Avatar: Frontiers of Pandora – D’entre les Cendres : Que vaut cette nouvelle extension ?
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Rédigé par Mathieu Corso
Après moult DLC qui n’ont pas révolutionné grand-chose, Avatar: Frontiers of Pandora revient avec son extension D’entre les Cendres. Développé comme un standalone séparé du season pass et censé promouvoir le troisième volet d’Avatar nommé De Feu et de cendres, le titre des petits gars de Massive Entertainment a à cœur de faire beaucoup mieux que le jeu de base. Des éléments simplifiés en passant par la vue à la troisième personne et quelques améliorations de gameplay qui nous font prendre le rôle de So’Lek, cette extension vaut-elle le coup avant de se plonger dans le troisième film de la franchise ? Dans un sens oui, même s’il subsiste les mêmes soucis que dans le jeu d’origine.
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ToggleMangkwan vs. Sarentu
Avant de nous plonger dans cette nouvelle aventure, l’extension D’entre les cendres a la bonne idée de nous remémorer les évènements précédents contés dans Avatar: Frontiers of Pandora via une longue cinématique. Puis, tout juste après avoir commencé avec le passé de So’Lek, vous serez directement propulsé plus d’un an après la fin d’Avatar: Frontiers of Pandora.
Après avoir vaincu Mercer et tous les autres antagonistes des DLC, une nouvelle menace se profile à l’horizon. Les Na’vis et So’Lek, que vous allez incarner, devront affronter la RDA de Bukowski et son nouvel allié qui n’est autre que le clan des cendres, les Mangkwan. Vous devrez vous venger de ces derniers qui ont ravagé la forêt des klingors et décimé les membres de votre clan.
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En somme, on ne peut pas réellement affirmer que le titre brille encore de par sa narration. L’histoire permet certes d’introduire le clan des cendres mais cela reste très bateau. Même si nous apprécions les divergences de point de vue entre certains membres du clan et So’Lek (ce dernier utilisant la technologie des humains, ce qui est une hérésie pour Nor par exemple), il faut bien avouer que la fin est ultra prévisible. Certains protagonistes sont même un peu en retrait, dont Teylan. Il y a toutefois quelques moments riches en émotions et en retournements qui arrivent à fendre le cœur.
De plus, il est relativement intéressant de voir la facette sombre des Na’vis via les Mangkwan, avec leur haine et cruauté sans limite. Avouons-le, l’histoire de ce standalone est légèrement supérieure à ce que proposait Avatar: Frontiers of Pandora il y a deux ans, tout comme ses autres DLC. Ceci dit, il subsiste une écriture confuse avec un trop plein de personnages
Au moins, on pourra être un peu satisfait de cette extension pour le fait qu’elle introduise rapidement, sur la fin, le fameux colonel Miles Quaritch via une transmission radio avec Bukowski, histoire d’effectuer un prolongement sympathique avec le troisième film, qui se déroule en parallèle. De plus, la mise en scène arrive même quelquefois à avoir des éclairs de génie sur les cinématiques comme sur une poignée de combats de boss avec des séquences agréables. Mais bref, nous allons quand même persister et signer sur la qualité de la narration, décevante et montrant que la marge de manœuvre du studio basé à Malmö est malheureusement limitée par Disney et Lightstorm Entertainment (le studio de James Cameron), dans l’élaboration d’une trame plus intéressante.
On se rassurera donc comme on peut avec notamment sa direction artistique, plus sombre et surprenante dans le bon sens. Effectivement, la forêt colorée et paisible de Pandora se transforme en un vrai brasier grisâtre et cendreux par le passage des Mangwan et de la RDA. Le contraste entre le jeu de base et cette extension est globalement rafraichissant. Le rouge est aussi ultra présent dans les teintes des décors, voulant certainement montrer la menace Mangkwan omniprésente. Concrètement, si le terrain de jeu est relativement peu inspiré car il reprend grossièrement la grande carte ouverte du jeu d’origine, le changement d’ambiance graphique donne une légère bouffée d’air frais, et on prend avec plaisir.
De petits changements dans le gameplay, sans révolutionner
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Parmi les nouveautés offertes par l’extension D’entre les Cendres de Avatar: Frontiers of Pandora, on notera avant toute chose l’ajout de la troisième personne. Déjà présente sur le jeu de base via une mise à jour gratuite, cette vue a d’autant plus sa place ici, puisque ce standalone a entièrement été conçu autour. D’ailleurs, on se demande encore pourquoi le studio Massive Entertainment n’a pas d’emblée sorti une vue FPS et TPS pour laisser le choix au joueur il y a deux ans. Mais bref, il faut bien avouer que la vue à la troisième personne demeure agréable, et rend mine de rien les gunfights beaucoup plus lisibles qu’avec la vue FPS.
S’il y a évidemment une rigidité maladroite toujours présente dans la maniabilité voire les animations, on apprécie le geste d’avoir conçu une aventure spécialement pour la troisième personne, bien qu’il soit toujours possible via une simple option dans les menus, de passer à la vue FPS. En incarnant cette fois-ci So’Lek, qui reste à notre sens le protagoniste le plus intéressant du jeu d’origine, vous vous doutez bien que des changements mineurs sont de la partie côté gameplay. Déjà, sachez que notre héros aura le sens du guerrier. Une fois la jauge remplie, So’Lek rentre dans un mode rage, et fait beaucoup plus de dégâts pendant un court laps de temps. Cette mécanique de jeu est plutôt bienvenue, bien que très générique et peu inventive.
Qui plus est, l’infiltration est nettement simplifiée. Cette fois-ci, notre protagoniste pourra se mettre derrière un ennemi et effectuer un coup de grâce, en guise d’élimination silencieuse. L’infiltration est pour le coup mieux amenée et encouragée au maximum pour nettoyer les zones, et y aller en mode bourrin est beaucoup plus permissif. Massive Entertainment a donc compris qu’il fallait simplifier les choses sur le gameplay, même si les sensations de tir sont hélas identiques au jeu de base, idem pour le corps à corps, toujours peu engageant. Vous l’aurez compris, les efforts sont là mais les défauts du jeu de base aussi, à notre grand regret. Par contre, l’orientation action de cette extension est appréciable, permettant un rythme plus soutenu.
Le soft introduit également un peu plus de combats aériens à dos d’ikran, mais aussi quelques combats contre les Mangkwan. Pour le premier, cela reste finalement dans la veine du jeu d’origine, avec quelques petites améliorations via le coup de grâce que l’on peut faire, et ce sera tout. Rien de bien folichon en somme, et même les combats de boss (certains tentent malgré tout d’être originaux), plus nombreux que dans le jeu de base, n’offrent finalement que peu de renouvellement dans le gameplay. Idem pour les Mangkwan, où il faut juste leur tirer dessus jusqu’à plus soif et faire descendre leur jauge de vie avant de leur porter un coup de grâce. Vous l’aurez compris, ce n’est pas révolutionnaire du tout, et le peu de Mangkwan que l’on croise font presque office de collectibles, afin de gagner des plaques pour So’Lek lui permettant de débloquer de nouvelles compétences.
Simplifié et plus agréable dans la progression, avec les vieux démons du jeu originel
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En parlant de simplification, la progression en elle aussi fait les frais. Oubliez le niveau de puissance du jeu de base, car le développeur en a totalement fini avec ce système, au même titre que l’artisanat. L’interface est désormais plus simpliste, digeste, et vous pouvez améliorer votre équipement directement sur le menu du personnage, et via des ressources trouvées sur votre chemin, ou dans des caisses de la RDA. Vous aurez par la suite juste le niveau de rareté qui augmentera les statistiques de votre arsenal allant de noble à Sublime par exemple. Tout y est donc plus simple, moins prise de tête, et l’ensemble tend vers du Light RPG contrairement au jeu original. Massive Entertainement aurait dû comprendre qu’il fallait faire ça dès le début, ce qui aurait pu séduire les joueurs à l’époque de la sortie du jeu.
Reste que malheureusement le titre souffre des mêmes défauts que Avatar: Frontiers of Pandora. Les quêtes secondaires contenant de la destruction de bases de la RDA sont omniprésentes (un peu plus variées dans l’approche mais ce n’est pas toujours ça), et les missions principales son hélas encore et toujours rébarbatives et répétitives. Toutefois, tout n’est pas à jeter car certaines sont sympas, mais elles se comptent sur les doigts d’une seule main. Mais pour le reste, vous partirez souvent sur des quêtes à base d’infiltration, d’enquêtes trop simples, de destruction, mais aussi de moments narratifs ennuyeux qui n’apportent pas de plus value à l’histoire principale. Les mêmes écueils sont encore présents, montrant que Massive Entertainment ne s’est pas trop creusé la tête.
So’Lek aura également accès à son propre camp. Ici rien de transcendant, dans la mesure où vous pourrez changer le cycle jour/nuit si besoin, méditer pour récupérer de la santé, voire confectionner des plats qui vous octroieront au choix des bonus temporaires, ou de la santé. Il est aussi possible de voyager rapidement dans ce camp ou dans d’autres, avec assez peu d’interactions et les mêmes éléments que dans le camp de notre Héros. Tout y est très générique et peu intéressant au même titre que l’arbre à compétences de notre protagoniste. Celui-ci, très basique, remplace les points de compétences par des plaques à récolter ou à glaner en terminant des quêtes, afin de déverrouiller de nouvelles compétences pour l’infiltration ou le sens du guerrier de So’Lek. Tout ceci n’est pas inventif, au même titre que son monde ouvert, moins organique et vivant que le jeu de base. Des concessions ont été faites un peu trop à l’extrême sur cet aspect, et la chasse peut être finalement aisément mise de côté. Dommage, cette mécanique était mieux mise en avant sur le jeu de base.
Graphismes et bande-son, toujours top mais truffés de bugs
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Sur le plan graphique, même deux ans après, le Snowdrop Engine fait encore des merveilles sur cette extension. Les panoramas de Pandora sont toujours saisissants de beauté, et la réalisation globale, jusque dans les animations et textures, n’a pas pris une ride. Il y a certes quelques éléments qui ont légèrement pris un coup de vieux, mais l’ensemble est toujours super beau à regarder. Cependant et on va encore pester là-dessus, les bugs sont omniprésents avec pas mal de retards d’affichage et même du clipping. Tout ceci montre une nouvelle fois que les productions made in Ubisoft, c’est toujours compliqué en termes d’optimisation et de stabilité.
Par contre, on pourra enfin saluer logiquement la bande-son, toujours dans le même ton que la franchise cinématographique. Les musiques s’allient très bien avec chaque moment, et même les doublages français sont une nouvelle fois de très bonne qualité. Tout est bien calibré en somme comme les bruitages, relativement honnêtes.
Que retenir de l’extension D’entre les Cendres de Avatar: Frontiers of Pandora ? Disons que ce standalone relève légèrement le niveau en simplifiant des éléments de gameplay, tout en améliorant ou rajoutant certaines mécaniques de jeu. L’introduction des Mangkwan fera plaisir aux fans voulant voir ou ayant déjà vu le troisième film, et le titre apporte une petite touche en plus avec la vue à la troisième personne, corrigeant quelques soucis de la vue FPS. Les efforts sont consentis par le studio, qui aurait dû prendre ce chemin dès le jeu original. D’ailleurs, tout n’est évidemment pas parfait car le soft replonge dans ses travers avec une narration anecdotique, des missions principales très inégales, et un contenu annexe répétitif aux situations trop similaires. Nous avons là une extension soufflant le chaud et le froid, montrant que Massive Entertainment est pieds et poings liés quand il s’agit de prendre des libertés sur cet univers qui est pourtant très riche. Cela dit, la durée de vie est quand même colossale pour une extension pas si chère, même si forcément, la base est trop frileuse pour l’aimer de tout notre cœur.