On a rejoué à Pragmata et il pourrait bien être le prochain hit de Capcom
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Rédigé par Quentin
Pragmata représente un petit symbole dans une industrie où la prise de risque devient de plus en plus rare dans le secteur des jeux AAA. Malgré des licences fortes qui ont très bien fonctionné ces derniers temps (comme Resident Evil Requiem, en tête), Capcom continue de tenter quelques nouvelles expériences, à l’image de Kunitsu-Gami, même si celles-ci rapportent souvent moins à l’éditeur. Il est donc important que Pragmata marque les esprits tout en bénéficiant d’une bonne popularité afin d’encourager ce type d’initiatives. Toutefois, une bonne intention ne suffit pas et il est évidemment nécessaire d’offrir une expérience à la hauteur pour donner envie de soutenir cette nouvelle licence. Après plusieurs courtes démos, nous sommes retournés chez Capcom France pour une prise en main plus longue du jeu afin de voir si la sympathique curiosité s’est transformée en réelle attente.
Les images sont issues d’une version en cours de développement.
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Si vous avez eu l’occasion de faire la démo gratuite disponible, sachez que celle-ci n’est qu’une petite mise en bouche de ce que propose réellement Pragmata. Elle permet de découvrir le gameplay mêlant action et hacking, mais sans vraiment mesurer la structure, le rythme et la progression proposés par cette nouvelle licence.
Si l’idée nous a immédiatement séduits, une grosse inquiétude subsistait toutefois quant au renouvellement des mécaniques sur la durée. Cette prise en main d’environ trois heures sur PlayStation 5 nous a cependant rassurés quant au potentiel du jeu. Dans un paysage vidéoludique solo aujourd’hui largement dominé par les mondes ouverts, les Souls-like et les RPG, Pragmata propose au contraire une structure “à l’ancienne”, avec un jeu d’action-aventure particulièrement rafraîchissant.
Nous avons démarré cette nouvelle prise en main dans le HUB de la station lunaire, en compagnie de Hugh et Diana, le duo de protagonistes. C’est dans cette base que l’on revient après chaque mission afin d’améliorer nos capacités, notre arsenal ou encore profiter de moments conviviaux avec les personnages. Nous avons ensuite progressé dans une nouvelle section de la station prenant la forme d’un New York reconstruit presque à l’identique.
L’histoire de Pragmata se déroule dans un futur proche où l’humanité a découvert une ressource phénoménale appelée lunum. Grâce à cette matière première, les scientifiques ont développé la lunafibre, un matériau capable de reproduire n’importe quel objet à condition d’en posséder les données. Nous en savons désormais un peu plus sur l’univers du jeu et sur son scénario. Si l’ensemble reste encore assez mystérieux, l’intrigue s’inscrit pour l’instant dans une science-fiction relativement classique, mais efficace.
La dynamique du duo constitue d’ailleurs un cas d’école de science-fiction, avec une forte dimension de transhumanisme explorant la frontière entre l’humain et la machine. Diana est une androïde à la fois mystérieuse et très compétente, mais qui possède aussi une âme d’enfant découvrant le monde. Hugh endosse ainsi le rôle de précepteur improvisé qui semble progressivement évoluer vers une sorte de figure paternelle.
Parcourir les rues de ce Times Square reconstitué est souvent l’occasion d’assister à une nouvelle curiosité de Diana, que Hugh tente d’expliquer avec plus ou moins de succès. Le duo devient ainsi rapidement attachant et apporte un peu de vie à cette station vide et hostile. Nous avons d’ailleurs pu jouer avec le doublage français et, bien qu’il semble globalement de bonne qualité, nous avons encore un peu de mal avec la performance de Diana comparée aux voix anglaises et japonaises. A confirmer lors du test.
Mars at-hack

Dans sa structure de jeu, Pragmata est assez proche de titres comme God of War Ragnarök ou encore Star Wars Jedi: Fallen Order. Comprenez par là que l’on accède à différentes sections de la station qui prennent la forme d’environnements semi-ouverts. Si les débuts se montrent assez linéaires, nous avons ensuite débloqué une nouvelle capacité de Diana permettant d’ouvrir certains passages auparavant obstrués, ce qui introduit quelques éléments de metroidvania. On retrouve également des mécaniques empruntées aux Souls-like, celle des ennemis qui réapparaissent en cas de mort ou lors d’un retour au HUB ou encore celle relative au soin.
Mis à part ces similitudes, Pragmata n’est pas du tout un Souls-like sauce hacking. On reste dans un gameplay d’action exigeant, mais relativement accessible. Pour rappel, Hugh joue le rôle de force de frappe grâce à son arsenal et à ses déplacements propulsés par sa combinaison, tandis que Diana affaiblit les adversaires via le piratage.
Ce piratage prend la forme d’un panneau qui apparaît en temps réel à l’écran pour affaiblir la cible. L’objectif consiste à déplacer le curseur jusqu’à une destination précise afin de terminer la phase de hacking, tout en évitant les obstacles et en récupérant des cases bonus qui octroient différents effets.
Si la manipulation reste assez simple au début, avec deux ou trois ennemis à gérer simultanément, la situation se complique rapidement avec l’augmentation du nombre et de la variété d’adversaires. Le bestiaire semble d’ailleurs assez conséquent étant donné que chaque robot ennemi possède ses propres caractéristiques et patterns à mémoriser. Certains sont lents mais puissants, d’autres sont des drones volants lançant des projectiles, tandis que certains modèles plus dangereux se montrent particulièrement agressifs. Lors d’un piratage, l’ennemi devient plus vulnérable et révèle un point faible qu’il faut viser en priorité pour l’éliminer plus efficacement.
Pragmata gagne ainsi rapidement en intensité, en demandant une gestion plus rigoureuse des foules, une exécution rapide des piratages et une observation attentive des formations ennemies. Le jeu montre très vite qu’il est impossible d’attaquer sans réfléchir. Il faut souvent utiliser l’arsenal de Hugh (comme l’arme de stase qui créée un petit dôme de ralentissement) pour neutraliser temporairement un ou plusieurs ennemis afin de se concentrer sur les autres. La tâche est d’autant plus compliquée que les champs de bataille sont souvent assez étroits, ce qui renforce encore le caractère intense des affrontements.
« Lady D-ia »

Même si la mort peut sembler assez punitive au premier abord, le retour au HUB permet de renforcer nos protagonistes grâce aux nombreux éléments que l’on peut dénicher dans les environnements. En effet, même si Pragmata propose avant tout des affrontements sous tension, il récompense également l’exploration approfondie qui permet de récupérer des matériaux d’amélioration, mais aussi de découvrir quelques clins d’œil à l’univers de Capcom, comme cette affiche de « Resident Devil » aperçue dans un café.
Grâce aux ressources récoltées, vous pourrez augmenter vos points de vie, votre défense ou encore les dégâts liés au piratage. Elles servent également à fabriquer et améliorer vos armes. Ainsi, après une défaite, il est possible de revenir mieux préparé et de s’équiper en fonction du défi à relever. Vous pouvez aussi configurer des cases de piratage bonus selon vos besoins, comme une réduction de défense ennemie ou encore un multi-piratage.
La boucle de gameplay se montre globalement très satisfaisante, mais nous avons tout de même quelques réserves concernant le système de munitions. En dehors de l’arme de base de Hugh, qui se recharge avec le temps, il est nécessaire de récupérer d’autres armes dans le décor une fois les munitions épuisées. On se retrouve parfois à tourner en rond à la recherche d’une arme efficace sous peine de devoir s’en remettre au petit pistolet de base.
Ce problème est particulièrement flagrant lors des combats de boss qui peuvent s’éterniser si l’on gaspille quelques munitions. Celui qui a conclu notre session s’est d’ailleurs montré bien plus spectaculaire que celui aperçu dans la démo. Enfin, sur le plan visuel, si le jeu reste globalement solide sans atteindre le niveau d’un Resident Evil Requiem, Pragmata continue de briller par son ambiance. Ce faux New York reconstitué en est une nouvelle démonstration.
Pragmata confirme qu’il ne se contente pas d’être une curiosité intrigante, mais qu’il possède de solides arguments pour s’imposer comme une expérience à part dans le paysage actuel. Entre son duo attachant, son univers de science-fiction accessible mais efficace et surtout son gameplay hybride mêlant action et hacking en temps réel, le titre de Capcom parvient à se démarquer des autres grosse licences de l’éditeur et des jeux d’Action/aventure en général. Même s’il faudra voir si ces belles impressions tiendront sur la durée, Pragmata est, pour le moment, une proposition rafraîchissante qui pourrait bien créer la surprise à sa sortie. Rendez-vous le 17 avril prochain sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2 pour en avoir le cœur net.





