Nous avons essayé Resident Evil Requiem et Pragmata sur Nintendo Switch 2 : Capcom soigne ses portages nouvelle génération
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Rédigé par Quentin
Capcom semble déterminé à s’imposer comme l’un des leaders de la Nintendo Switch 2. Lors de notre déplacement dans les locaux de Nintendo Europe, la firme japonaise était d’ailleurs le seul représentant en tant qu’éditeur tier. Aux côtés du Virtual Boy et des grosses exclusivités à venir, comme Mario Tennis Fever ou Super Mario Bros. Wonder – Nintendo Switch 2 Edition : Rendez-vous au parc Bellabel, nous avons ainsi pu accéder à des démos de Resident Evil Requiem et Pragmata sur Switch 2. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette posture conquérante vis-à-vis de la console se ressent clairement dans les moyens alloués pour ces versions.
Resident Evil Requiem sur Switch 2 : une vitrine AAA étonnamment solide
Même si la Switch 2 accueille déjà des portages de qualité, comme Final Fantasy VII Remake ou Star Wars Outlaws, Capcom semble prendre une longueur d’avance dans la course à la version la plus proche des itérations PS5 et Xbox Series X. Ayant pu prendre en main Resident Evil Requiem à deux reprises sur PS5, nous étions bien placer pour bien jauger les différences entre cette version et celle proposée sur Switch 2.
L’autre avantage notable en faveur de Capcom réside dans le fait de proposer des jeux inédits dès leur sortie, et non de simples portages de titres déjà disponibles depuis longtemps sur d’autres plateformes. Ce qui ressort de cette prise en main, c’est que l’on se trouve face à une véritable alternative, et non à une version au rabais comme cela pouvait être le cas de manière quasi systématique sur la première Switch.
La démo présentée ne nous a jamais donné l’impression d’un compromis permanent. L’image se montre globalement propre, les environnements conservent une belle densité et la fluidité s’avère suffisamment constante pour préserver la tension propre à la série. Ce qui frappe surtout, c’est l’absence des écueils habituels Pas de chutes de framerate flagrantes, pas de perte de lisibilité excessive dans les scènes chargées, ni de simplification visuelle trop visible à première vue. En mode docké, Resident Evil Requiem se montre très à l’aise sur grand écran, au point de pouvoir être considéré comme une véritable vitrine technique pour la Switch 2 auprès des éditeurs tiers.
Il faut toutefois nuancer ce constat. Certains éléments trahissent logiquement une puissance inférieure à celle des machines concurrentes, notamment sur le rendu des cheveux de Grace Ashcroft par exemple. Quelques détails et textures accusent également des faiblesses, particulièrement lors des effets de zoom, ce qui est encore plus visible en vue à la première personne. Pour autant, la qualité globale reste suffisamment convaincante pour ne pas cantonner cette version au simple statut de choix par défaut, notamment pour profiter du jeu en mode portable.
Bien sûr, la prudence reste de mise. La démo se concentrait sur une portion correspondant au début du jeu, et certaines zones plus exigeantes de la version finale pourraient révéler des limites que cette présentation ne laissait pas entrevoir. Nous aurions notamment aimé éprouver le titre sur des séquences plus intenses, comme celles récemment testées chez Capcom, en particulier les phases très dynamiques avec Léon.
Pragmata n’est pas non plus mal luné
Pour Pragmata, le constat s’avère encore plus flatteur de notre côté. Cela s’explique en grande partie par notre prise en main en mode portable (et une ambition graphique moins importante que RE, il faut le reconnaître). Ayant également testé exactement la même démo sur PS5, nous avons pu constater une expérience quasi similaire. Même si, en mode docké, certains compromis semblent plus évidents selon les retours de confrères, le portage reste suffisamment propre pour faire illusion sur un écran plus petit.
Pragmata paraît naturel sur Switch 2. Non pas comme une démonstration de puissance brute, mais comme une adaptation cohérente qui accepte quelques sacrifices techniques pour préserver l’essentiel. A savoir le rythme, la clarté du gameplay et l’identité visuelle. Certes, certaines textures d’arrière-plan peuvent parfois apparaître légèrement plus floues ou moins détaillées que sur PS5, et certains modèles de personnages (comme celui de Diana) affichent un manque de finesse, notamment au niveau des cheveux. Toutefois, la densité de pixels plus élevée de l’écran 1080p de la Switch 2 contribue largement à masquer ces concessions.

De plus, la démo offrait des moments moins « légers » techniquement par rapport à la démo de Resident Evil Requiem. Aucune chute de framerate n’est à signaler, y compris lors d’un boss de fin particulièrement chargé à l’écran avec ses attaques. On s’étonne nous-même d’être aussi positif au vue des soucis d’optimisation rencontrés en 2025 sur la version PC de Monster Hunter Wilds (corrigés depuis, cela dit en passant). Dans cette optique, Monster Hunter Stories 3 constituera également un bon indicateur pour évaluer les capacités de la Switch 2 sur des environnements un peu plus ouverts. Cela étant, au vu de la version Switch de Monster Hunter Stories 2 à l’époque, il n’y a pas vraiment de raison de s’inquiéter.
Pour l’instant, Resident Evil Requiem impressionne par sa solidité technique et sa capacité à rivaliser visuellement avec des versions plus puissantes sur le papier, tandis que Pragmata nous a montré un portage maîtrisé, conscient de ses limites, mais suffisamment bien exécuté pour rester pleinement engageant. Ces deux jeux sont également une autre preuve que la Switch 2 peut désormais prétendre à autre chose que des adaptations au rabais du côté des éditeurs tiers. Reste évidemment à confirmer ces bonnes impressions sur la durée avec les versions finales entre les mains. Mais si les promesses aperçues lors de cette session se concrétisent, Capcom pourrait bien signer avec ces deux titres un début très convaincant sur Nintendo Switch 2, et contribuer à redéfinir ce que l’on attend des portages AAA sur une console Nintendo.