Donkey Kong Bananza : Nintendo dévoile les inspirations et le fonctionnement du monde destructible à la GDC
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Rédigé par Quentin
Lors de la Game Developers Conference 2026 à San Francisco, Nintendo a levé le voile sur une partie des coulisses du développement de Donkey Kong Bananza, l’une des exclusivités Nintendo Switch 2 sortie l’année dernière. La présentation s’est particulièrement concentrée sur l’un des éléments clés du jeu, à savoir son monde entièrement destructible pensé autant pour le spectacle que pour le gameplay.
Un gameplay basé sur la destruction, mais murement réfléchi
Obtenir un aperçu des coulisses des grands studios de jeu vidéo est assez rare, et cela l’est encore davantage lorsqu’il s’agit de Nintendo. C’est pourquoi ce type de conférences est particulièrement précieux. Elles servent avant tout à inspirer d’autres développeurs (tout en permettant évidemment à Nintendo de faire sa pub), mais elles représentent aussi une occasion en or pour les passionnés de comprendre comment ces jeux hors du commun sont imaginés, ainsi que les technologies mises en œuvre pour les concrétiser.
L’intérêt est d’autant plus grand qu’il s’agit ici de l’équipe derrière l’excellent Super Mario Odyssey. N’ayant pas pu assister nous-mêmes à la conférence, nous devons nous appuyer sur les retours de ceux qui ont eu la chance d’écouter religieusement toutes ces précieuses informations.
Pour rappel, dans Donkey Kong Bananza, il est possible de détruire une grande partie de l’environnement. Mais l’objectif n’est pas simplement de semer le chaos. Les développeurs expliquent avoir travaillé en profondeur sur l’aspect visuel et la sensation de satisfaction liée à la destruction. L’idée est simple : détruire quelque chose est plus amusant lorsque l’objet semble solide, détaillé et soigneusement conçu. En résumé, il est plus satisfaisant de détruire quelque chose de beau.

L’équipe de développement semble également avoir particulièrement apprécié l’utilisation de la technologie voxel, qui permet de représenter l’environnement sous forme de petits blocs manipulables (Minecraft étant l’exemple le plus connu). Selon Nintendo, les niveaux de Donkey Kong Bananza contiennent 347 millions de voxels destructibles individuellement.
Cette approche permet des interactions environnementales dynamiques, une destruction progressive et réaliste, ainsi qu’une grande liberté d’action pour les joueurs. Les développeurs expliquent également que cette technologie s’appuie sur des expérimentations réalisées lors du développement de Super Mario Odyssey, notamment à travers différents tests liés aux interactions environnementales avancées. Cet aspect avait déjà été évoqué dans un épisode de « Les développeurs ont la parole », publié sur le site officiel de Nintendo en juillet 2025.
Une idée inspiré d’un monde de Super Mario Bros.
L’équipe de développement a également cherché à reconnecter le gameplay avec l’héritage de Nintendo. Selon une anecdote racontée sur place par le producteur de Nintendo, Kenta Motokura (rapportée par gamefile.news), l’idée principale de Donkey Kong Bananza aurait été en partie influencée par le premier niveau souterrain emblématique de Super Mario Bros., le monde 1-2, où il était notamment possible de créer un raccourci au plafond en cassant les briques bleues.
« J’adore cette scène depuis que je suis enfant. On peut interagir avec presque tout ce qui apparaît à l’écran, et selon la manière dont on le fait, il existe plusieurs façons de progresser. »
À l’époque où Motokura et son équipe travaillaient sur Super Mario Odyssey sur Switch en 2017, ils réfléchissaient à l’implémentation d’un rocher destructible. Celui-ci se fissurait lorsqu’on le frappait et changeait progressivement d’apparence à mesure que Mario le brisait avec un marteau.

Kenta Motokura n’était toutefois pas certain que cela soit suffisant. Il explique s’être alors souvenu du célèbre niveau souterrain 1-2 de Super Mario Bros. Les ingénieurs de Super Mario Odyssey, encouragés à imaginer une approche plus spectaculaire de la destruction, ont alors conçu un nouveau fonctionnement pour ce rocher fissurable. Dans la version finale du jeu, il était ainsi possible de lancer un marteau sur un bloc de roche jaune et l’ébrécher progressivement.
Cette idée a particulièrement enthousiasmé Motokura. Elle proposait une approche de game design où le personnage pouvait interagir avec toute une surface d’un objet, plutôt qu’avec un seul point précis, ce qui permettait d’affecter plusieurs zones en même temps. C’est ce concept qui aurait contribué à lancer la création de Donkey Kong Bananza sur Nintendo Switch 2.
Le travail collectif a également joué un rôle majeur selon Nintendo. Donkey Kong Bananza représente ainsi l’aboutissement d’une accumulation d’idées issues de plusieurs générations de jeux Nintendo.
À titre personnel, Donkey Kong Bananza est l’un de nos « GOTY » de l’année 2025 et une nouvelle preuve de la créativité qui caractérise les grosses productions de Nintendo, ainsi que de sa grande capacité à toujours se renouveler. N’hésitez pas à consulter notre test pour en savoir plus.