Le Meuble à Jeux #57 : Vikings Gone Wild

Le Meuble à Jeux #57 : Vikings Gone Wild

Aujourd’hui dans Le Meuble à Jeux, nous vous proposons de partir en guerre avec les guerriers nordiques les plus barbus, mais aussi les plus bourrés !

Passer du jeu vidéo au jeu de société n’est parfois pas chose aisée, même si l’on dénombre de nombreuses réussites dans le domaine à l’instar de This War of Mine ou Fallout. Vikings Gone Wild, un jeu Facebook relativement peu connu, prend tout de même le pari de se décliner à son tour en jeu de plateau et il compte bien capitaliser sur son ambiance loufoque pour séduire encore plus de monde. Édite par Lucky Duck Games et réalisé par Julien Vergonjeanne, ce jeu de deckbuilding vous proposera de gagner les faveurs des dieux en devenant le meilleur chef viking du coin, et montrer ainsi qui a la plus grosse barbe.

Notez que Vikings Gone Wild est un titre destiné à 2 à 4 joueurs. Pour les besoins de cet article, les configurations à 2 et à 4 joueurs ont été réalisées. Le nombre de participants n’influe que sur le nombre de points à marquer avant de terminer une partie (bien que le livret de jeu soit plutôt souple avec cette règle).

Touche pas à ma taverne !

Vikings Gone Wild

C’est bien connu, les vikings aiment jouer les gros bras et c’est justement pour cela qu’ils vont rentrer en guerre dans Vikings Gone Wild. Afin de prouver qu’ils sont les plus dignes d’être des chefs de clans, chaque joueur incarnera l’un des avatars et devra marquer un certain nombre de Points de Victoire (que l’on nommera PV) afin de remporter la partie (40 pour une configuration à deux joueurs, 30 pour les autres). Plusieurs opportunités s’offrent à vous pour marquer ces points, mais nous y reviendrons plus tard.

Le titre mélange jeu de plateau et deckbuilding, avec des ressources à amasser et des bâtiments à construire. La mise en place du plateau est relativement simple même s’il existe beaucoup de types de cartes différentes. Au début de chaque partie, chaque joueur se voit attribuer dix cartes représentant des ressources, telles que de la bière (forcément), de l’or ou des guerriers vikings. Vous disposerez également d’un Hôtel de Ville qui fera office de QG. Pour avancer dans le jeu, il faudra bien évidemment récolter des ressources pour pouvoir ensuite les dépenser dans la construction de bâtiments, comme des tavernes, des mines d’or ou des drakkars. En renforçant votre village, vous pourrez ainsi gagner des PV et surtout vous défendre contre les autres joueurs, qui n’hésiteront pas à vous piller s’ils en ont l’occasion. Au fil de la partie, vous serez en mesure d’améliorer votre QG en le faisant passer au niveau 2, puis 3. Cela a une grande incidence, puisque en augmentant ce niveau, vous serez en mesure de construire davantage de bâtiments mais vous disposerez également d’une défense accrue.

Car il faut bien noter que votre Hôtel de Ville et vos bâtiments possèdent tous un certain nombre de point de défense. Si un autre joueur possède un guerrier viking, qui a quant à lui des points d’attaque, il sera en mesure d’attaquer l’un de vos édifices. S’il possède un chiffre d’attaque supérieur aux points de défense de votre Hôtel de Ville, le joueur adverse obtiendra un certain nombre de PV correspondant au niveau de votre édifice (2 points dans le cadre d’un Hotel de ville niveau 1, 3 points pour un niveau 2 etc.). Dans le cas d’une attaque sur ce bâtiment spécifique, cela n’est pas très handicapant pour le joueur qui défend puisqu’il ne perdra rien, mais c’est une autre paire de manches lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une attaque sur une réserve de bières ou d’or. Car en plus d’engranger des points, votre adversaire sera en mesure de piller l’une de vos ressources provenant d’un de ces bâtiments. Pour contrer cela, vous pourrez au préalable vous munir de cartes de défense, qui augmenteront le temps d’une phase la robustesse de votre édifice qui subit l’assaut adverse.

Par la barbe d’Odin

Vikings Gone Wild

Mais malgré ces élans dignes de bagarre de taverne, Vikings Gone Wild ne verse pas que dans la joute gratuite. Vous pouvez tout à fait gagner la partie sans jamais passer à l’offensive, car il existe une multitude de façons de progresser. Vous pourrez par exemple remplir des missions (2 à la fois pour chaque joueur), qui deviendront de plus en plus difficiles à mesure que la partie progresse. Comme des quêtes annexes dans un jeu vidéo lambda, ces missions vous demanderont parfois de construire deux bâtiments en un tour, ou bien de dépenser deux ou trois ressources de bières en une seule fois. En les remplissant, vous gagnerez alors de précieux PV qui vous aideront à devenir le meilleur des vikings. Des cartes spéciales viendront également bousculer le cours de la partie, comme les Faveurs Divines ou les cartes de la voie d’Odin, qui ont toutes des coûts, des attributs et des effets différents. Notez que les Faveurs Divines sont les cartes les plus puissantes du jeu.

Pour bien comprendre comment se déroule une partie, illustrons cela avec le fonctionnement basique d’un tour. Vikings oblige, le premier joueur est celui possédant la plus longue barbe, ou bien celui ayant bu une bière en dernier (vous pouvez bien entendu choisir le premier joueur autrement). Son tour de jeu est découpé en cinq phases :

  • Une phase de production, qui lui permet de produire des ressources qui seront utilisables durant ce tour
  • Une phase de pioche, où il pioche 5 cartes (sur les 10 qui composent son deck) plus 1 pour chaque bâtiment qu’il possède
  • Une phase d’action, où il peut effectuer six tâches différentes, comme attaquer un joueur ou construire. Il peut effectuer autant d’action qu’il le veut/peut durant cette phase
  • Une phase de stockage, où il pourra conserver ses ressources non-utilisées s’il possède les bâtiments adéquats (comme des réserves d’or ou de bière)
  • Une phase de fin de tour, où il se défausse de toutes ses cartes non-jouées

Lorsqu’un tour complet se termine, le joueur étant à gauche du premier joueur le devient à son tour, et ainsi de suite. Au fil des tours, il est possible d’amasser tout un tas de PV jusqu’à ce qu’un joueur atteigne le nombre fatidique. Mais cela n’indique pas pour autant qu’il est le gagnant, puisque des points bonus sont à attribuer en fin de partie. Les joueurs ayant rempli certains objectifs, comme celui d’être le joueur ayant construit le plus de bâtiment au cours de la partie, gagnent des points supplémentaires. Cela peut donc totalement chambouler le classement de base et permettre de jolis retournements de situations.

Pour qui s’adresse Vikings Gone Wild ?

Vikings Gone Wild

Avec son design accrocheur et son plateau de jeu bien pensé, Vikings Gone Wild attire facilement l’oeil, tout en nous embarquant dans une ambiance complètement délirante. Même si les types de cartes sont nombreux, on parvient vite à les distinguer, tout en appréciant la direction artistique très cartoonesque du jeu. On aurait tout de même préféré que la boite en elle-même dispose de plus de rangements différents, afin de ne pas passer plusieurs minutes à trier à nouveau les cartes lorsque l’on ressort le jeu.

Le fait de proposer plusieurs manières de gagner la partie est une bonne idée, et cela permet de varier les stratégies, surtout lorsqu’il est question des phases d’attaques, où le bluff peut être déterminant dans ces cas-là. Le jeu se démarque aussi des autres titres de deckbuilding dans le sens où les cartes que l’on a en main ne sont valides que durant un seul tour, avant que l’on s’en défausse et qu’on les tire à nouveau.

Le seul bémol que l’on pourrait lui adresser serait sa répétitivité au fil des parties, notamment car celles-ci sont relativement longues (de 45 à 90 minutes) et que l’on finit par vite s’habituer aux cartes du jeu. Heureusement, des extensions viennent apporter un peu de fraîcheur à l’ensemble et rendre le tout moins rébarbatif, avec de nouvelles cartes à découvrir histoire de changer un peu d’ambiance entre deux parties.

Vikings Gone Wild s’adresse à tous les types de publics grâce à son visuel accrocheur et coloré, mais aussi car son système de jeu reste relativement accessible pour un deckbuilding, malgré une mise en place assez longue lors du début de partie. Les nombreuses stratégies offertes donnent la possibilité de jouer comme on l’entend tout en permettant aux joueurs de se tirer dans les pattes, le tout dans la bonne ambiance et autour d’une bonne bière (à boire avec consommation, bien entendu), comme tout bon viking qui se respecte.

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Invité

Il a l’air génial ce jeu ! Parfait pour déguster une bonne bière (avec modération bien évidemment) avec son ami(e) tout en essayant de devenir le meilleur chef Viking.
J’avoue que je ne connaissais pas du tout le jeu vidéo mais le portage me semble plutôt sympathique !
Bref un jeu aux illustrations plus que sympa, des coups bas en perspectives, du deckbuilding et de la stratégie ? Beaucoup d’ingrédients qui me donne envie de passer à la caisse. 🙂
Merci Jordan pour ce magnifique article qui présente très bien le jeu Vikings Gone Wild.

Ludiquement.

Loïc