EA Sports FC 27 : « C’est notre promesse aux fans », ce que The Grounds ne fait pas encore et ce qu’il veut devenir

À quelques jours de la sortie officielle d’EA Sports FC 27, nous avons pu poser nos questions à Karthik Venkateshan, line producer sur The Grounds, la grosse nouveauté de cette édition. Un hub social ouvert, partagé, greffé sur le mode Clubs, qui remplace les menus par un monde où l’on croise d’autres joueurs. L’entretien a surtout servi à cerner les limites que l’équipe assume pour cette première année, et la feuille de route qu’elle se fixe pour les suivantes.

Mbappé sur l'illustration de EA Sports FC 27 // Source : ActuGaming

Une idée lancée par le mode Clubs

Depuis des années, la licence footballistique d’Electronic Arts est souvent décriée pour son manque de nouveautés. Et à juste titre, car il est fréquent de n’avoir qu’une mise à jour des licences ponctuée de quelques ajouts anecdotiques et autres ajustements de gameplay. Pourtant, parfois, la série tente d’inclure de nouvelles choses, comme ce fut le cas avec Volta, ou le mode scénarisé, avec The Journey. Certaines folies, parfois réussies, d’autres fois abandonnées.

En 2026, Electronic Arts a eu envie de regrouper plusieurs de ses modes, tout en essayant de connecter davantage la communauté. Un hub social, qui répond au nom de The Grounds, qui est la principale nouveauté de cette cuvée FC 27. Justement, on a pu poser quelques questions (en exclusivité française) au line producer au sujet de ce nouveau mode. Et selon Karthik Venkateshan, plusieurs facteurs ont poussé l’équipe à imaginer ce mode.

« Le premier public qui nous a aidés à entrevoir cette vision, c’est le public de Clubs. C’est le public le plus engagé socialement au sein de FC, et au fil des années ça représente des millions et des millions de joueurs. Ils nous ont toujours demandé plus de façons de jouer ensemble avec leurs coéquipiers de club, et plus de façons de faire progresser leur club quand ces coéquipiers sont hors ligne. »

De ces conversations est sortie une constante, selon lui : interrogés sur le football social, ces joueurs ramenaient tous le sujet aux arrière-cours et aux espaces de quartier de leur enfance. D’où le « fantasme de la rue au stade » qui structure The Grounds. Les athlètes professionnels contactés pour devenir mentors ont tenu le même discours sur leurs propres débuts. « Ça nous a semblé parfait : voilà quelque chose d’authentique dans le football qu’on n’a pas dans le jeu aujourd’hui », résume-t-il.

Ni trop grand, ni trop petit

Une volonté d’immersion supplémentaire, qu’il fallait désormais construire ludiquement parlant. On s’est alors posé la question des difficultés rencontrées pendant le développement ; de ses balbutiements à sa durée de conception. Venkateshan n’a pas vraiment voulu nous dire quand a commencé le développement mais évoque une idée qui a évolué :

« Ça fait quelques années, ça je peux vous le dire avec certitude. Et d’une certaine manière, ça fait même plus que quelques années, à cause de tout ce qu’il a fallu mettre en place. Si vous me demandez combien de temps il a fallu pour construire The Grounds dans son ensemble, la réponse n’existe pas, parce que tout remonte à l’époque où on a fait le jeu en équipe en ligne, qu’on a ensuite transformé en Be a Pro, puis en Clubs, puis en Rush. »

Le défi principal, lui, était très concret : la taille de l’espace. « On savait ce qu’on voulait : un espace partagé où tout le monde peut se voir et vivre le football comme on le vivrait dans son arrière-cour ou son quartier. C’était le rêve. Mais l’exécuter était difficile ». Trop grand, les joueurs ne se croisent plus et n’arrivent pas à se regrouper. Trop petit, l’immersion s’effondre. « On se dit : il n’y a que quelques recoins ici, pourquoi je suis dans un monde ouvert ? Autant ne pas en faire un monde du tout. »

Le second obstacle est plus révélateur du game design, avec le bon équilibre à trouver, parce qu’il fallait garder l’ambiance que dégage un terrain de quartier et les attentes d’un jeu : « Dans le monde réel, ça ne vous dérange pas d’aller sur un terrain de foot, de voir d’autres gens jouer, et soit de les rejoindre, soit de vous dire : bon, je vais aller trouver un autre terrain. Dans un jeu, vous ne voulez pas faire ça. Vous voulez juste jouer. »

Des mentors qui sont là pour faire beau ?

Parmi les petites activités à dénicher dans ce nouveau mode, on pourra croiser des visages connus. Quatre mentors, Kylian Mbappé, Paulo Dybala, Chloe Kelly et Alex Hunter, avec qui vous pourrez échanger et discuter. Mais peut-on espérer une évolution de notre relation ou des conséquences selon notre discussion avec eux ? Pas vraiment. Les choix de dialogue existent, mais Venkateshan les cadre sans détour : sur cette première année, ils sont limités dans leur portée. Interrogé sur l’existence d’un système de relation, il répond aussi par la négative.

L’objectif est clair pour ce premier essai : nous guider dans ce hub inédit pour qu’en parallèle, les joueurs et joueuses se disent : « J’apprends des choses sur mes athlètes préférés », afin de créer une première connexion. « Est-ce que c’est une trame narrative PvE profonde où les choix comptent, avec des systèmes de relation et ce genre de choses ? Non, pas encore, en tout cas. On veut commencer quelque part, avec cette première itération. ». 

La présence d’Alex Hunter, héros de The Journey, n’est pas qu’un clin d’œil nostalgique. Elle remplit selon lui une fonction que les footballeurs réels ne peuvent pas assurer : « Si on met des athlètes là-dedans, ils ne sont pas si identifiables pour une personne normale. Ce sont tous des surhommes et des superstars. Alex Hunter, lui, donnait l’impression d’être l’un d’entre vous, et il est devenu formidable, donc vous aussi vous pouvez devenir ce footballeur formidable. »

Quant à un éventuel retour de The Journey à plus grande échelle pour un prochain épisode, la réponse tient en trois lettres : « TBD » (ndlr : à déterminer). Le studio veut d’abord mesurer la réception.

Dix événements par an, et des watch parties en ligne de mire

Le contenu post-lancement est plus balisé. Dix moments sont prévus dans l’année civile, chacun ayant pour objectif de transformer l’apparence du monde, ce qu’EA appelle un Takeover. Le premier, European Nights, s’appuie sur la Ligue des Champions : bannières bleues, trophées et symboles de l’UEFA viendront habiller le décor, accompagnés d’événements de gameplay en temps limité, de cosmétiques et de nouvelles cibles pour les Drop Kick Targets. Halloween suivra, puis le Black Friday, les fêtes et l’équipe de l’année. Les campagnes restantes ne sont pas encore arrêtées.

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La carte du hub The Grounds // EA Sports FC 27 // Source : Electronic Arts

Nous avons demandé si la diffusion de vrais matchs en direct dans le monde était envisageable. Car à une période où les jeux deviennent des hubs sociaux à part entière (comme Fortnite), la question se pose, et elle n’est pas innocente : la demande existe déjà, et l’équipe l’a identifiée sous le nom de watch parties. Ce n’est pas au programme cette année, mais la référence de Venkateshan est toujours la même.

« Ça fait partie de ce que les gens font dans les communautés. Quand la Coupe du monde a lieu, ou quand des matchs de tournoi importants se jouent, il y a un endroit dans votre quartier avec un grand écran. Les gens s’assoient, il y a peut-être à manger, il y a de la danse, et ils regardent. »

The Grounds, encore plus complet pour FC 28 ?

L’un des fils rouges de cette entrevue était le souhait de faire perdurer ce mode. Tout au long de l’année, déjà, mais aussi sur la suite de la licence. S’il est évidemment trop tôt pour affirmer que The Grounds sera de retour dans EA Sports FC 28, la volonté est bien là : ce qui manque cette année est rarement abandonné, plutôt reporté. Interrogé sur le maintien du mode dans les prochains opus, Venkateshan ne laisse aucune place au doute.

« Oui. À 100 %. C’est là pour rester. »

Le vocabulaire employé tout au long de l’échange va dans le même sens. Il ne parle pas de lancement mais d’année une, et presque chaque limite évoquée s’accompagne d’une échéance repoussée. Les mentors, d’abord, dont les objectifs sont explicitement bornés à cette première édition : « on veut développer ça dans les années à venir ». Le studio conditionne cette expansion aux retours reçus. Même logique pour les watch parties évoquées plus haut.

« On veut commencer quelque part, avec cette première itération. Voir ce que les joueurs en disent. Est-ce qu’ils aiment cette fonctionnalité ? Est-ce qu’ils en veulent plus ? Ce sont clairement les pistes par lesquelles on peut faire grandir le produit. »

La chose que toute l’équipe voulait faire

Notre dernière question portait sur une idée écartée faute de temps. La réponse a été immédiate, et c’est sans doute le passage le plus révélateur de l’entretien sur ce que The Grounds n’est pas encore. Aujourd’hui, jouer au football suppose de rejoindre un terrain. Les Drop Kick Targets, qui permettent de faire apparaître un ballon et de viser des cibles, sont présentés comme un palliatif.

« Ce que les gens veulent vraiment, vraiment, dans l’équipe comme ailleurs, c’est juste poser le ballon quand on est dans le monde, en caméra à la troisième personne, en déplacement libre, et jouer au football. Vous et moi dans le monde : je suis là, je pose mon ballon, je vous fais une passe, vous l’avez, vous me la rendez. On peut tous les deux faire des missions ou des quêtes ensemble, librement. Pas besoin d’aller sur un terrain, pas de file d’attente. C’est l’état rêvé. »

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Oui, du Foot Basket est au programme de The Grounds – EA Sports FC 27 // Source : Electronic Arts

Suit un aveu que peu de producteurs formulent aussi directement à quelques jours d’un lancement (ce qui est particulièrement appréciable) : « Mais c’est très, très, très, très difficile. On a voulu essayer de le faire, et on s’est dit : bon, il nous faut plus de temps. » La formule qui clôt la réponse engage néanmoins le studio au-delà de cette édition : « C’est notre promesse aux fans : on y arrivera. Ça va juste nous prendre du temps. »

Enfin, histoire de terminer sur une note plus légère, on a demandé à Karthik Venkateshan son activité préférée dans ce mode de jeu. « Facile » nous dit-il en répondant instinctivement le 1v1. « C’est juste que j’ai un enfant de six ans, et il passe son temps à jouer au 1v1 avec moi. C’est tellement simple. Tout le monde connaît, tout le monde comprend. J’adore. »

On remercie Karthik Venkateshan pour son temps et l’équipe d’Electronic Arts pour l’opportunité. EA Sports FC 27 sort ce 25 septembre sur PC, PS5, PS4, Xbox Series, Xbox One, Switch et Switch 2. The Grounds lui, est seulement accessible sur les consoles les plus récentes.