BlazBlue Entropy Effect X – Le gameplay, il n’y a que ça de vrai
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Rédigé par Neomantis Dee
BlazBlue Entropy Effect a fait beaucoup de bruit depuis sa sortie complète fin janvier 2024 sur iOS, Android et PC, après plusieurs mois d’accès anticipé. Développé par le studio chinois 91Act, le soft honore la licence d’Arc System Works – seulement à l’édition ici – d’une bien belle manière puisque le jeu s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Bien que Guilty Gear reste la série phare du studio, au point que BlazBlue soit apparu comme une sorte de doublon. Aujourd’hui, les choses tendent à changer. Guilty Gear Strive est un succès qui a renié une partie de son héritage que BB se retrouve maintenant seul à porter. Si nous verrons ce que l’avenir réserve à la série que l’on espère voir s’imposer davantage dans le versus fighting, saluons cette itération beat’em all x roguelite car, depuis le 11 février 2026, les joueurs console peuvent eux aussi profiter de la proposition qui se nomme désormais BlazBlue Entropy Effect X, simplement.
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Pour cette ressortie, outre quelques mises à jour, BlazBlue Entropy Effect X ajoute quatre personnages à son roster, déjà conséquent, pour un total qui s’élève maintenant à 16 combattants. Si la majorité du casting est issue de la licence de combat, on notera deux invités bonus : le Prisonnier de Dead Cells, ainsi qu’Icey, issu du hack’n’ slash éponyme. Plus d’une dizaine de combattants donc, pour des archétypes uniques qui sauront plaire à toutes et tous. Pas de doublons, seulement du plaisir au bout des doigts. Les connaisseurs de la série seront contents de retrouver des visages et gameplay appréciés. En comparaison d’autres softs du genre, en particulier chez les beat’em all orientés roguelite, le roster de ce BlazBlue est généreux.
Autant de combattants, c’est autant de manières différentes de jouer. Changer de personnages, c’est convoquer d’autres sensations comme sait si bien le faire Arc System Works dans ces jeux, même si, cette fois, la réussite du game design est due au studio 91Act. Le gameplay va se développer et s’enrichir au fil des parties. On débloquera des coups supplémentaires, des effets élémentaires et autres compétences pour nous aider à venir à bout des niveaux. Il faut jouer, encore et encore, afin de réaliser des combos toujours plus impressionnants et dévastateurs. Car, au début, notre panoplie de coups sera restreinte.
La formule roguelite est ici simple et efficace. Chaque fin de zone demandera de choisir entre plusieurs options : on pourra ainsi améliorer son Potentiel (c’est-à-dire enrichir ses coups et techniques), choisir une nouvelle Tactique (pouvoirs et effets élémentaires), se reposer pour récupérer de la vie, dépenser la monnaie du jeu ou interagir avec une loterie pour obtenir un bonus au hasard. La subtilité que l’on découvre en jouant, c’est que des synergies élémentaires existent et offrent de nouveaux effets. Il est recommandé de marier les éléments pour explorer les potentialités. Comme c’est souvent le cas dans un roguelite, a fortiori avec un jeu comme BlazBlue Entropy Effect X et son gameplay puisant dans le versus fighting, plusieurs heures sont nécessaires pour en découvrir toute la profondeur.
Après avoir joué un temps suffisant on découvre et on apprend de nouvelles choses sur le jeu. On les expérimente ensuite, ce qui ne manque pas de nous garder accrochés. Sans parler du côté purement addictif de l’expérience. On s’imagine lancer une courte session de jeu n’excédant pas la demi-heure, sauf qu’on se retrouve rapidement happés par la proposition, par les feedbacks visuels et sonores qui titillent nos sens. Et donc, à chaque défaite, on souhaite y retourner au plus vite. Aussi parce que l’on sait, sauf erreur de notre part il y a, que la prochaine partie sera meilleure. Les minutes et les heures dépensées ne sont jamais vaines dans BlazBlue Entropy Effect X.
Blue Cells

Le soin accordé aux animations, les feedbacks visuels et sonores, les impacts des coups : tout fonctionne et ne laisse pas indifférent. Ça nous prend, nous séduit et on y retourne inlassablement. Pour une run, une plongée comme c’est défini par le jeu, de dix minutes ou plus, peu importe, on y retournera. Et puis, si un personnage nous saoule, le casting est calibré pour varier les plaisirs et satisfaire l’éclectisme des goûts des joueurs et joueuses. Chaque partie nous rendra plus fort. En développant nos connaissances d’un ou plusieurs combattants, en aiguisant nos réflexes, mais aussi grâce au système d’héritage.
En effet, à chaque fin de plongée, juste avant d’être extrait pour réintégrer le hub principal, nous pouvons garder des compétences obtenues lors de notre partie. L’idée étant qu’un autre personnage puisse en hériter. Le personnage suivant débutera sa plongée avec lesdites compétences et pouvoirs légués pour faciliter sa plongée, en plus d’être justifié narrativement. Par conséquent, une partie mal négociée à cause d’un archétype de combattant qui ne nous convient pas ne sera pas totalement inutile. Les prochaines tentatives seront moins compliquées. Sur ce point, BlazBlue Entropy Effect X fonctionne bien et le sentiment de progression est constant et immédiat.
Par ailleurs, la courbe d’apprentissage semble satisfaisante pour nous retenir plusieurs heures sur un seul personnage. De là à rouler sur le jeu ? Pas vraiment, car si les premiers niveaux sont plutôt faciles, une fois le vrai mode de jeu déverrouillé, ça va se corser. Déjà parce qu’il faut composer avec le système d’entropie dont le soft tire son nom. Le principe pourra rappeler le système de modificateurs dans Borderlands 3. Dans les deux jeux, le principe est similaire ; on nous invite à nous affubler de malus, à offrir des bonus aux ennemis, afin de corser la difficulté des parties moyennant de meilleures récompenses. Il y a de quoi se faire violence si le jeu paraît trop facile. Parce qu’en l’état, on ne peut pas vraiment parler d’un challenge relevé. Nos personnages sont très bien armés pour combattre et se défendre.
La maniabilité et les déplacements sont d’ailleurs d’une grande précision. C’est grisant de contrôler son personnage et les touches répondent sans latence problématique. BlazBlue Entropy Effect X n’est pas difficile à prendre en main. Au contraire. Les touches sont réduites au minimum et nous allons, la plupart du temps, bourrer un bouton, parfois deux sans oublier la gâchette pour l’esquive. Ne vous attendez pas à des manipulations complexes ou des combos nécessitant plusieurs combinaisons de touches, ni un sens du timing digne de la licence. Dans les faits, le gameplay est abordable et l’on exécute des enchaînements satisfaisants sans effort particulier. Le jeu ne lésine pas sur la pyrotechnie et profite de la qualité de ses animations pour nous charmer comme il se doit.
Entropy Fiction

Une approche plus accueillante qu’un jeu de combat, y compris pour la licence d’Arc System Works qui, héritage Guilty Gear oblige, n’est pas réputée pour son accessibilité. Malheureusement, pour nous en tout cas, ce choix enlève de l’attrait au gameplay et, donc, au jeu. On aurait apprécié retrouver le même mapping de touche que dans les versions Versus Fighting. Retrouver un feeling plus proche dans l’action, même si les combattants sont parfaitement retranscrits et usent de leurs techniques signature des jeux de combat. En réalité, c’est l’impression, qui n’en est plus une à ce stade, de bourrer bêtement la même touche, inlassablement, qui finit par affecter notre plaisir. Une redondance mal venue qui, à terme, ternit un peu notre amour pour le soft. Cela lui retire une partie de la saveur qui provient de la technique, d’une certaine complexité.
Mais ce n’était probablement pas l’objectif du studio, ni d’Arc System Works si l’on se réfère aux décisions prises sur ses licences de jeux de combat, témoignage d’une accessibilité plus prononcée. En revanche, malgré de beaux visuels, le jeu manque d’inspiration pour son level design et sa partie esthétique. L’ambiance futuriste et urbaine colle à la licence BlazBlue et la bande-son très électronique garantit cette cohérence. Une bande-son vraiment réussie d’ailleurs. Seulement voilà, les environnements peinent à se renouveler. Un écueil qui vaut aussi pour le bestiaire trop limité pour ne pas, là encore, accentuer davantage la redondance déjà désagréable, bien qu’évitable, ressenti au fil des partie qui se multiplient. Tout le monde ne s’en offusquera pas, et à raison. Néanmoins, pour nous, c’est des heures en moins à dépenser dans BlazBlue Entropy Effect X.
Bien sûr, cette décision des studios enlève de la complexité au gameplay pour s’ouvrir à un public peut-être moins à l’aise avec le genre, voire pas connaisseurs du tout de la série. Ceci explique sans doute cela. Quant au level design, disons qu’il reste fonctionnel et que l’on veut bien se montrer indulgent compte tenu de la proposition vidéoludique, bien qu’un peu de créativité supplémentaire n’aurait pas été de trop. Le soft de 91Act aurait probablement gagné au change en troquant quelques combattants au profit de plus de diversité esthétiques. Tant de personnages jouables pour si peu d’ennemis et décors différents génèrent une pointe de déception difficile à contenir.
Au moins, BlazBlue Entropy Effect X reste amusant et prenant. Perdre n’est jamais vraiment frustrant, même lorsque la lisibilité devient critique à l’écran. Elle le sera souvent, trop souvent. C’est l’entropie qui se manifeste également en jeu avec l’écran surchargé et notre personnage impossible à déceler. Nous sommes loin de pouvoir réagir avec la minutie et la précision d’un jeu de combat BlazBlue. Heureusement que bourriner machinalement permet, via des malentendus, de s’en sortir la tête haute. Paradoxalement, ce chaos, cette entropie, apporte son lot de jouissance visuelle comme nous le mentionnions brièvement plus tôt. Au prix de toute compréhension de ce qui peut se dérouler sous nos yeux, cela va sans dire.
BlazBlue Entropy Effect X est un plaisir de tous les instants dont les défauts sont finalement peu gênants. Il y en a, à commencer par sa direction artistique et son level design trop sommaire. Les niveaux n’ont pas grande ambition, que ce soit dans leur construction ou dans leur design. Les décors manquent de variété, au même titre que le bestiaire assez limité lui aussi. Cela n’aide pas toujours à sortir de cette redondance qui peut rebuter à la longue. Qui plus est face à la simplicité du gameplay, malgré sa richesse, qui ne plaira pas à tout le monde. Nul doute qu’en fonction des profils de joueurs et joueuses, le ressenti sur l’expérience ne sera pas le même. Le principal étant que le soft, sans crier gare, s’impose comme une valeur sûre du bta mâtiné de roguelite. BlazBlue Entropy Effect X donne espoir de voir d’autres licences de jeux de combat s’essayer au moins au beat’em all. Car le genre peut, et doit selon nous, se marier davantage avec le jeu de combat. Arc System Works et 91Act nous montrent qu’il y a un coup à jouer sur ce terrain. Et si la narration proposée dans le jeu ne fonctionne pas vraiment (moins que dans les autres opus) l’effort est là, et mérite d’être salué.





