Aces of Thunder : Que vaut cette simulation de vol et de combat aérien en VR ?
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Rédigé par Mathieu Corso
Des simulations de combats aériens, il n’y en a pas beaucoup en VR et Aces of Thunder tente de réparer cet affront. Produit par Gaijing Entertainement, qui avait sorti un excellent War Thunder, cette suite spirituelle nous embarque dans un simulateur de vol orienté combat aérien en pleine seconde guerre mondiale.
Disponible depuis le 3 février dernier sur le PlayStation VR2 et SteamVR, le titre nous propose un mode campagne avec quelques missions, un large choix d’avions de guerre, mais aussi un mode multijoueur. Nous y avons joué quelques heures et que dire, si ce n’est que le résultat est plutôt frustrant et ne sera surtout pas à mettre entre toutes les mains.
Un contenu qui manque de matière

Un large choix d’avions
Avant toute chose, le bât qui blesse dans Aces of Thunder, c’est surtout l’absence d’un veritable didacticiel. Rien ne vous est expliqué en lançant le jeu et ce sera à vous de vous débrouiller sur comment prendre en main le soft. Un vrai problème qui peut se résoudre en lisant un petit manuel dans les menus. Cela vous montre très vaguement comment faire décoller votre avion ou combattre face à vos assaillants sur la terre ferme ou dans les airs. Hélas ce n’est pas suffisant et les joueurs et joueuses pas assez investis auront vite fait de lâcher l’affaire à la longue.
C’est d’ores et déjà le gros soucis d’Aces of Thunder, qui laisse les débutants sur le bord de la route et qui va se concentrer sur les joueurs plus chevronnés de ce type de simulation. Autant dire que cet aspect n’est pas plaisant du tout et qu’il aurait quand même fallu un mode tutoriel pour au moins apprendre les bases à tout le monde. Car qu’on soit clair, une simulation peut être aisément accessible à tous le monde si tout y est bien expliqué.
Mais bref pour le reste, il faut déjà constater que le bébé de Gaijin Entertainment offre un contenu décent en matière de cartes et d’avions à manipuler. En effet, attendez-vous à pas moins d’une quinzaine de cartes à parcourir et pas moins de 29 avions différents. Du Japon, en passant par les États-Unis, l’URSS ou encore la Grande-Bretagne, il y aura de quoi faire en matière d’avions à piloter, dotés de détails qui respectent les appareils d’époque.
Cela reste suffisant, même si le contenu des modes de jeu laisse à désirer. Vous aurez d’abord un mode solo composé de quatorze missions seulement et avec des objectifs des plus rébarbatifs. Il faudra abattre les ennemis adverses dans les airs ou sur la terre ferme, voire aller d’un point A à un point B tout au plus. Ledit mode est dénué d’histoire et n’est autre qu’un vague entrainement pour son mode multijoueur.
Justement, le cœur du jeu résidera dans ce mode multijoueur. Outre un mode vol libre pour vous aider à vous familiariser avec les commandes de vol, vous pourrez vous friter en ligne contre d’autres joueurs. Vous serez majoritairement dans une équipe et votre but sera d’éliminer vos adversaires et faire baisser la jauge adverse. On y retrouverait presque un petit système à la Battlefield. Sachez par ailleurs que ce sera l’unique mode de jeu et avec l’impossibilité de choisir la carte ou tout autres options. Autant dire que sur cet aspect, le titre décoit quand même.
Aussi exigeant que frustrant dans le gameplay

Le soucis du détail dans les cockpits est fantastique
Sur le gameplay, il faut bien admettre que vous allez mettre un sacret paquet d’heures avant de maitriser un tant soit peu Aces of Thunder. En somme pour décoller, il suffira de pousser le joystick droit de votre PSVR Sense afin d’accélérer la vitesse du bolide, puis redresser le manche de l’appareil vers vous pour ensuite faire décoller l’avion lorsque c’est le bon moment, et ainsi redresser le nez de ce dernier. Vous l’aurez compris, la prise en main rien que pour décoller et stabiliser l’appareil en jouant avec les volets des ailes demandera une certaine exigence.
Ainsi, ne vous attendez pas à réussir du premier coup et attendez-vous à vous crasher de nombreuses fois avant de parvenir à piloter correctement votre appareil. On peut au passage reconnaître une certaine authenticité dans Aces of Thunder, avec les nombreux cockpits bien détaillés qui renforcent l’immersion. L’interface de chaque appareil que vous contrôlerez sera radicalement différente, avec une prise en main qui restera plus ou moins différente en fonction de chaque avion. C’est son gros point fort, bien que la maniabilité globale restera hélas plus ou moins la même en règle générale.
Par ailleurs, on pourra regretter justement une prise en main peu engageante avec les PSVR Senses. Il y a parfois quelques imprécisions, des cafouillages et nous ne pourrons que vous recommander de passer à la caisse en vous procurant de vrais manches et pédaliers de la marque Thrustmaster. C’est ici que le gameplay sera à notre sens bien plus optimal et prenant tout en y jouant en VR.
Autant dire que la possibilité d’y jouer à la manette ou via les PSVR Sense ne dévoilera pas tout le potentiel du soft et c’est bien regrettable. Sans surprise, les combats de Aces of Thunder seront aussi de la même trempe en matière de difficulté. Simulation oblige, Aces of Thunder ne vous larguera pas directement dans le feu de l’action. Les affrontements tarderont à arriver et il faudra d’abord aller dans la mêlée des affrontements avant de pourchasser un quelconque adversaire.
Vous pouvez cependant quand même varier les plaisirs entre pourchasser un assaillant à bord de votre bolide pour tenter de l’abattre à coup de roquettes ou mitrailleuse, ou bien bombarder la terre ferme. Car oui, tout en maintenant votre manche de l’avion afin de stabiliser l’appareil, vous pouvez ainsi mitrailler vos opposants à condition d’être suffisamment près de lui ou à l’inverse, bombarder la terre ferme et tenter d’exploser quelques véhicules ou mortier implantés sur les diverses îles.
Il faut le dire, les affrontements dans Aces of Thunder sont en dent de scie. S’il y a parfois cette satisfaction d’avoir abattu son ennemi après une poursuite effrénée, force est de constater que le rythme général du soft reste soporifique pour une simulation de vol et de combat aérien. Il faut parfois attendre un long moment avant qu’une once d’action ne vienne à nous, ce qui pourra rebuter les joueurs les moins acharnés. Combiné à cela une prise en main qui pourra faire criser si vous n’avez qu’une Dualsense ou les PSVR Sense, et vous voilà bon pour vite lâcher l’affaire.
En clair, le résultat laisse à désirer même s’il faut le reconnaitre, le jeu reste captivant d’une certaine manière, mais tout aussi joli. Graphiquement, le titre de Gaijin Entertainement dispose d’un beau détail sur les cockpits et les divers panoramas de chaque carte. Qui plus est, le titre jouit de quelques effets franchement plaisants et des textures de qualité dans l’ensemble. Concernant au passage le sound design, il faut aussi le boulot et parvient à bien nous plonger comme il faut dans cette simulation de combat aérien, même si les doublages français nous paraissent hélas des plus barbants.
Que retenir de Aces of Thunder ? Qu’il s’agit d’une simulation de vol et de combat aérien relativement inégale dans tout ce qu’elle entreprend. Si nous pouvons lui louer son côté très exigeant, prenant et satisfaisant une fois que l’on comprend les mécaniques, les quelques cafouillages dans sa maitrise et le trop peu d’explications données auront de quoi décourager les plus motivés. Si nous apprécions le soucis du détail apporté à cette simulation jusque dans l’immersion, on pourra pester sur des combats qui mettent un peu trop de temps à se mettre en place et qui pourront eux aussi frustrer son monde malgré les quelques qualités évidentes qu’il propose. On pourra également être très décu par un contenu en demi-teinte sur le solo et le multijoueur, pas suffisamment intéressant et touffu pour que l’on y reste des heures. Aces of Thunder est ainsi une production VR avec de bonnes idées, un bel enrobage, mais en oublie d’être au maximum accessible pour tout le monde, afin qu’il soit apprécié à sa juste valeur. Et au passage, l’absence d’un vrai didacticiel pose aussi problème. Clairement, le titre s’adressera aux joueurs et joueuses plus chevronnés certes, mais ses nombreux défauts n’excusent pas tout.







