Code Vein II : notre avis après une première prise en main du Souls-like anime repensé
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Rédigé par Quentin
Avec Code Vein II, Bandai Namco comble le souhait de nombreux fans qui ont apprécié le premier opus et son orientation souls-like anime disposant de nombreuses qualités, mais aussi énormément de défauts. Pourtant, les premières informations partagées par l’éditeur japonais ont soulevé quelques inquiétudes en raison d’un trop gros éloignement par rapport au premier opus à certains égards. Lors d’un évènement presse, nous avons eu l’occasion de jouer plusieurs heures au titre sur PS5. L’occasion pour nous de faire le point avec une première impression permettant de bien jauger son potentiel.
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Avec Code Vein II, Bandai Namco ne souhaite clairement pas proposer une simple suite, mais plutôt repenser en profondeur les fondations du premier opus, quitte à prendre le risque de diviser une partie des fans. Nous sommes ici face à une forme de reboot de l’univers, dans un esprit finalement assez proche de ce que Dragon’s Dogma a opéré entre son premier épisode et sa suite. Une approche ambitieuse, mais qui implique forcément des choix tranchés.

Nous l’avions déjà évoqué lors de sa présentation avec sa direction artistique qui conserve une base animée, mais qui s’éloigne sensiblement de l’esthétique anime/manga très marquée du premier Code Vein pour adopter quelque chose de plus singulier, plus sombre et plus stylisé. Un parti pris qui ne manquera pas de faire grincer des dents chez les fans les plus attachés à l’identité originelle, mais qui semble surtout répondre à une volonté de se rapprocher de la patte FromSoftware, afin de séduire un public plus large, moins réceptif à la “weeberie”. Ce repositionnement est particulièrement visible dès la création de personnage. Plus complète et plus poussée que jamais, elle perd néanmoins une partie de ce charme ouvertement otaku qui faisait la singularité du premier opus.
Le titre prend place dans un futur où humains et « revenants », des êtres immortels aux allures de vampires, coexistent. L’apparition soudaine de Luna Rapacis, une entité mystérieuse, pousse la majorité des revenants à sombrer dans la folie et à se transformer en créatures monstrueuses, appelées Horrors, mettant ainsi le monde au bord de l’effondrement.
Dans ce chaos soudain, nous incarnons un « Revenant Hunter » ressuscité grâce à l’intervention d’une jeune femme nommée Lou, qui lui confie une partie de son cœur et révèle sa capacité à manipuler le temps. Ensemble, ils entreprennent un périple à travers deux époques : le présent ravagé et un passé encore relativement paisible. Ils vont ainsi voyager dans le temps afin d’altérer des événements clés et réécrire le destin d’un monde menacé d’extinction. Ce sera aussi l’occasion pour eux de découvrir des vérités enfouies sur leur propre existence, tout en forgeant des alliances avec d’autres revenants.
En ayant pu parcourir le tout début du jeu et une partie plus avancée, il semble que chaque saut dans le passé corresponde à une rencontre avec des héros du passé, des personnages clés qui vous accompagneront en tant que binôme durant les joutes et qui dévoileront leur histoire au fil de l’aventure. Difficile pour le moment de savoir si la narration fera mouche, mais les premiers personnages observés semblent prometteurs.
Si Code Vein II reprend le système de duo du premier opus, on ne sait pas encore si la coopération avec un ami bien réel sera de la partie. En dehors de cette interrogation, le titre tire bien parti de cette mécanique de duo en vous donnant le choix : garder notre compagnon pour qu’il se batte à nos côtés et nous facilite la tâche (notamment pour attirer l’attention des ennemis) ou bien rester en solo en absorbant son pouvoir, ce qui permet d’obtenir tout un tas de bonus de statistiques. Un système flexible, d’autant plus intéressant qu’il est possible de basculer entre ces deux modes à tout moment, en fonction des besoins et des situations rencontrées.
Un Souls-like toujours accessible ?

Code Vein n’avait pas la prétention de flirter avec une difficulté aussi punitive qu’un Souls et cette approche accessible a sans doute contribué à son succès. Le cœur du gameplay repose toujours sur des combats intenses où l’accent est mis sur la lecture des mouvements ennemis, la gestion du timing de vos attaques et la survie face à des adversaires souvent plus forts que vous. De notre point de vue, la difficulté a clairement été rehaussée, tout en renforçant les prises de décisions stratégiques, toutefois une poignée de mécaniques de jeu viennent nous faciliter la vie. Tout d’abord, nous avons les « Dons liés », des effets bénéfiques qui confèrent des avantages en combat et en exploration et dont la nature dépend du partenaire.
La jauge de vie se divise désormais en deux entités distinctes : votre propre santé et l’immortalité de votre partenaire. Tant que cette dernière est intacte, vous bénéficiez de votre Don lié. En revanche, une fois épuisée, ce bonus disparaît. Par contre, en cas de mort, « l’Offrande vitale » de votre partenaire revenant peut vous sauver d’une mort certaine. Un filet de sécurité précieux, mais loin d’être abusif : après son activation, le compagnon devient temporairement inactif, et surtout, le temps de recharge de l’Offrande augmente à chaque utilisation. Une mécanique intelligente qui évite tout déséquilibre et nous force à réfléchir avant de s’en remettre systématiquement à cette seconde chance.
Là où Code Vein II impressionne réellement, c’est dans la profondeur et la cohérence de son système de personnalisation, nettement plus abouti que dans le premier opus. Sans entrer dans un déluge de détails techniques, il est évident que le jeu prend en compte une quantité impressionnante de paramètres, offrant une liberté presque vertigineuse aux amateurs de builds sur mesure. Pour autant, ceux qui préfèrent une approche plus directe et intuitive pourront tout à fait s’en sortir sans plonger tête la première dans l’optimisation la plus pointue.
Concrètement, chaque arme est rattachée à un type précis (hache, épée, doubles lames, etc.) et dispose de capacités uniques appelées “formas”. Ces dernières peuvent être offensives, défensives ou orientées magie, et viennent enrichir considérablement les combats en complément des actions classiques (attaques légères et lourdes, esquives et parades). Leur utilisation repose sur la gestion de « l’ichor », une ressource essentielle que l’on regagne en drainant le sang des ennemis via l’utilisation de « la Cage », une arme spéciale pouvant prendre, entre autres, la forme d’un gantelet ou d’une faux selon l’équipement.
En résumé, le gameplay de Code Vein II impose une boucle claire et efficace : attaquer, déployer ses capacités, drainer l’ennemi pour se recharger, puis repartir à l’assaut. Une dynamique agressive, fluide et polyvalente qui encourage l’expérimentation. Bandai Namco met clairement tous les outils entre nos mains pour que chacun puisse trouver, et affiner, son propre style de jeu. En outre, plus tard dans l’aventure, il sera même possible de choisir librement son partenaire.
Dans nos Vein ?

Pour le moment, il est encore difficile de se prononcer définitivement sur l’exploration dans Code Vein II, mais ce que nous avons vu jusqu’ici peine à convaincre. Si les environnements se montrent effectivement plus ouverts que dans le premier opus, ils restent globalement très sages, voire un peu datés, surtout lorsqu’on les compare aux standards imposés par les Souls-like récents. De plus, la plupart des décors ont du mal à s’exprimer avec des ambiances souvent trop sombre. On attend donc de voir ce que donnera l’exploration dans des zones extérieures que l’on a pu apercevoir dans quelques trailers. On peut tout de même saluer un bestiaire visuellement réussi pour le moment.
Dans la deuxième partie de notre session, nous étions accompagnés de Josée, une jeune revenante aux relations complexes avec sa sœur. Ici, nous avons eu accès à un éventail bien plus large de mécaniques et de synergies. Et à ce niveau-là, Code Vein II ne fait clairement aucun cadeau. Les boss intermédiaires se montrent déjà exigeants et imposent une vraie maîtrise du système de combat, sans possibilité de passer en force.
Les boss majeurs confirment cette tendance. Nous avons d’ailleurs conclu notre session face à l’un d’entre eux, qui nous a donné du fil à retordre et nécessité plusieurs tentatives avant d’en venir à bout. Le combat repose sur une structure assez classique, avec des patterns lisibles et rapidement assimilables, mais il se distingue par une gestion du positionnement particulièrement punitive. Dans ce cas précis, ne pas faire face au boss nous exposait à de l’acide qui grignotait petit à petit notre barre de santé.
Sur le plan sonore, en revanche, l’ensemble reste pour l’instant assez discret. Hormis le thème du boss, aucune composition ne nous a véritablement marqué durant cette prise en main. Les doublages japonais, toutefois, restent irréprochables.
Après plusieurs heures passées en compagnie de Code Vein II, difficile de nier l’ambition affichée par Bandai Namco. Plus qu’une simple suite, le titre cherche clairement à redéfinir l’identité de la licence, quitte à bousculer certains acquis du premier opus. Cette volonté de reboot se ressent autant dans la direction artistique, plus sombre et moins ouvertement anime, que dans un gameplay largement enrichi, plus exigeant et surtout bien plus profond dans ses possibilités de personnalisation. Le système de duo, toujours central, gagne en flexibilité et en intérêt stratégique, tandis que les combats se montrent plus techniques sans jamais sombrer dans une brutalité injuste. En revanche, l’exploration et certaines ambiances environnementales laissent encore planer un doute, tant elles peinent à se démarquer face aux références actuelles du genre. À ce stade, Code Vein II apparaît donc comme un projet audacieux, parfois clivant, mais indéniablement prometteur.








