cette mécanique viendra bien souvent ruiner votre stratégie et en frustrera plus d’un.

Une Malédiction que seuls les Réprouvés ont le pouvoir de dissiper

Deck of Ashes

Évoquons l’esthétique du titre. La direction artistique, très inspirée de Darkest Dungeon, est l’un des points forts du jeu. Toutefois, si les graphismes semblent convaincants au premier coup d’œil, ils manquent de finition quand on y regarde de plus prêt. L’ambiance générale du titre se veut pesante et surnaturelle mais la lenteur avec laquelle se déroule les campagnes nuit à cette atmosphère.

Et c’est bien là que réside le vrai problème de Deck of Ashes : un sentiment de lourdeur se dégage du titre. Durant les combats, qui sont mous et maladroits, mais aussi dans les menus ! Un certain nombre de règles et de mécaniques alourdissent le gameplay. Par exemple, les développeurs ont fait le curieux choix de remettre à zéro les améliorations (assez coûteuses) du camp au début de chaque nouvelle campagne. On ne profite donc pas de nos game over (alors que c’est le cas dans de nombreux rogue-like). Alors, on enchaîne les parties et on finit par suivre toujours le même chemin. Bref, les heures passent et on a le sentiment de ne pas progresser. C’est le revers déplaisant des mondes créés procéduralement.

Enfin, en ce qui concerne la prise en main, elle pourrait s’avérer ardue pour les joueurs qui n’auraient pas l’habitude de jouer à ce type de jeu. En effet, les explications de l’épilogue sont peu complètes et manquent de clarté. Par ailleurs, un équilibrage de la difficulté serait bienvenu car la place importante laissée au hasard et à la chance vient souvent gâter les parties. L’expérience peut être parfois très facile, parfois très punitive sans qu’on puisse parfois y faire grand-chose.

Deck of Ashes, qui devrait sortir de son accès anticipé au deuxième semestre de 2019, est actuellement disponible sur Steam au prix de 12,49 €.

Un fourre-tour qui ne convainc pas

Deck of Ashes se fonde sur de bonnes idées et un mélange des genres plutôt séduisant. Malheureusement, la synergie ne prend pas. Le titre se révèle être une sorte de fourre-tout qui peine à prendre forme et où l'on finit par s'ennuyer. Les développeurs sont assez actifs depuis la sortie en accès anticipé ; espérons que les retours des joueurs les aideront à redresser la barre.

Velaines

Cette preview a été réalisée à partir d'une version éditeur

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Deck of Ashes
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