MindsEye : Le studio Build a Rocket Boy poursuit les licenciements… et les accusations de sabotage organisé
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Rédigé par Alexis
L’échec de MindsEye n’a échappé à personne. Sans parler d’un état Day One loin d’être irréprochable, le jeu d’action chapeauté entre autres par Leslie Benzies, ancien président de Rockstar North, s’est de toute façon avéré très limité. Une catastrophe industrielle que le co-PDG de Build a Rocket Boy, Mark Gerhard, a eu du mal à assumer en dénonçant une campagne de sabotage, supposément menée par des haters et même une entreprise américaine. Et après une vague de licenciements lancée quelques semaines après la sortie du jeu l’an dernier, rebelote en ce début du mois de mars, avec le même refrain.
Un nouvel étage de la fusée qui explose
C’est par le biais d’un communiqué officiel sur Linkedin que le studio derrière MindsEye, Build a Rocket Boy, a annoncé la mauvaise nouvelle : des licenciements supplémentaires vont affecter les équipes. Par cette déclaration, c’est la voix de Mark Gerhard, co-PDG du studio qui s’exprime, surtout depuis que Leslie Benzies a pris temporairement de la distance vis-à-vis de ses fonctions.
Et si Gerhard sort les formules habituelles pour souligner la tristesse que c’est de devoir se séparer de gens talentueux, la deuxième partie du communiqué remet une pièce dans la machine de l’éventuel sabotage organisé, entreprise qu’il a déjà évoqué pour expliquer l’échec de MindsEye. Sauf que cette fois, il estime avoir des preuves pour appuyer ses allégations :
Au cours des derniers mois nous avons travaillé avec des partenaires externes et des conseillers juridiques pour enquêter sur l’activité criminelle qui s’est mise en place autour du lancement. Ce travail a pris bien plus de temps que prévu, mais il nous a fourni un très grand nombre de preuves au sujet d’un espionnage organisé et d’un sabotage interne affectant MindsEye. Et parce que cette affaire va être portée au tribunal, nous ne pouvons pas encore partager tous les détails publiquement.
Bien que, à la fin du communiqué, la volonté de permettre aux membres touchés de rebondir ailleurs ait été exprimée, on peut vivement déplorer que, dans une même communication officielle, parler du destin de dizaines de personnes et pointer du doigt avec aplomb une supposée menace encore non identifiable publiquement cohabitent.
Des accusations pas complétement infondées, mais…
Toutefois, un post publié par Jordan Rey, Lead Platform Engineer sur MindsEye entre juin 2023 et décembre 2024, confirme une partie de la théorie avancée selon laquelle des efforts ont été déployés pour perturber le développement :
J’ai travaillé à BARB et j’ai été impliqué dans la partie Web et Discord (lier les comptes Discord, bot officiel du serveur…). J’ai été moi-même ciblé par un groupe de personnes qui avaient créé un serveur Discord secret pour doxxer (révéler des informations personnelles, NDLR) et insulter BARB. C’est même allé jusqu’à du SWATing (canular visant à déclencher l’intervention des services de police à un domicile, NDLR) à ma maison personnelle en France. Même si je sais que BARB n’est pas complètement transparent sur le lancement de MindsEye, je peux certifier que des activités criminelles se sont mises en place pour cibler BARB.
Un témoignage regrettable qui permet de rappeler qu’il est dingue de se rabaisser à faire ce genre de combines pour mettre en danger des personnes qui n’ont rien demandé. Et un témoignage qui apporte de l’eau au moulin de Mark Gerhard.
Mais ne nous trompons pas non plus, car accorder autant d’importance sur ce qu’il y a autour de MindsEye sonne comme une manière de se dédouaner et de noyer le poisson pour un projet dont la gestion du management et de la production ont depuis longtemps interrogé. L’activité récente consistant à espionner ses propres employés, y participe, par exemple.
Dans cet enfer que semble être l’après MindsEye, soutien aux personnes concernées par les licenciements, et nul doute que nous allons encore entendre parler de Build a Rocket Boy.