Test The Legend of Zelda: Ocarina of Time – Une légende qui traverse le temps

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N’en déplaise à certains, The Legend of Zelda: Ocarina of Time reste l’une des sorties majeures de l’année. Sans parler du fait que l’industrie lui doit beaucoup (et à la licence en général), ce monument du jeu vidéo n’a jamais perdu de sa superbe, même après son retour sur 3DS en 2011. Au-delà d’une nostalgie évidemment très forte pour beaucoup, proposer un remake d’une telle légende en 2026 n’est pas sans risque. Les ambitions sont évidemment plus élevées sur une Switch 2 qui doit encore faire ses preuves après plus d’un an d’existence, mais tout dépend de ce que vous attendez de cette nouvelle version. Et qu’en est-il des néophytes qui vont découvrir cette pièce de musée ? On vous dit tout dans ce test.

Conditions de test : Nous avons terminé le jeu et pratiquement toutes les activités annexes. Nous avons joué principalement en mode docké, mais aussi en mode portable. 

Un remake qui fait le choix de la fidélité

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The Legend of Zelda : Ocarina of Time Switch 2 // Source : ActuGaming

Il va sans dire que la trilogie Final Fantasy VII Remake a placé la barre très haut en la matière, au point de faire presque office d’unité de mesure pour les autres projets. Si bien que certains éditeurs n’osent même plus employer le terme « remake ». Dans la plupart des cas, deux approches se distinguent : celle qui consiste à profiter des technologies modernes pour revoir en profondeur le gameplay, la narration et le contenu, et celle qui préfère rester fidèle à son modèle en lui offrant un habillage plus séduisant et une prise en main plus confortable.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time sur Switch 2 emprunte cette seconde voie, pour le meilleur et pour le pire. Ce qui reste tout de même assez bluffant, c’est de constater qu’un jeu datant de 1998 se révèle toujours aussi plaisant à redécouvrir aujourd’hui. Même en connaissant nous-mêmes l’aventure dans les grandes lignes, la refaire dans ces conditions nous rappelle à quel point le titre mérite ses lettres de noblesse et conserve une dimension intemporelle.

Le rétro conservera toujours son charme, mais cette nouvelle mouture dispose de nombreux arguments pour renforcer les ambiances que le jeu original cherchait à transmettre. Que ce soit la féerie de certains moments ou, au contraire, le caractère horrifique de certains lieux et ennemis, cette refonte permet de donner une tout autre dimension à l’univers d’Hyrule.

On garde quelques réserves sur certains choix de direction artistique, notamment les modèles de Link et Zelda enfants, ou encore le rendu de la plaine d’Hyrule. Malgré tout, force est de constater que le renouveau graphique est diablement réussi sur l’ensemble de l’aventure. C’est particulièrement vrai pour les donjons, qui profitent de décors bien plus détaillés et d’ambiances nettement plus affirmées. On peut en dire autant des villes, qui ne manquent pas de charme, à commencer par le Bourg d’Hyrule. Mais c’est surtout notre première arrivée au village Cocorico qui a fait son petit effet.

Sur le plan technique, The Legend of Zelda: Ocarina of Time profite également d’un sérieux coup de jeune. Le remake tourne à 60 FPS sans effort et offre un rendu sublime, que ce soit en docké ou en mode portable. Les temps de chargement sont évidemment bien plus rapide, d’autant que Nintendo a également conservé le caractère morcelé des zones bien que certaines transitions ont été supprimées pour une meilleure fluidité. Le temple du temps et l’entièreté du Bourg d’Hyrule sont ainsi explorables dans le même espace.

C’est aussi en parcourant l’aventure dans son intégralité que l’on prend véritablement conscience de ce qu’apportent les doublages et la musique à une expérience comme celle-ci. Même si leurs interventions restent relativement courtes, Zelda, Ganondorf, les Sages et les autres personnages gagnent en présence et deviennent plus marquants. On pense notamment aux sorcières jumelles Koume et Kotake, qui parviennent à nous arracher quelques sourires lors de leurs échanges.

Par-dessus tout, ce sont sans doute les musiques et le sound design qui nous ont le plus marqués. Le temps joue un rôle central dans cette histoire, et cela s’exprime notamment à travers les différents moments de la journée : l’aube, le jour, le crépuscule et la nuit. Bon nombre de thèmes profitent de variations absolument sublimes selon l’heure, mais les transitions musicales entre ces différentes phases nous ont également marqué. Même chose lorsque l’on explore un donjon ou encore en matière de mise à scène. Le titre profite logiquement d’une conclusion beaucoup plus épique.

La fée des émules

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The Legend of Zelda : Ocarina of Time Switch 2 – Dark Link Aura farm // Source : ActuGaming

En bref, le bonbon nostalgique fonctionne à merveille. En dehors de son habillage graphique et sonore, Nintendo n’a toutefois pas fondamentalement transformé l’expérience, en préférant optimiser certaines mécaniques et atténuer les lourdeurs d’antan. On essaye aussi de se mettre à la place de ceux qui n’ont jamais touché à Ocarina of Time, voire qui n’ont connu la licence qu’à travers la période post-Breath of the Wild. Découvrir ce monument pour la première fois dans de telles conditions va sans doute constituer un grand et beau moment.

Pour rappel, Nintendo a mis au goût du jour certaines mécaniques qui paraissent évidentes aujourd’hui : ajout d’une touche pour sauter, sprint après une roulade ou encore une caméra libre. Le système de combat conserve quant à lui les fondamentaux qui ont contribué à la réputation du titre. Le ciblage permet toujours de concentrer son attention sur un adversaire à la fois. Comme pour l’original, les affrontements reposent sur l’observation, la défense, les esquives et l’utilisation des différents équipements.

Cette partie a notamment été bonifiée par de meilleures animations, aussi bien pour Link que pour les ennemis, mais également par des impacts plus convaincants. Lors des premières previews, on pouvait effectivement avoir l’impression que l’intelligence artificielle avait pris un petit coup de vieux, notamment lorsque plusieurs adversaires semblaient attendre sagement leur tour pour attaquer. Le constat est en réalité plus contrasté. Si l’on se concentre sur un ennemi, les autres chercheront tout de même à nous déborder pour nous attaquer sur les flancs ou par-derrière. En revanche, si l’on maintient suffisamment de distance, ils auront davantage tendance à patienter. Il devient donc nécessaire de changer régulièrement de cible pour s’adapter à la situation, même si les adversaires ne passent jamais véritablement à l’offensive simultanément.

Pour ceux qui connaissent l’expérience d’origine, c’est surtout en matière de menus et d’ergonomie que The Legend of Zelda: Ocarina of Time se révèle plus agréable. Plus besoin de passer un temps fou dans l’inventaire pour changer d’équipement, et certains raccourcis sont particulièrement salutaires. À l’instar de la version 3DS, une simple pression de la croix directionnelle permet notamment d’équiper ou de retirer instantanément les bottes de plomb pour se déplacer sous l’eau.

Pour prendre un exemple concret de ces améliorations de confort, le Temple de l’Eau, réputé pour être l’un des passages les plus pénibles du jeu original, se parcourt désormais beaucoup plus facilement. En effet, même si la structure globale des donjons n’a quasiment pas changé, Nintendo a procédé à plusieurs ajustements pour rendre certains passages plus lisibles et introduire des raccourcis permettant d’éviter des allers-retours trop pénible. La carte de chaque donjon se révèle également bien plus claire, ce qui facilite considérablement la recherche des coffres et des collectibles.

Le chant du temps joue quelques fausses notes

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The Legend of Zelda : Ocarina of Time Switch 2 – Ganewdork // Source : ActuGaming

Le choix de cette version Switch 2 de rester fidèle au matériau d’origine s’accompagne malheureusement de quelques défauts qui lui collent toujours à la peau, malgré les efforts de modernisation. Si l’on respecte cette volonté de préserver au maximum l’authenticité de la version Nintendo 64, une part de nous aurait tout de même aimé que Nintendo revoie certains éléments plus en profondeur.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time n’a jamais été un jeu particulièrement difficile, mais la difficulté générale en prend tout de même un petit coup avec ce remake. Le deuxième effet Kiss Cool des nombreuses améliorations de confort, en somme. Cela n’enlève rien au plaisir de parcourir les différents donjons et de résoudre leurs énigmes, mais le constat est un peu plus regrettable concernant les boss. Ce sont sans doute eux qui ont le plus mal vieilli. La plupart succombent en une poignée de minutes, sans véritablement nous opposer de résistance, si bien que l’on prend finalement davantage de plaisir face à certains mini-boss, à l’image de Dark Link.

Cette facilité met également en évidence l’une des principales limites du remake : le manque de contenu inédit. Nintendo introduit bien l’Amphithéâtre des monstres, une sorte de musée permettant d’admirer les statues des différentes créatures vaincues au cours de l’aventure. Il est également possible d’y affronter à nouveau certains boss dans le cadre de défis chronométrés. Une sorte de boss rush durant lequel on doit progresser le plus rapidement possible, avec la possibilité de choisir entre de l’équipement supplémentaire, des cœurs additionnels ou des soins entre les affrontements. Une proposition sympathique sur le papier, mais qui recycle plus ou moins le Boss Challenge de la version 3DS. On aurait donc apprécié que Nintendo profite de cette nouvelle édition pour aller un peu plus loin.

D’autres aspects auraient également mérité davantage d’attention. On pense notamment à la maniabilité d’Epona, qui reste encore trop rigide malgré une amélioration de ses déplacements. Et sans trop en dévoiler pour préserver la surprise des nouveaux joueurs et joueuses, on regrette surtout que le donjon final soit resté pratiquement inchangé, conservant ainsi les mêmes défauts qu’à l’époque. Un choix de fidélité que l’on comprend, mais qui montre aussi les limites de cette approche.

Nous avons ainsi terminé l’aventure en à peine plus d’une vingtaine d’heures, tout en accomplissant la majeure partie du contenu annexe. Pour un jeu sorti initialement en 1998, il faut néanmoins saluer la quantité de détails, de défis et de secrets qui continuent de nous pousser à explorer Hyrule. On peut toujours, par exemple, dérober la casquette du pêcheur à l’aide de sa canne à pêche pour dévoiler son « terrible secret ». Une petite anecdote parmi tant d’autres qui rappelle à quel point Ocarina of Time regorge encore de surprises en tout genre.