LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir – Nos premières impressions sur le jeu LEGO le plus ambitieux de TT Games
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Rédigé par Jordan
Sans jeux Batman Arkham à l’horizon alors que la nostalgie de ces derniers devient de plus en plus forte, LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir arrive à point nommé. Le jeu de TT Games reprend de nombreux éléments qui ont fait la force des titres de Rocksteady, même si l’esprit LEGO reste l’élément le plus important de ces nouvelles aventures de Batou. Et c’est finalement ce qui en ressort le plus de notre dernier essai sur le jeu (d’environ 2-3 heures), réalisé lors d’un événement presse organisé par Warner Bros Games à Londres. À force de trop le voir comme un jeu Arkham en LEGO, on en oublierait presque d’apprécier ce LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir pour ce qu’il est vraiment, ce qui serait une erreur.
Sommaire
TogglePrisonnier d’Arkham
LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir a beau rendre hommage à toutes les œuvres autour du super-héros, c’est bien l’héritage des jeux Arkham qui se ressent en premier lieu. Impossible de passer à côté de cette évidence en prenant en mains ce nouveau titre de TT Games, dont le système de combat est largement inspiré par le free flow des jeux de Rocksteady. Un système maintes et maintes fois recopié qui a fait ses preuves et qui trouve naturellement toute sa place dans un jeu Batman, même s’il doit être simplifié pour aller toucher un plus grand public.
On retrouve bien l’ADN de ce système avec des personnages qui peuvent se mouvoir facilement sur le terrain et changer de punching-ball à la volée, mais on en aperçoit plus rapidement les limites, sans doute à cause d’une difficulté un cran en deçà. Il faudra voir si le mode Difficile – qui est inhabituel pour un jeu LEGO – permettra de renouveler l’intérêt sur la longueur, même si cela pourrait renforcer l’aspect sacs-à-PV des adversaires, qui se fait déjà ressentir. Le bestiaire vient bien un peu changer la donne avec des types d’ennemis qui demandent certaines manœuvres (comme des titans ou des gardes avec des boucliers), histoire que l’expérience ne se transforme pas en un bête button-mashing malgré l’accessibilité que veut offrir ce jeu LEGO Batman à un large public.
Jamais si sérieux

Bat-zinga
Car à l’image de tous les autres jeux LEGO, ce LEGO Batman s’en va en quête de séduire toutes les générations. C’est encore plus vrai dans le cas de ce jeu puisque toute la vie de Bruce Wayne nous est racontée via un mélange savamment orchestré des différents films et séries (et des comics, dans une plus petite mesure), histoire d’aller toucher aussi bien les inconditionnels des longs-métrages signés Burton que ceux qui préfèrent la version plus moderne portée par Robert Pattinson.
En témoigne un premier niveau qui recréait à sa sauce l’Iceberg Lounge dans lequel Battinson s’en allait casser quelques coudes pour parler à Falcone et compagnie, tandis qu’un autre niveau rendait hommage à la scène du cirque dans Batman Forever avec Double-Face et un Robin qui n’était encore qu’un acrobate.
Dans chaque cas, pas question de représenter à l’échelle 1:1 ces scènes. LEGO Batman conserve l’humour si caractéristique des jeux LEGO en allant dans l’absurde. Même si tout ne fait pas mouche, rester de marbre et ne pas lâcher quelques rires devant certains détournements est mission impossible. Surtout quand les dialogues sont servis avec de bons doublages français, même si les aficionados regretteront que des Adrien Antoine (Arkham) ou Philippe Valmont (Trilogie Dark Knight) ne semblent pas de la partie ici, sauf si notre oreille nous a fait défaut. À l’image de La Saga Skywalker, tout s’enchaîne très rapidement, mais le mélange opéré semble plutôt bien fonctionner, à l’exception de quelques raccourcis et de certains choix scénaristiques qui ne feront pas l’unanimité chez les fans. Du moins, à condition de prendre tout cela au sérieux, ce qui n’est pas forcément conseillé.
Le plus important est ici de souligner l’amour débordant à l’univers du super-héros, avec de nombreux clins d’œil très malins et une cohérence globale qui force le respect. On pourrait d’abord croire que le jeu se présente comme un musée (parodique) à la gloire de Batman, alors qu’il est avant tout un parc d’attractions centré sur le super-héros. S’il est encore trop tôt pour en juger, les séquences auxquelles nous avons pu jouer nous laissent croire que le jeu évitera constamment de tomber dans la monotonie (du moins, dans sa quête principale) en proposant des niveaux toujours plus variés et surprenants. Se battre contre Poison Ivy dans un grand affrontement de boss n’avait par exemple rien à voir avec l’attaque de Double Face dans le cirque, et traverser l’Iceberg Lounge changé en parc pour enfants a de quoi décontenancer (en bien) si l’on est peu habitués aux jeux LEGO.
La Bat-Family avant tout

Petit cambriolage entre amoureux
Celles et ceux qui ne jurent que par les jeux de TT Games seront en terrain connu, et ne pourront pas s’empêcher de dresser quelques comparaisons avec le dernier LEGO Star Wars. Bien souvent, ce sera au détriment de ce dernier tant ce LEGO Batman met la barre haute, mais une particularité du jeu a tout de même soulevé des interrogations.
Contrairement au précédent jeu du studio, LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir ne propose que sept personnages jouables, loin du casting incroyable de LEGO Star Wars: La Saga Skywalker. Un choix motivé par l’envie de rendre ces personnages plus uniques, plutôt que de créer des copies avec un skin interchangeable. Dans les faits, cela se traduit par un arbre de compétences propre à chaque personnage, qui est divisé en deux. Ces compétences sont en réalité liées aux deux gadgets possédés par chaque héros.
Nous avons pu prendre en mains quatre de ces personnages (Batman, Catwoman, Robin et Gordon) afin de voir si chacun possédait réellement son identité. Mission à moitié remplie. Au moins, même en contrôlant Gordon plutôt que Batman, vous ne devriez pas vous sentir lésé.
Le commissaire dispose par exemple d’une arme capable de tirer un gel qui va engluer les ennemis ; Catwoman dispose soit de son fouet, soit d’un chat qui va déstabiliser les adversaires ; et Robin possède une arbalète très amusante qui relie deux objets (ou ennemis) entre eux. Ces gadgets trouvent même une utilité dans les phases de plateformes ou de puzzles, où vous devrez faire appel à certains personnages pour réussir à avancer dans le monde ouvert. On regrettera en revanche que ce ne soient que ces outils qui différencient vraiment les personnages. La mobilité de chacun reste la même (grappin, planeur, etc.) et les combats se ressembleront d’un personnage à l’autre à l’exception de ces gadgets.
Gotham version Bat-à-sable

Protéger Gotham, d’accord, mais avec style
Cette économie de personnages est proportionnelle à la surenchère de costumes affichés dans la Batcave. La garde-robe de Batman n’aura jamais été aussi riche, et il n’est pas le seul à avoir eu droit à cet honneur. Cela ne se limite pas qu’aux habits en latex de nos super-héros, puisque même le garage de la Batcave est bien fourni, avec des Batmobiles qui viennent là encore titiller notre nostalgie. Cette zone promet d’ailleurs d’être la meilleure Batcave d’un jeu LEGO, voire d’un jeu Batman, car elle nous offre beaucoup d’options de personnalisation. Notre essai était trop court pour vraiment en voir l’étendue, mais c’est prometteur.
On aura préféré passer plus de temps dans les rues de Gotham pour y combattre le crime. LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir dispose d’un monde ouvert d’une taille tout à fait convenable, avec une ville bien plus vivante que dans les jeux de Rocksteady. En ouvrant l’œil, il n’est pas rare de tomber sur de nombreux gags provoqués par des piétons lambda, tandis que les références visuelles peuvent être dénichées dans chaque centimètre carré de la ville.
Une ville que l’on va parcourir en volant via un combo grappin-planeur très permissif (et donc très amusant), ou via notre véhicule. La Batmobile et les motos ont beau manquer de précision, elles restent malgré tout agréables à conduire (avec des animations très rigolotes), à condition de ne pas trop enchaîner les défis de courses (avec des anneaux à passer), qui font ressortir le pire de la conduite.
De toute façon, Gotham ne manque pas d’autres activités à accomplir. Vous y retrouverez évidemment les énigmes de l’Homme-Mystère à accomplir avec certains puzzles ingénieux, mais aussi celles de Cluemaster qui sont du même calibre. Toujours dans le domaine de la réflexion, certaines quêtes annexes font appel aux talents d’enquêteur de Batou, même si tout est très assisté. Celles et ceux qui préfèrent la castagne iront enchaîner les défis de combat.
Bref, du grand classique pour le genre, qui n’est jamais désagréable et qui offre une petite pause bienvenue entre deux missions. On en est déjà agacé par le système de crimes qui reprend là aussi ce que Rocksteady faisait avec les jeux Arkham. Gotham a beau être peuplée de criminels, la fréquence de ces crimes était ici un peu trop élevée, vous invitant constamment à vous détourner de votre objectif. Même si tout ceci est optionnel, on ne dirait pas non à voir ces alertes apparaitre moins fréquemment à l’écran.
Allez savoir si cela sera corrigé dans la version finale, puisque nous n’avons pas eu accès à cette dernière. La démo présentée (sur PC) représentait encore un jeu en développement, ce qui se ressentait beaucoup dans le framerate très vacillant du monde ouvert et de quelques cinématiques. Croisons les doigts pour que cet écueil disparaisse de la version finale, maintenant que le jeu est passé gold.
On a beau émettre quelques réserves, LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir reste une expérience des plus agréables si l’on possède ne serait-ce qu’une once d’amour pour cet univers, et surtout pour les jeux LEGO. C’est là le dernier constat qu’il faut tirer du jeu : si vous faites l’erreur d’attendre un jeu Arkham en LEGO plutôt qu’un jeu LEGO qui rend hommage aux jeux Arkham, la déconvenue sera des plus grandes. LEGO Batman: L’Héritage du Chevalier Noir a beaucoup de choses à offrir, à condition de ne pas attendre de lui ce qu’il n’est pas. Il semble malgré tout se placer très haut dans le panier des jeux LEGO et notre sourire n’aura pas quitté nos lèvres durant toute la durée de la session. Le jeu promet bien d’être un hommage vibrant au super-héros, le tout avec un peu plus d’ambition que les précédents jeux LEGO, ce qui devrait suffire à beaucoup.












