Selon Eiji Aonuma, si Nintendo vire peu de gens, c’est parce qu’il est plus simple de travailler avec les mêmes personnes
Parmi les milliers de licenciements que l’on compte depuis le début de cette décennie dans l’industrie, les studios japonais s’en sortent un peu mieux que d’autres avec peu de véritables restructurations opérées là-bas. Notamment chez Nintendo, qui est ici un bien meilleur élève que PlayStation et Xbox. Eiji Aonuma, producteur iconique de la saga Zelda, estime que c’est parce que le constructeur japonais croit en une politique à plus long terme que ses concurrents.
Conserver un noyau dur sans oublier les nouveaux
C’est en tout cas ce qu’il affirme chez GameSpot, à l’occasion d’une interview autour du lancement de Zelda: Ocarina of Time Remake, disponible depuis hier. Selon le producteur, conserver les employés sur une longue période a des bénéfices clairs, car ces personnes ont appris à travailler ensemble, ce qui fait avancer les choses plus rapidement :
« Je pense qu’il est très avantageux de pouvoir compter sur des collaborateurs présents depuis longtemps, qui ont partagé les mêmes expériences au fil du temps. Cela facilite grandement les échanges sur la marche à suivre à chaque nouvelle étape, ou lorsqu’il s’agit d’amorcer quelque chose d’inédit. L’arrivée de nouveaux membres dans l’équipe nécessite évidemment un accompagnement approfondi car il faut prendre le temps d’échanger, d’expliquer les méthodes de travail, les raisons derrière certains choix, ainsi que le vocabulaire spécifique utilisé, et c’est un processus qui demande davantage de temps. Il faut donc trouver un juste équilibre. »
Aonuma estime qu’il faut évidemment laisser la place à la jeunesse, comme dans ce remake où plusieurs artistes n’ont même pas connu le jeu original sur Nintendo 64. Il précise néanmoins qu’une partie de l’équipe Zelda reste la même au fil des ans tout en accueillant des nouvelles personnes, ce qui l’aide à enchaîner les épisodes plus facilement tout en apportant à la fois de la continuité et de l’évolution. C’est un peu la même chose sur la trilogie Final Fantasy VII Remake, dont l’équipe est restée plus ou moins la même du premier au dernier jeu.
Une leçon que devraient apprendre de nombreux éditeurs occidentaux, qui ont la méchante habitude de dissoudre des équipes lorsqu’un projet est terminé.