Pokémon Pokopia : nous avons joué à ce mélange de Minecraft et d’Animal Crossing qui pourrait bien surprendre tout le monde
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Rédigé par Quentin
Sur le papier, Pokémon Pokopia s’annonce déjà comme une formule gagnante pour la franchise. Mélanger les concepts de Minecraft et d’Animal Crossing à l’univers de Pokémon peut à la fois séduire les fans des deux premières licences, déjà familiers de ces mécaniques, mais aussi toucher une autre partie du grand public qui découvrira et appréhendera ces systèmes à travers l’habillage Pokémon. Ainsi, avec une telle fusion, difficile de ne pas y voir un futur carton. Lors d’un événement organisé chez Nintendo Europe, nous avons eu l’occasion d’avoir un premier avis en jouant au titre sur Switch 2 pendant une heure et demie.
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La simulation de vie offre une expérience qui parle à tous les publics grâce à un rythme posé, une ambiance détendue (ou « cozy ») et des mécaniques simples cachant un fort potentiel de créativité. Après l’énorme succès de Stardew Valley et d’autres titres du même genre, on a vu ce type de productions se multiplier, particulièrement sur la première Switch, au point que l’on commençait à ressentir une certaine saturation.
Pour être totalement honnête, cette prise en main a été réalisée par une personne n’ayant jamais vraiment accroché à Animal Crossing (sans nier les mérites de son succès), mais qui reste sensible aux expériences du genre lorsqu’elles sont suffisamment travaillées. En dehors du hit de ConcernedApe, on peut citer Harvestella, la série Rune Factory ou encore Enshrouded plus récemment. Nous tenions à le préciser, car Pokémon Pokopia ne s’adressera pas forcément à tout le monde, en revanche, si vous êtes un tant soit peu sensible aux jeux axés sur la détente, il pourrait bien devenir votre prochain coup de cœur.

Pour rappel, Pokémon Pokopia nous fait incarner un Métamorphe transformé en humain et chargé de redonner vie à une région désertée. Sous les conseils du Pokémon Professeur Bouldeneu, votre objectif consiste à reconstruire ce monde perdu en récoltant des ressources, en apprenant des aptitudes auprès d’autres Pokémon et en aménageant un habitat où chacun peut trouver sa place. Bien que nous n’ayons obtenu que peu d’indices sur le scénario, le mystère entourant la disparition des humains constituera sans doute l’un des moteurs principaux de la progression. Au fil de l’aventure, il est notamment possible de découvrir des documents écrits par un inconnu (même si nous avons déjà une petite idée de son identité).
Après environ une heure de prise en main en solo, en commençant par la création de son humain-Métamorphe, il faut reconnaître que Pokémon Pokopia dégage un certain charme et parlera sans doute beaucoup à la génération ayant grandi avec Pokémon Rouge et Bleu. Les signes ne trompent pas avec notre Pokédex première génération (celui de Sasha dans la première saison de l’anime) qui recense les créatures avec lesquelles vous vous liez d’amitié. Les premiers compagnons rencontrés confirment d’ailleurs cette nostalgie, puisque l’on retrouve les starters Carapuce, Bulbizarre et Salamèche.
Pour les plus jeunes joueurs ou les novices, le jeu introduit les mécaniques en douceur, avec des capacités de base permettant de revitaliser progressivement les lieux. On dispose volontairement d’une zone limitée au départ afin de ne pas se sentir submergé par l’espace. Le jet d’eau de Carapuce permet ainsi de redonner vie à la végétation jaunie ou asséchée, tandis que le feuillage de Bulbizarre sert à créer des hautes herbes. Autant de premiers exemples qui accompagnent la prise en main au départ. Toutefois, compte tenu de la multitude de Pokémon présents dans le jeu, notre Métamorphe ne peut copier qu’une dizaine de capacités destinées à modeler le terrain. Pour d’autres actions, comme allumer un feu de camp ou une bougie avec Salamèche, il faut d’abord se lier d’amitié avec le Pokémon concerné et lui demander de vous accompagner jusqu’à l’objectif.
Aimez-les tous

Ce qui rend Pokémon Pokopia unique par rapport à ses modèles, c’est le sentiment de collection qui a fait le succès des RPG mythiques et que l’on retrouve ici sous une autre forme. Les développeurs ont réussi à allier le plaisir de découvrir de nouveaux Pokémon avec celui de décorer ce qui nous entoure. Que l’on soit adepte de l’une ou l’autre de ces activités, cette complémentarité nous oblige à mettre la main à la pâte. Ainsi, pour faire venir une grande variété de Pokémon, il est nécessaire d’installer certaines combinaisons environnementales. Un sac de frappe posé à côté d’un banc fera par exemple apparaître un Tygnon, capable de vous donner la compétence permettant de frapper les blocs, tandis que des hautes herbes placées autour d’un arbre attireront un Insécateur, offrant la faculté Coupe.
Au fil de l’exploration, le titre adopte un rythme volontairement lent et posé. Gagner l’amitié d’un Pokémon passe toujours par l’accomplissement d’une tâche précise, ce qui peut parfois demander du temps. De plus, l’utilisation des compétences consomme de l’énergie, que l’on peut notamment régénérer en mangeant des baies. Malgré cela, il y a toujours quelque chose à faire en attendant : trouver d’autres Pokémon, dénicher des indices sur une combinaison environnementale, ramasser des objets ou récolter des ressources. Chose amusante : notre Métamorph peut aspirer d’un coup toutes les ressources à proximité à la manière d’un Kirby (du « quality of life » comme on aime). Comme le montrent les images du jeu, Pokémon Pokopia adopte une dimension sandbox plus prononcée que ce que l’on pouvait imaginer, une bonne nouvelle pour les amateurs de construction. On place souvent Animal Crossing en avant dans les inspirations, mais l’influence de Minecraft semble bien plus dominante.
Les passionnés de décoration ne seront pas en reste. Grâce à l’établi et à la force de construction offerte par certains Pokémon, on bâtit rapidement sa première maison et son lit douillet. À ce stade, on sent déjà que le jeu promet d’être chronophage, mais aussi étrangement addictif. Afin de nous aiguiller dans nos objectifs, en plus des demandes de Bouldeneu, le PC Pokémon « à l’ancienne » propose régulièrement différents défis. Les compléter permet d’obtenir des points à dépenser dans la boutique, que ce soit pour des ressources ou pour des améliorations, comme l’augmentation de la capacité du sac à dos.
Bien que l’on ne sache pas encore tous les bénéfices que cela apportera, renforcer les liens avec ses amis Pokémon fera également partie des priorités. Leur parler régulièrement et répondre à leurs besoins afin d’améliorer leur confort permettra notamment de confectionner différents éléments pour les choyer, comme un lit de paille destiné à faire plaisir à Bulbizarre.
Meilleur à plusieurs ?

Par la suite, nous avons été projetés dans une session multijoueur avec deux confrères afin de tester l’expérience à plusieurs. Pour le moment, il n’y a pas grand-chose à signaler, si ce n’est qu’il est possible d’explorer l’île d’un joueur hôte et de l’aider dans ses différentes tâches. Cette phase a surtout été l’occasion de visiter l’environnement d’un joueur à un stade très avancé.
Nous avons ainsi pu expérimenter plusieurs moyens de déplacement, notamment la nage, où l’on se transforme en Lokhlass, ainsi que le vol plané en prenant la forme de Dracolosse. Là encore, nous avons un bon mélange de praticité et d’immersion. Nous avions alors accès à une zone balnéaire ainsi qu’à une immense ville. Il reste difficile de savoir s’il s’agit d’une zone prédéfinie du jeu ou entièrement construite avec les outils de création mis à la disposition d’un joueur (ce qui semble être le cas), mais cela nous a en tout cas permis de mesurer le potentiel créatif offert par Pokémon Pokopia, ainsi que la quantité astronomique d’éléments cosmétiques disponibles, aussi bien en extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments.
Cela nous permet également d’évoquer l’aspect technique, globalement satisfaisant malgré quelques points à relever. Nous rappelons que nous avons eu accès à une version en cours de développement qui est susceptible d’évoluer d’ici la sortie finale. Nous avons toutefois noté un léger aliasing ainsi qu’une profondeur de champ un peu limitée, notamment au regard des capacités de la Switch 2. Le jeu dégage néanmoins un charme certain et parvient à atteindre son objectif principal : être mignon visuellement. Du côté de la bande-son, on retrouve la même ambiance chaleureuse, avec notamment des versions « cozy » de thèmes et sons emblématiques de la franchise.
À noter que ce titre est prévu et développé conjointement par The Pokémon Company, GAME FREAK inc. et KOEI TECMO GAMES.
Pokémon Pokopia semble avoir pris son temps et ce qui ressort de cette première prise en main est qu’il n’est pas simplement un condensé d’idées déjà éculées avec un skin Pokémon. On y retrouve bien évidemment les ingrédients habituels de la simulation de vie, mais aussi ce qui a fait le succès de la série de jeux de Game Freak. En associant ces fondamentaux à une dimension sandbox plus poussée et à une progression pensée pour encourager la créativité, le titre parvient déjà à se forger une identité propre malgré des inspirations évidentes. Il reste encore de nombreuses inconnues concernant la richesse du contenu et l’ampleur réelle des possibilités offertes par l’exploration et le gameplay (nous n’avons pas non plus croisé les Pokémon inédits comme Pikapâle et Ronflex Moussu), mais cette première approche laisse entrevoir une expérience particulièrement prometteuse qui sera capable de séduire aussi bien les amateurs de simulation de vie que les fans de longue date de la licence.



