Divinity: Original Sin II – Enhanced Edition, on fait le point sur la version Switch 2
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Rédigé par Nathan Champion
Suite éclatante d’un titre déjà mémorable, Divinity: Original Sin II peut par ailleurs se targuer d’être un C-RPG de légende. Non seulement le titre est vaste, et ses combats tactiques fort intéressants, mais il bénéficie surtout d’une liberté d’action surprenante, et d’une écriture rarement égalée. Huit ans après sa sortie initiale, et deux ans après le succès sans précédent du dernier jeu de Larian Studios, voici que Divinity: Original Sin II revient dans une Enhanced Edition sur toutes les consoles de la génération actuelle. Une bonne occasion pour découvrir cette aventure aux reviews dithyrambiques ? Peut-être, encore faut-il pouvoir faire fi de certains aspects qui paraîtront probablement vieillots à ceux qui sortent de Baldur’s Gate 3.
Conditions de test : Nous avons passé un peu moins d’une vingtaine d’heures sur le titre dans sa version Nintendo Switch 2, avec un temps de jeu également réparti entre TV et mode portable. Cet article est garanti sans spoiler.
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TogglePetit tour d’horizon

Septième entrée dans la série Divinity, débutée en 2002 par un tout jeune Larian Studios encore loin du succès qu’on lui connaît, Original Sin II n’a, en apparence, pas grand chose de plus que son aîné. En apparence seulement, car le développeur a visiblement su écouter les fans et leurs suppliques, faisant ainsi de cette suite un épisode encore meilleur, corrigeant certains des points qui faisaient défaut au précédent, tout en améliorant sensiblement sa recette. Un travail difficilement attaquable, en somme, si ce n’est, comme toujours avec les jeux du studio finalement, au niveau du challenge dans l’ensemble de l’aventure, mais surtout de la difficulté, pour un novice, à rentrer dedans. Un problème qui a touché l’auteur de cet article, n’étant pas ce qu’on pourrait qualifier d’habitué au C-RPG, et encore moins aux productions Larian.
Qu’à cela ne tienne, le titre est d’une richesse qui intrigue, et peut parfaitement être le point de départ d’une véritable passion chez tout type de joueur, à condition de s’en donner les moyens. Sorte de monde ouvert, découpé en zones dont on débloque l’accès au fur et à mesure que l’on progresse dans l’histoire principale, Divinity: Original Sin II regorge de secrets, et il semble assez peu probable que vous puissiez tout en voir en une seule partie. Non seulement parce que ladite richesse pousse le vice jusqu’à une durée de vie phénoménale (comptez une moyenne de soixante heures en ligne droite, contre plus de cent cinquante pour tout voir), mais aussi parce que le titre nous contraindra à choisir trois compagnons parmi les six disponibles, et que leurs capacités et leurs histoires respectives ne mèneront pas aux mêmes possibilités ou sous-intrigues.
Mais ce qui frappe le plus, c’est tout ce qu’il est possible de faire, et les manières variées qui nous sont offertes pour régler les situations qui nous tombent dessus, voire que l’on engendre. Il est toujours possible d’utiliser la force, bien sûr, même si ce n’est pas toujours recommandé, surtout en début de partie où tout adversaire saura nous mettre en difficulté rapidement. Mais à côté de cela, le dialogue nous permettra le plus souvent de nous sortir d’une mauvaise posture, tandis que les pots de vin et autres échanges d’information sont monnaie courante dans le monde d’Original Sin II. Reste enfin la possibilité d’esquiver complètement les problèmes, que ce soit par un passage dérobé, l’aide d’un allié de longue ou de courte durée, et autres bluffs aux taux de réussite plus ou moins élevés.
Fort bien écrit, Divinity: Original Sin II captive rapidement avec ses dialogues pourtant souvent longuets, et ce malgré une véritable économie en matière de mise en scène. Il lui manque peut-être un brin de grandiloquence visuelle à ce niveau. N’allez toutefois pas croire que le titre pèche sur le plan graphique à sa sortie, puisque son univers extrêmement détaillé et son character design sont autant de grandes forces dont il jouit sans retenue, et nous avec bien entendu. Ce qu’une bande sonore très réussie, bien qu’un peu timide dans les premières heures de l’aventure, ne vient pas entacher, bien au contraire. Seule petite ombre au tableau, il faudra se contenter de doublages anglais, ceux-ci étant heureusement excellents.
Enfin, restent les combats, qui sont propres à ce type de jeu, avec une sacrée dose de stratégie, et toute une emphase mise sur le placement des assaillants et des défenseurs. Vous ne ferez pas les mêmes dégâts si vous attaquez de front ou par derrière, et tout un tas de possibilités sont là encore à prévoir. Avec la prise en charge de la conduction électrique par exemple, ou encore l’utilisation du feu qui peut rapidement se propager si vous utilisez du comburant, que ce soit en en jetant sur vos adversaires ou en faisant exploser un bidon à proximité. Mis côte à côte avec les possibilités d’évolution de chacun de vos compagnons, et de votre avatar bien entendu, cela peut rapidement donner le vertige.
Quid de cette nouvelle édition ?
Pour nous essayer à cette Enhanced Edition, nous avons choisi de nous tourner vers la version Nintendo Switch 2, qui nous semblait être la plus intéressante en raison de son format et des capacités qui lui sont propres. Un choix qui nous a permis de constater quelques lacunes, ou oublis, que l’on a trouvés un brin déplorables. En tête de liste, l’absence de compatibilité avec le mode souris de la dernière née de la gamme Nintendo. Ce qui est vraiment dommage, car bien que le titre soit effectivement sorti sur consoles, avec une interface et un gameplay repensés, il n’en demeure pas moins conçu, avant tout, pour le PC, ce qui se ressent très rapidement. Or, l’utilisation du mode souris aurait pu palier quelques-uns des problèmes persistants du titre selon nous.
Par exemple ce relatif manque de précision pendant les combats, où l’on utilise au choix le joystick gauche pour viser nos assaillants, ou les gâchettes hautes pour passer d’une cible à l’autre. Cela aurait aussi permis de limiter le nombre de touches à utiliser. Car en l’état, on est constamment obligé de switcher entre le terrain et les capacités via l’utilisation de la touche Y, ce qui a tendance à nous perdre dans les premiers instants de l’aventure, en raison d’un marquage visuel discret. Ajoutez à cela une lisibilité qui n’a pas été améliorée, et pèche donc régulièrement en raison d’un décor très chargé en détails ou d’effets visuels abondants (lancez un gros feu sur le terrain et vous comprendrez rapidement de quoi on parle), et vous obtenez un résultat toujours perfectible.
Le titre est toujours fort détaillé, et certains effets rendent encore extrêmement bien, comme l’eau ou la végétation abondante par exemple, même lorsque l’on rapproche la caméra du sol. Toutefois, Divinity: Original Sin II n’est pas irréprochable à ce niveau, dans cette Enhanced Edition. Sur Switch 2, il souffre parfois d’aliasing, notamment visible sur les ombres et modèles de personnages pendant l’exploration, et il n’est pas exempt de saccades pendant des combats bien chargés en effets visuels. Ou, plus étrange, pendant qu’on consulte la carte par moments. Rien de méchant, rassurez-vous, mais il faut toutefois le mentionner, d’autant que c’est assez dommageable là encore, en raison d’une sortie sur une console de nouvelle génération (certes bien moins puissante qu’une PS5 ou une Xbox Series X).
Autres petits détails qui, selon nous, auraient pu être améliorés, l’interface et les menus. La première, bien que plus concise que sur PC, n’en demeure pas moins imposante sur l’écran de jeu, et toutes ces icônes peuvent perdre dans un premier temps, voire sur la durée. Pas évident de se rappeler, dans le feu de l’action, à quoi correspond telle ou telle capacité d’un personnage, et devoir régulièrement relire les descriptions est un peu ennuyeux, même si on s’y fait. Et la lecture, justement, mieux vaut y être habitué et préparé, parce que Divinity: Original Sin II est extrêmement verbeux, et ne vise jamais vraiment à condenser. Le menu « journal », dans lequel sont compilées vos connaissances sur le monde, les didacticiels ou encore vos informations de quête, ne manque pas d’effrayer, les premières fois où on le consulte.
Reste finalement un point de détail, que certains ne remarqueront pas, tandis que d’autres seront peut-être agacés de constater qu’il n’a pas été corrigé : l’absence de sous-titre pendant l’exploration. Le jeu étant entièrement doublé en anglais, et nos compagnons ne manquant pas une occasion de parler, il arrive régulièrement que l’un d’eux s’adresse à nous sans que cela n’enclenche un dialogue, juste pour dispenser un brin de lore ou pour nous faire part de son agacement par exemple. Rien de méchant, là encore, et les plus doués dans la langue de Shakespeare n’auront aucun mal à comprendre ces petites phrases lancées à la volée, mais on ne doute pas que certains joueurs moins habitués, voire ne connaissant rien à l’anglais, seront quant à eux déçus. Bien que rien de vraiment important ne soit dit de cette manière, heureusement.
Peut-être vous donne-t-on l’impression de chipoter, avec ces petits points de détail que vous connaissez déjà si vous avez joué au jeu sur PS4 ou Xbox One quelques années plus tôt. Et d’une certaine manière, c’est vrai qu’on a cherché la petite bête, avant tout parce que cette nouvelle édition est vendue 49,99 euros sur l’eShop, ce qui demeure une somme conséquente pour ce qui s’avère finalement être un portage amélioré plutôt qu’un véritable remaster. Dans l’absolu, il est vrai que Divinity: Original Sin II demeure ce qu’il est, à savoir un jeu d’une richesse hors du commun, et ce n’est pas parce que certains éléments demeurent perfectibles qu’il n’est pas excellent. Oui, cette version arrive après un Baldur’s Gate 3 en tout point supérieur, mais non, cela n’enlève rien à la qualité de cet épisode qui ressort, on l’imagine, pour préparer la venue du prochain volet de la franchise.
En conclusion
Toujours difficile d’accès en raison d’une interface chargée, d’un caractère fort verbeux, d’un challenge très soutenu et d’une quantité assez imposante d’informations à ingurgiter, Divinity: Original Sin II demeure, néanmoins, un excellent RPG quelle que soit la version. Oui, on aurait aimé quelques améliorations de qualité de vie avec cette Enhanced Edition, et l’ajout d’une compatibilité avec le mode souris de la Nintendo Switch 2 aurait été bien senti. Dommage.
Toutefois, on serait bien mal avisés de vous dire que le jeu ne mérite pas le détour dans cette nouvelle édition revenant sept ans après l’originale, à condition que vous sachiez où vous mettez les pieds. Or, en l’absence d’un portage de Baldur’s Gate 3 sur la dernière née de chez Nintendo (qui a peu de chances d’arriver, mais on croise les doigts), Original Sin II demeure, c’est indéniable, l’un des tout meilleurs jeux de rôle occidentaux de la machine.









