Aphelion : Nos premiers pas sur Perséphone, nouveau terrain de jeu de Don’t Nod
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Rédigé par Florian
Ces dernières années, l’éditeur-développeur français Don’t Nod nous proposait des expériences très différentes, comme Lost Records: Bloom & Rage ou encore Jusant. À l’occasion d’un événement organisé pour la presse, nous avons pu découvrir en détail le prochain projet du studio, Aphelion. Créé en collaboration avec l’ESA, cette épopée spatiale (révélée pour la première fois en juin dernier) mettra en scène deux astronautes séparés à la suite d’une catastrophe les forçant à découvrir, par eux-mêmes et seuls, les secrets d’une planète gelée, Perséphone. Une présentation suivie d’une prise en main, qui nous était proposée par Dimitri Weideli, producteur exécutif du jeu, et Florent Guillaume, directeur créatif d’Aphelion. Voici nos premières impressions.
Conditions d’aperçu : Nous avons pu assister à une présentation d’environ 1h en compagnie de certains développeurs d’Aphelion, avant d’avoir accès à une version d’essai sur PC via Steam nous permettant d’apercevoir une partie de deux chapitres du jeu, pour un total de jeu d’environ 45 minutes.
Une aventure cinématique qui démarre fort

Notre prise en main a démarré avec le tout premier chapitre de l’aventure de science-fiction, expurgé de sa cinématique d’introduction jugée trop spoilante. Aux commandes d’Ariane Montclair, scientifique et astronaute d’une quarantaine d’années, nous voilà déboussolés suite au crash de notre vaisseau spatial. L’ouverture d’une porte nous mènera droit à la première séquence d’action de l’aventure, dans laquelle éviter les objets sur notre route et se rattraper in extremis constitueront les premiers enjeux pour notre survie. Une introduction de quelques minutes qui donne déjà le ton d’une épopée qui fera la part belle aux phases de surprises, que l’on espère pas trop téléphonées, ni trop scriptées pour garder le naturel qui se dégage de cette séquence d’ouverture.
Ce premier chapitre, intitulé The Wreck, fera, comme vous vous en doutez, office de tutoriel géant. Déplacement le long de corniches, course, saut, grappin et autre appareil électronique censé nous aider à nous localiser, tout ceci reste assez classique, mais l’atmosphère qui se dégage de cette première prise en mains est extrêmement agréable avec un ATH purgé de toute fioriture, des graphismes proches du réaliste (même si l’on se demande pourquoi un vaisseau d’une telle envergure pour deux pauvres astronautes, mais soit) et une narration qui semble une nouvelle fois briemment orchestrée par les équipes de Don’t Nod. Notez que contrairement à d’autres jeux du même style, la réception des sauts ne sera pas forcément automatique, il vous faudra appuyer sur une touche au bon moment pour saisir une accroche sous peine de risquer une chute fatale. Sympathique, même si nous avons pu voir qu’un QTE s’active pour vous laisser une chance supplémentaire.
Niveau gameplay, le reste de ce premier chapitre s’est avéré une nouvelle fois assez classique, avec essentiellement des phases de plateforme, des QTE, mais également des cinématiques qui prennent le temps de poser le décor avec un ratio qui va s’étoffer au fil du jeu pour laisser plus de place au gameplay comparativement aux cinématiques. Un décor qui se veut épuré, très dirigiste et scripté, mais c’est ce qui fait le sel de ce genre d’expérience, qui pourrait, pour certains, se rapprocher d’un walking-simulator, ce qui n’est pas exactement le cas ici tout de même pour ce que nous en avons vu (on pense au cas Fort Solis ici). L’expérience nous fera davantage penser aux jeux de la série de KeokeN Interactive, Deliver Us The Moon et Deliver Us Mars.
Après de nouvelles phases d’action, Ariane se voit libérée d’une partie de sa navette spatiale Horizon IV en quête de son compagnon de route, Thomas Cross, porté disparu. L’objectif principal d’Ariane se situera donc pour l’instant dans la recherche de son collègue perdu, qu’il soit mort ou vif, sur cette planète gelée, aux confins de notre système solaire. Réalisé en partenariat avec l’ESA (l’Agence Spatiale Européenne) pour rendre l’ensemble aussi crédible que possible, Aphelion prend le parti d’imaginer une 9ᵉ planète à notre système solaire existant (puisque Pluton n’en est officiellement plus une depuis belle lurette), et en fait un potentiel berceau pour l’humanité des années 2060, la Terre étant devenue inhabitable. Perséphone se voit donc être un espoir de survie pour l’espèce humaine, qui décide de confier à la mission scientifique Hope-01 le soin d’étudier la planète afin d’en déterminer les chances de prospérer.
Mais pour cela, Ariane doit donc retrouver son collègue qui ne répond à aucun appel radio, tout comme le reste des bases terrestres. En parvenant à pénétrer au cœur de l’épave de la navette spatiale, Ariane va conclure que son collègue est parvenu à s’échapper via une capsule individuelle, juste avant qu’elle ne doive fuir elle-même un gigantesque incendie qui se déclare, faisant une nouvelle fois appel à vos réflexes et votre rapidité d’analyse de la situation. Pour rappel, dans les jeux Don’t Nod, une erreur peut vous faire perdre la vie, mais il s’est avéré assez simple de s’en sortir pour l’instant. L’occasion de rajouter que des options d’accessibilité seront disponibles dans le jeu final, avec une gestion de l’oxygène (pour Thomas) plus simple, des QTE automatiquement réussis, ou bien des phases de traversée avec gestion de l’équilibre sur des corniches étroites, plus simples à gérer. Il a également été fait mention durant notre présentation de la possibilité d’atténuer la présence visuelle des corniches disponibles pour nos personnages, en lieu et place de grosses peintures jaunes très connues de ce genre de jeu. Les développeurs nous ont également affirmé qu’il n’y aura pas d’embranchements narratifs dans cette production et que la fin vécue sera unique.
Sacrée crevasse

Désormais convaincue que Thomas est en vie, Ariane va tenter de le retrouver en explorant la planète gelée, très calme. Trop calme ? Effectivement, après un saut narratif que nous n’avons pas pu voir, nous nous sommes retrouvés catapultés dans le chapitre 4 sur les 11 que devrait comporter l’aventure finale (pour un total de 8 à 10h de jeu), immédiatement après qu’Ariane soit tombée dans une grande crevasse, se retrouvant piégée dans des souterrains angoissants. L’occasion de féliciter le travail effectué sur l’immersion, la direction artistique mais aussi le travail sur l’interprétation d’Ariane Montclair (incarnée par l’animatrice et comédienne française Vanessa Dolmen, plutôt convaincante). Thomas Cross sera quant à lui interprété par Eric Geynes. On tiquera simplement sur quelques textures encore en deçà, voire quelques animations très saccadées, ou même sur certains angles de caméra, qu’il nous faudra réévaluer à la sortie du jeu, mais qui pourraient bloquer la lisibilité de l’action par moments. On rappelle que le jeu, tel qu’il a été aperçu, est encore en phase de développement.
La jeune femme va ensuite devoir progresser à l’aide de corniches et de son grappin jusqu’à réaliser qu’elle n’avait pas rêvé : il y a bien quelque chose qui la suit, et qui semble vraiment hostile. On vous passera les détails, que vous pourrez découvrir dans le nouveau trailer de gameplay diffusé à l’occasion de la publication de cet aperçu (et à retrouver ci-dessus), mais cette forme de vie extraterrestre prendra la forme d’un Nemesis durant votre aventure. Une créature hostile qui ne vous verra pas, mais qui vous entendra au moindre son émis (qu’il soit fort comme un saut ou un sprint) ou répété (comme une marche sans prendre le soin de s’accroupir). La créature, animée en une sorte de stop-motion convaincant, suivra des patterns précis mais pourra modifier son trajet si vous la dérangez, il vous faudra donc faire preuve d’ingéniosité pour l’éloigner des zones voulues pour progresser.
En sortant de cette première phase d’infiltration, nous avons pu nous essayer à un nouvel outil mis à notre disposition, un scanner électromagnétique nous permettant de visualiser des fréquences. En s’alignant sur les fréquences perçues, il est possible de suivre un tracé jusqu’à une anomalie à détruire pour libérer de nouveaux passages. Dans des aperçus de gameplay que nous avons pu voir en complément de cette présentation, il nous sera aussi possible de réparer des anomalies magnétiques corrompues à l’aide de ce scanner pour renouveler un peu la boucle de gameplay. Notre prise en mains s’arrêtait ici, mais nous avons pu apercevoir en avance le gameplay de Thomas, que nous n’avons pas pu incarner toutefois ici, et qui va apporter une autre vision de l’aventure et de ce qui se trame sur cette planète pas si inoccupée que cela.
Dans ces séquences nous montrant Thomas pour la première fois en mouvement, nous avons pu apprendre qu’il disposera d’autres capacités comme celle de réaliser des enquêtes, en fouillant des zones et trouvant des indices, mais aussi d’utiliser son grappin comme ligne de vie ou pour tirer des objets ou barricades bloquant son passage. L’homme a ainsi pu pénétrer dans une sorte de base déjà existante (alors qu’il devrait s’agir d’une planète inexplorée) en remarquant que rien ne s’est passé comme prévu pour l’équipage préalablement en place. On vous passera volontiers les détails que l’on a pu voir, mais il nous faudra une fois de plus compter sur des séquences de fuite rythmées et bien mises en scène, tout en jouant sur la gestion de l’oxygène en trouvant des bouteilles ou stations de ravitaillement un peu partout.
Une première prise en main extrêmement rassurante pour le prochain jeu de Don’t Nod, qui doit encore peaufiner son expérience pour proposer une aventure aussi novatrice que réaliste. On espère que la narration tiendra toutes ses promesses et que les phases d’infiltration, pour l’instant en retrait, nous proposeront de vraies sueurs froides. On a aussi hâte de découvrir plus en détail la bande originale créée par Amine Bouhafa et qui devrait rythmer de la plus belle des manières l’épopée d’Ariane et Thomas. Dernière information : Aphelion devrait être disponible ce printemps 2026 sur PC (Steam et Xbox PC), PlayStation 5, Xbox Series X/S (et Xbox Cloud) et aussi dès son lancement dans le Xbox Game Pass (probablement Ultimate et PC).






















